À l’occasion du 9ᵉ Congrès mondial contre la peine de mort, organisé à Paris par Ensemble contre la peine de mort (ECPM), l’ACAT-France a réuni plusieurs intervenants pour une table ronde consacrée à la correspondance avec les personnes condamnées à mort aux États-Unis.
Depuis plus de trente ans, l’ACAT-France coordonne un programme de correspondance qui permet à des personnes en France d’échanger avec des condamnés à mort. Au-delà des mots, ces lettres deviennent un lien humain essentiel face à l’isolement extrême du couloir de la mort.
Animée par Paa Kofi Eduah, coordinateur du programme de correspondance de l’ACAT-France, cette rencontre donne la parole à :
- Valentine Cuny-le Callet, illustratrice et correspondante de Renaldo McGirth ;
- Véronique Chalmet, écrivaine et correspondante de Pete Russell ;
- Lucie Luna Piper, membre de la German Coalition Against Death Penalty et correspondante de Tony Ford ;
- Georges Yoram Federmann, psychiatre.
« Un réel pouvoir dans la plume »
La table ronde est également enrichie par les témoignages vidéo d’Elwood Jones, innocenté après vingt-sept ans dans le couloir de la mort, et de l’avocate texane Gretchen Sween, qui décrit les conditions d’isolement extrême imposées aux condamnés à mort.
Les échanges explorent les conséquences psychologiques de l’attente de l’exécution, les effets du traumatisme vicariant sur les proches et les correspondants, mais aussi le rôle déterminant que peut jouer une simple lettre. Comme le rappelle Pete Russell, condamné à mort au Texas, dans un message lu pendant la rencontre : « Ma première lettre a été comme l’étincelle qui a ramené le soleil dans ma vie. Il y a un réel pouvoir dans la plume. »