À l’occasion de la publication des actes du colloque du cinquantenaire de l’ACAT-France, l’association alerte sur une acceptation croissante de la torture dans l’opinion publique française.
Une banalisation inquiétante. C’est la tendance générale qui ressort des résultats d’un sondage mené par l’IFOP à la demande de l’ACAT-France sur la perception de la torture par les Français.
38 % des Français jugent aujourd’hui acceptable le recours à la torture dans des cas exceptionnels, soit une augmentation de deux points par rapport à 2016. Cette tolérance en progression se retrouve également dans le rapport au maintien de l’ordre : moins d’un Français sur deux considère que des actes de torture ont été pratiqués par les forces de l’ordre en France, contre 57 % il y a dix ans.
Pour Luc Bellière, président de l’ACAT-France, « cette évolution traduit un basculement des mentalités, alimenté par des peurs collectives et une instrumentalisation de la sécurité nationale. »
Comprendre les mécanismes de la banalisation
Ces résultats prolongent les réflexions du colloque du cinquantenaire de l’ACAT-France (décembre 2024), consacré aux mécanismes sociaux, politiques et culturels qui conduisent à la normalisation de pratiques contraires à la dignité humaine.
Les actes de ce colloque, publiés aux éditions Olivétan, rassemblent chercheurs, philosophes et juristes, et proposent des clés d’analyse et des leviers de résistance.