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J’agis pour que Paul Chouta retrouve la liberté!.

  • Détention arbitraire

Paul Chouta avait été arrêté, sans mandat, à Yaoundé, le 28 mai 2019. Alors que le délai maximum de la garde à vue au Cameroun est de 96 heures, Paul Chouta y a été maintenu treize jours, avec très peu de visites autorisées. Le 10 juin 2019, il avait été officiellement accusé de « diffamation et de propagation de fausses nouvelles » pour avoir diffusé sur les réseaux sociaux une vidéo d’altercation entre un homme et l’écrivaine Calixte Beyala, puis  transféré à la prison de Kondengui dans l’attente de son procès.

Un blogueur, proche de l’opposition, suivi par de nombreux Camerounais

Paul Chouta est l’un des trois principaux blogueurs politiques camerounais sur Facebook avec une page personnelle avoisinant les 60 000 abonnés, et la gestion de la page « Le TGV de l’info » qui compte plus de 189 000 abonnés. Il alimente des débats sur des questions controversées et diffuse des informations que les médias d’Etat préfèrent ignorer. Il est considéré comme un activiste proche du Mouvement pour la renaissance du Cameroun (MRC), principal parti d’opposition, auquel il a apporté son soutien lors de l’élection présidentielle d’octobre 2018.

Avant son arrestation, Paul Chouta a régulièrement fait l’objet de menaces anonymes et de commentaires haineux sur les réseaux sociaux du fait de ses reportages critiques vis-à-vis du régime en place et de son président. Le 31 janvier 2019, il a été violemment agressé devant son domicile où. trois inconnus l’ont poignardé et frappé.

Un procès qui traine

Le procès de Paul Chouta a été ajourné plus de 20 fois – pour diverses raisons, y compris le défaut de la plaignante de comparaître devant le tribunal – prolongeant indéfiniment sa détention. 

S’il est reconnu coupable par la justice camerounaise, il risque jusqu’à six mois de prison et une amende de 2 millions de francs CFA (3 447 dollars US) pour « diffamation », et jusqu’à cinq ans de prison et une amende de 1 million de francs CFA (1 723 dollars US) pour « propagation de fausses nouvelles », conformément au Code pénal du Cameroun.

Sa détention provisoire est une sanction complètement disproportionnée par rapport aux faits dont il est accusé. Son maintien en détention s’apparente à une forme de représailles des autorités camerounaises à l’égard d’un journaliste très suivi au Cameroun et par la diaspora mais aussi très critique vis-à-vis du pouvoir en place.

Plutôt que de prolonger sa détention arbitraire, la justice camerounaise devrait mettre fin à son harcèlement judiciaire en rejetant les charges retenues contre lui et le libérer.

Cette Libération a finalement eu lieu!  Après plus de deux ans de détention provisoire, Paul Chouta a été remis en liberté le 20 mai 2021, deux jours après sa condamnation par le Tribunal de Première Instance de Mfoundi à vingt-tois mois d'emprionnement ferme. 

L’ACAT-France, qui s’était mobilisée pour dénoncer sa détention abusive, se réjouit de sa libération et considère qu'il est important de continuer à s'exprimer face à des pratiques qui criminalisent les voix dissidentes, pacifiques. 

Pour en savoir plus

Pour télécharger la lettre d'interpellation

 

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