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Burundi
Communiqué

Remettre Pierre Claver Mbonimpa en prison pourrait lui être fatal

Alors que le procès de Pierre Claver Mbonimpa, président de l’Association pour la protection des droits humains et des personnes détenues (APRODH), reprend le 11 septembre à Bujumbura, l’ACAT appelle à sa libération provisoire en raison de son état de santé très préoccupant.
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Le 10 / 09 / 2014

Alors que le procès de Pierre Claver Mbonimpa, président de l’Association pour la protection des droits humains et des personnes détenues (APRODH), reprend le 11 septembre à Bujumbura, l’ACAT appelle à sa libération provisoire en raison de son état de santé très préoccupant.

Demain, jeudi 11 septembre, Pierre Claver Mbonimpa sera en incapacité physique de se rendre au tribunal de grande instance de Bujumbura pour l’audience publique qui le concerne dans l’affaire « Pierre Claver Mbonimpa contre le Ministère public ». Il sera néanmoins représenté par ses avocats.  Depuis le 29 août 2014, ce défenseur des droits de l’homme, reconnu pour son travail en faveur des victimes de violations des droits de l’homme, est hospitalisé à Bujumbura. Les traitements médicaux qui lui sont administrés quotidiennement ne lui permettent pas de quitter l’établissement hospitalier, ne serait-ce que le temps d’une audience.

Dans ces circonstances, « le tribunal de grande instance de Bujumbura doit mettre en liberté provisoire Pierre Claver Mbonimpa afin qu’il puisse continuer à bénéficier d’un suivi médical adapté dans l’attente de pouvoir assister à son procès » indique Clément Boursin, responsable Afrique à l’ACAT. Plusieurs requêtes similaires ont été précédemment rejetées par la justice alors que Pierre Claver remplissait les critères en vue d’une libération provisoire.

Pierre Claver Mbonimpa, un défenseur populaire dans le collimateur des autorités burundaises

Le gouvernement burundais doit prendre conscience que l’arrestation et la détention arbitraires de Pierre Claver Mbonimpa provoquent une vague de mécontentement grandissante au sein de la société burundaise. « L’intransigeance des autorités vis-à-vis des activités légitimes du défenseur des droits de l’homme et le harcèlement qu’il subit font de Pierre Claver Mbonimpa un symbole de la lutte pour la justice dans le pays » affirme Clément Boursin.

L’ACAT demande que les droits de la défense de l’accusé soient respectés, et que le procès du président de l’APRODH se tienne de manière équitable, indépendante et impartiale. « Il est plus que nécessaire que les chancelleries des États membres de l’Union européenne au Burundi envoient des représentants au procès de Pierre Claver Mbonimpa afin de s’assurer de la bonne tenue de ces audiences. » indique Clément Boursin.

Retour sur une arrestation arbitraire

Pierre Claver Mbonimpa, âgé de 66 ans, a été arrêté le 15 mai 2014 et inculpé le lendemain « d’atteinte à la sûreté de l’État et d’usage de faux » pour avoir dénoncé, au cours d’une interview donnée à la Radio publique africaine (RPA) quelques jours plus tôt, l’entraînement militaire de jeunes Burundais en République démocratique du Congo (RDC). En tant que défenseur des droits de l’homme, Pierre Claver Mbonimpa s’est inquiété de l’entraînement militaire des « Imbonerakure », jeunes miliciens pro-gouvernementaux impliqués depuis le début de l’année 2014 dans de nombreuses violences visant les opposants politiques.

L’arrestation et les poursuites judiciaires à l’encontre de Pierre Claver Mbonimpa s’inscrivent dans un contexte politique tendu à l’approche des élections présidentielles de 2015, avec pour effet une répression croissante visant des opposants présumés au pouvoir en place et des membres de la société civile.

Contact presse :

Pierre Motin, 01 40 40 40 24 / 06 12 12 63 94 pierre.motin@acatfrance.fr  

Agir en faveur de Pierre Claver Mbonimpa

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