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Burundi : libération définitive pour la journaliste Sandra Muhoza.

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Photo | Sandra Muhoza

Bonne nouvelle – La journaliste avait été libérée provisoirement au début de mars 2026 après deux ans de détention arbitraire et une procédure judicaire marquée par de nombreux rebondissements. Dans son arrêt rendu le 13 avril 2026, la cour d’appel de Ngozi a finalement rendu à Sandra Muhoza sa liberté pleine et entière.

Sandra Muhoza est désormais totalement libre. Dans sa décision, la cour d’appel de Ngozi l’a condamnée à six mois de prison ferme pour « aversion raciale », une peine qu’elle avait déjà purgée après plus de 680 jours de détention. Elle a en revanche été acquittée de l’accusation d’« atteinte à l’intégrité du territoire national »,l’un des chefs d’inculpation les plus graves retenus contre elle. Cette décision met fin, sauf pourvoi en cassation, à une procédure judiciaire entamée en avril 2024. Elle permet à la journaliste de recouvrer une liberté sans restriction, y compris la possibilité de circuler librement et de quitter le territoire.

Une procédure judiciaire longue et controversée

Correspondante pour le média en ligne La Nova Burundi, Sandra Muhoza avait été arrêtée le 13 avril 2024 à Ngozi, sa commune de résidence, pour avoir relayé dans un groupe WhatsApp privé de journalistes des informations évoquant une distribution présumée d’armes à des membres de la ligue des jeunes du parti au pouvoir, les Imbonerakure.

Placée en détention, elle aurait été victime de torture et de mauvais traitements.

Condamnée une première fois en décembre 2024 à 21 mois de prison pour « atteinte à l’intégrité du territoire » et « aversion raciale », la procédure avait été annulée en juin 2025 pour incompétence territoriale. Pourtant, au lieu d’être libérée, elle avait fait l’objet d’une nouvelle procédure pour les mêmes faits, aboutissant à une condamnation à quatre ans de prison ferme en janvier 2026.

Après plus de 600 jours de détention, sa remise en liberté provisoire début mars 2026 avait été perçue comme un premier signal d’apaisement. Le verdict du 13 avril met finalement un terme à cette procédure, largement dénoncée comme infondée et emblématique des pressions exercées sur les journalistes au Burundi.

Un symbole des atteintes à la liberté de la presse

L’affaire Sandra Muhoza est devenue emblématique des restrictions persistantes à la liberté d’expression dans le pays. Plusieurs organisations de défense des droits humains et de la liberté de la presse ont dénoncé une procédure judiciaire liée à l’exercice légitime du métier de journaliste. L’ONG Reporters sans frontières (RSF) s’est dit soulagée de cette issue, tout en rappelant que la journaliste « n’aurait jamais dû passer un seul jour en prison ». L’organisation estime que cette affaire visait à intimider l’ensemble de la profession. De son côté, la Coalition burundaise des défenseurs des droits humains (CBDDH) a salué cette décision, tout en soulignant qu’une détention de plus de 680 jours n’aurait jamais dû avoir lieu. Elle rappelle que le journalisme ne saurait être criminalisé, y compris dans des espaces d’échange privés tels que les groupes WhatsApp.

Appel à garantir la liberté de la presse

Après s’être mobilisée à plusieurs reprises depuis 2024, l’ACAT-France se réjouit de la libération définitive de Sandra Muhoza. Néanmoins, cette affaire met en lumière les graves atteintes à la liberté de la presse et à l’indépendance de la justice au Burundi. L’ACAT-France appelle les autorités burundaises à garantir que de telles violations ne se reproduisent pas, à protéger les journalistes, et à respecter pleinement la liberté d’expression.

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