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Chine
Appel à mobilisation

Je demande la libération immédiate de Fang Bin

Après deux ans sans nouvelles, on dispose enfin d’informations quant à la situation de l’homme d’affaires Fang Bin, résident de Wuhan. Dès le 25 janvier 2020, il a été l’un des premiers lanceurs d’alerte à diffuser sur internet des images montrant la réalité de l’ampleur de la situation sanitaire due à la Covid-19 sur place, après avoir été témoin du transport de plusieurs corps de victimes de la maladie. Par la suite, il a continué à exercer son droit à la liberté d’expression tout en faisant régulièrement l’objet de menaces de la part des autorités chinoises jusqu’à son arrestation, le 9 février 2020.
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Le 07 / 04 / 2022

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Qu'est-il arrivé à Fang Bin ?

Des nouvelles en demi-teinte

En février 2022, des activistes chinois en faveur des droits humains et des sources journalistiques, dont RSF, ont confirmé que Fang Bin, qui était porté disparu depuis le 9 février 2020, est actuellement détenu dans le centre de détention du district de Jiang’an, de la ville de Wuhan. L’ACAT-France se réjouit de ces nouvelles, qui semblent indiquer qu’il est en vie. Toutefois, la procédure judiciaire à son encontre demeure opaque, les autorités n’ayant toujours pas communiqué officiellement sur son cas, d’autant que les charges à son encontre demeurent inconnues à ce jour, malgré sa récente mise en examen par le tribunal du district de Jiang’an.

Une procédure judiciaire inique qui dure depuis deux ans

Pour rappel, quelques jours avant la disparition de Fang Bin, la police est venue frapper chez lui pour le placer « en quarantaine ». Il a refusé et s’est vu confisquer une partie de son équipement. Le 9 février 2020, il est finalement arrêté à son domicile par des policiers en civil, sans aucun mandat.

Ses proches sont restés sans nouvelles de lui jusqu’au 5 mars 2020, date à laquelle il aurait été placé en détention, accusé « d’attiser les querelles et provoquer des troubles », des accusations que les autorités chinoises utilisent régulièrement pour poursuivre et condamner des défenseurs des droits humains. Des experts des Nations unies, dont la rapporteuse spéciale sur la situation des défenseurs des droits humains, ont condamné à plusieurs reprises le recours à ces charges, les qualifiant de fallacieuses et prétextes à des détentions arbitraires, et ont appelé à la libération immédiate de Fang Bin, ce que l’ACAT-France demande également.  

Par la suite, les autorités chinoises ont gardé le secret quant au lieu où il était détenu, en violation de la Convention sur les disparitions forcées. Enfin, son état de santé et ses possibilités de recours à une aide juridique demeurent toujours inconnus à ce jour.

Ainsi, il apparaît que Fang Bin a subi de nombreuses violations de ses droits (disparition forcée, procédure judiciaire inique ne respectant pas les standards internationaux des droits humains), pour lesquelles il a droit à réparation. L’ACAT-France demande à ce que les autorités chinoises transmettent des informations officielles sur sa situation actuelle, qu’il puisse communiquer avec ses proches, recourir à une aide juridique, et enfin qu’elles le libèrent immédiatement et abandonnent les charges à son encontre.

Contexte

Les journalistes-citoyens, un véritable contre-pouvoir face à la censure d’État

Fang Bin est journaliste-citoyen, un terme signifiant qu’il ne dispose pas d’une accréditation officielle – une carte de presse dont l’obtention est de plus en plus soumise à la discrétion du Parti – et n’est rattaché à aucun média d’État. Il a décidé de filmer ce qui se passait à Wuhan, épicentre de l’épidémie du coronavirus et de poster ses vidéos sur WeChat (un service de messagerie chinois), YouTube ou Twitter. Il documentait entre autres l’inquiétude et la colère des habitants de Wuhan face à la gestion de la crise sanitaire par les autorités chinoises à travers des images qui n’apparaissaient pas dans les médias traditionnels, strictement contrôlés par le Parti communiste.

À l’instar de Fang Bin, d’autres citoyens chinois ont cherché à documenter ce qu’il se produisait à Wuhan, malgré les risques encourus. Chen Qiushi, un autre journaliste-citoyen qui a également couvert le début de la pandémie de la Covid-19 à Wuhan dès janvier 2020 – pour lequel l’ACAT-France s’était ardemment mobilisée – a connu un sort similaire à Fang Bin. Après plus d’un sans nouvelles concernant sa situation, il a cependant été libéré en avril 2021 et placé en liberté surveillée. Zhang Zhan, une figure de la dissidence, ancienne avocate devenue journaliste indépendante, a été initialement portée disparue le 14 mai 2020, formellement arrêtée le lendemain et inculpée officiellement le 15 septembre 2020. Elle est toujours détenue au centre de Pudong New District à Shanghai et, aux dernières nouvelles, son état de santé demeure fragile. L’ACAT-France observe que les différences de traitements entre ces trois citoyens chinois pour des faits similaires soulignent l’arbitraire des mesures prises par les autorités chinoises.

Une multiplication inquiétante de mesures au service de la légalisation des disparitions forcées

La Chine n’a jamais ratifié la Convention sur les disparitions forcées. La pratique est coutumière et cible tout particulièrement les dissidents, les défenseurs des droits humains et les groupes ethniques et religieux persécutés. Une forme de disparition forcée a même été légalisée en 2012 à travers les placements en « résidence surveillée dans un lieu déterminé », permettant au pouvoir de détenir un suspect au secret dans un lieu indéterminé pendant une durée pouvant aller jusqu’à six mois, en dehors de tout registre officiel, favorisant ainsi les mauvais traitements et la torture.

En outre, la politique du « Zéro Covid », laquelle consiste à « tester, tracer, isoler » la population chinoise et qui a été renforcée durant l’année 2021 est utilisée de manière délétère par les autorités chinoises, pour surveiller et contrôler les mouvements de la population à l’intérieur et à l’extérieur du pays. Les défenseurs des droits humains en sont particulièrement victimes, les autorités chinoises faisant régulièrement valoir les risques relatifs à la situation sanitaire comme prétexte pour restreindre leurs déplacements et refuser le droit de visites à leurs avocats et aux membres de la famille lorsqu’ils sont placés en détention. Or, ces défenseurs des droits humains travaillent sur un éventail varié de problématiques essentielles pour la société chinoise contemporaine, d’autant qu’elles sont niées par les autorités.

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