L’ancien premier ministre et principal opposant au président Déby purgeait une peine de vingt ans d’emprisonnement. Il a été gracié vendredi 14 août 2026. L’ACAT-France, qui s’était mobilisée pour lui, salue cette décision.
Succès Masra ainsi que huit autres dirigeants politiques ont été graciés vendredi 14 août 2026 et ont retrouvé leur liberté. Chef du principal parti d’opposition tchadien, Les Transformateurs, Succès Masra avait été reconnu coupable le 9 août 2025 de « diffusion de messages à caractère haineux et xénophobe » et de « complicité de meurtre. »
Il avait été condamné à vingt ans de prison ainsi qu’à une amende d’un milliard de francs CFA (environ 1,5 million d’euros) au terme d’une procédure judiciaire accélérée de seulement quatre jours. Ce verdict avait été rendu dans un climat où la justice semblait instrumentalisée pour éliminer l’opposition.
Restriction des libertés
L’ACAT-France, qui s’était mobilisée pour Succès Masra, salue sa remise en liberté, mais reste vigilante sur les restrictions des libertés fondamentales au Tchad.
La condamnation et l’incarcération de Succès Masra illustrent une stratégie de verrouillage politique et judiciaire menée par les autorités au pouvoir. Elles témoignent également d’une dérive autoritaire du président Mahamat Idriss Déby et d’un affaiblissement de l’État de droit au Tchad.