Cookie Consent par FreePrivacyPolicy.com
Mexique
Communiqué

Visite jeudi du président mexicain en France : les violations des droits de l’homme doivent être au cœur des discussions

Depuis dix ans, le Mexique traverse une très grave « crise des droits de l'homme » avec un taux d'impunité de 98 %, selon les propres termes de l’ONU. Cette situation ne peut être passée sous silence lors de la rencontre entre les présidents Peña Nieto et Macron ce jeudi 6 juillet.
15701428439_b1dd976f93_o(1)
CREDITS : Creative commons / Montecruz foto
Le 05 / 07 / 2017

Depuis dix ans, le Mexique traverse une très grave « crise des droits de l'homme » avec un taux d'impunité de 98 %, selon les propres termes de l’ONU. Cette situation ne peut être passée sous silence lors de la rencontre entre les présidents Peña Nieto et Macron ce jeudi 6 juillet.
La France, dont la coopération avec le Mexique comprend notamment des accords en matière de maintien de l’ordre et d’administration de la justice, doit veiller au respect des droits de l’homme dans ce pays. Les ONG mexicaines encouragent le président Macron à impulser la création d’un Comité d’assesseurs internationaux pour lutter contre l’impunité au Mexique, selon les recommandations du Haut-Commissaire des Nations unies aux droits de l'homme.
 
La politique mexicaine de « guerre » contre le narcotrafic et le crime organisé a entraîné le pays dans une spirale de violences et de violations massives des droits de l’homme. Au nom de la sécurité intérieure, les forces de l’ordre –dont un grand nombre de militaires affectés à des missions de police– et l’appareil judiciaire agissent sans réel contrôle ni système de reddition de compte.
 
« Dans l’écrasante majorité des cas, ces violations des droits de l’homme restent impunies. En dépit des traités internationaux ratifiés et des lois destinées à protéger les droits de l’homme, il apparaît que les institutions ne veulent ou ne peuvent faire face » explique Anne Boucher, responsable des programmes Amériques à l’ACAT.
 
Aussi des ONG mexicaines partenaires de l’ACAT[1] demandent-elles (voir lettre ouverte ci-jointe) au président Macron de rappeler au gouvernement mexicain la nécessité de mettre en œuvre les 14 recommandations[2] édictées en mars 2016 par le Haut-Commissaire des Nations unies aux droits de l'homme Zeid Ra’ad Al Hussein. Elles appellent plus particulièrement le président français à impulser la création d’un Comité d’assesseurs internationaux pour soutenir les institutions mexicaines dans les enquêtes et les poursuites des crimes et violations des droits de l’homme afin d’en finir avec l’impunité.

Des chiffres alarmants :

• 30 942 disparitions recensées en mars 2017 par le Registre national des personnes perdues ou disparues (RNPED), avec une augmentation de 474 % des cas entre 2007 et octobre 2016[3] ;
• 7 635 plaintes pour torture enregistrées par les Commissions des droits de l’homme nationale et des états fédérés entre 2007 et 2016[4] ;
• 90 573 homicides volontaires entre 2013 et mars 2017, avec une nette recrudescence depuis 2016 ;
• entre 310 000 et 90 000 déplacés internes, selon les sources, depuis 2009 du fait de la violence ;
• 22 journalistes assassinés depuis 2016 et 47 défenseurs des droits de l’homme assassinés en 2016. En juin 2017, les médias ont révélé l’espionnage illégal par des autorités via un malware implanté sur les téléphones mobiles de défenseurs des droits de l’homme, journalistes et militants anti-corruption.[5]

 

Contacts presse :
06.27.76.83.27 
 
Notes aux rédactions :
1. Comisión Mexicana de Defensa y Promoción de los Derechos Humanos, Centro de Derechos Humanos Miguel Agustín Pro Juárez A.C

2. En mars 2016, Zeid Ra’ad Al Hussein a émis 14 recommandations au Mexique à la suite de sa visite officielle en octobre 2015. C’est la première fois qu’un Haut-Commissire envoie des recommandations à la suite d’une visite : http://www.ohchr.org/Documents/Countries/MX/RecommendationsMexicoHC_en.pdf

3. Dernier article de l’ACAT et vidéos témoignages sur les disparitions forcées au Mexique : http://acatfrance.fr/actualite/mexique---une-loi-sur-les-disparitions--et-apres--

4. Actuellement l’ACAT suit plus particulièrement la mise en place de la nouvelle loi mexicaine de lutte contre la torture et des cas de tortures sexuelles : http://acatfrance.fr/bonne-nouvelle/une-loi-generale--pour-lutter-contre-la-pratique-endemique-de-la-torture et http://acatfrance.fr/actualite/torture-sexuelle-au-mexique---briser-le-silence-

5. Des liens concernant le scandale d’espionnage illégal par les autorités mexicaines : https://rsf.org/fr/actualites/mexique-des-journalistes-espionnes-le-mouchard-pegasus et http://www.centroprodh.org.mx/index.php?option=com_content&view=article&id=2415%3A2017-06-23-16-42-16&catid=209%3Afront-rokstories&lang=es

Articles associés

Appel à mobilisation
PERE MARCELO-thumbnail
Mexique

Mexique : la criminalisation des actions du père Marcelo Pér...

Le 26 / 07 / 2022
Le 21 juin 2022, un mandat d’arrêt est émis à l’encontre du père Marcelo Pérez, que la justice accuse injustement d’être impliqué dans la disparition de 21 personnes survenues en juillet 2021 dans la municipalité de Pantleho. Ce nouvel épisode de harcèlement des autorités locales à son encontre doit cesser.
Appel à mobilisation
AAM_Erick-Veronica_Carrousel_20220629
Mexique

Verónica Razo est innocente et doit être libérée immédiat...

Le 29 / 06 / 2022
Après 11 ans d’emprisonnement, Erick Razo Casales a été libéré, mais sa sœur Verónica demeure en détention. Elle a été incarcérée après avoir été forcée d’avouer des crimes qu’elle a n’a pas commis. A la fin du mois de mai son frère a été acquitté, mais Veronica reste elle emprisonnée. Cela doit cesser.
Actualité
NDV2022_Radio-Notre-Dame_ITW-Bernadette-Forhan
ChineCamerounSahara OccidentalFranceMarocMexiqueVietnam

La Nuit des Veilleurs est l'invitée de Radio Notre Dame

Le 16 / 06 / 2022
Bernadette Forhan, vice-présidente catholique de l'ACAT-France, était ce matin au micro de l'émission « Rencontre » sur Radio Notre Dame pour présenter la 17ème édition de la Nuit des Veilleurs. L'occasion de rappeler que la torture, loin d'être consignée à une image du Moyen-Âge continue de sévir. Mais que veillée après veillée, nos actions lui opposent une solidarité d'ampleur à l’égard des victimes.