Le Réseau des défenseurs des droits humains en Afrique centrale (REDHAC), organisation engagée dans la protection des défenseurs des droits humains et la promotion des libertés fondamentales, a obtenu une décision favorable devant la justice camerounaise. Le 21 septembre 2026, le tribunal de première instance de Douala-Bonanjo a relaxé sa directrice exécutive, Maximilienne Ngo Mbe, et sa co-présidente du conseil d’administration, Maître Alice Nkom, du chef de « rébellion en coaction ». Cette décision intervient après environ deux années de pressions administratives et judiciaires visant l’organisation et ses dirigeantes.
Une procédure judiciaire après la suspension du REDHAC
Le 6 décembre 2024, les autorités camerounaises ont procédé à la fermeture et à la mise sous scellés des locaux du REDHAC à Douala. Des poursuites ont ensuite été engagées contre Maximilienne Ngo Mbe et Maître Alice Nkom, notamment pour « bris de scellés » et « rébellion simple ». Leur procès s’est ouvert le 7 avril 2025 devant le tribunal de première instance de Douala-Bonanjo. Le 17 septembre 2025, le Tribunal administratif du Littoral a ordonné la levée des scellés. Les locaux du REDHAC ont rouvert en octobre 2025. Un certificat de non-appel délivré le 24 février 2026 a consacré juridiquement la fin de la mesure de fermeture administrative. Alors que le procès de Maximilienne Ngo Mbe et de Maître Alice Nkom semblait toucher à sa fin, la réouverture des débats, le 6 avril 2026, a prolongé une procédure déjà marquée par de nombreux reports et irrégularités. Le 18 juin 2026, l’ACAT-France a lancé un appel à mobilisation pour demander l’abandon immédiat des poursuites judiciaires visant la directrice exécutive du REDHAC
Une décision favorable pour Maximilienne Ngo Mbe, mais une condamnation pour Alice Nkom
Le 21 septembre 2026, le tribunal a relaxé Maximilienne Ngo Mbe et Maître Alice Nkom du chef de « rébellion en coaction ». Maître Alice Nkom a toutefois été déclarée coupable de « bris de scellés » et condamnée à un an d’emprisonnement avec sursis pendant cinq ans, ainsi qu’à une amende de 500 000 FCFA (environ 760 euros) et aux dépens. La défense dispose d’un délai de dix jours pour interjeter appel.
L’ACAT-France se réjouit de la relaxe de Maximilienne Ngo Mbe et réaffirme son soutien à Maître Alice Nkom, au REDHAC, à ses équipes et plus largement à l’ensemble des défenseurs des droits humains au Cameroun. L’ACAT-France reste attentive à la situation judiciaire de Maître Alice Nkom, marquée par sa condamnation pour « bris de scellés » et aux possibles suites judiciaires de cette affaire, en cas d’appel de Maître Alice Nkom
L’ACAT-France et sa Fondation aux côtés du REDHAC
Actif dans huit pays d’Afrique centrale, le REDHAC joue un rôle central dans la documentation des violations des droits humains, l’assistance aux défenseurs menacés et le plaidoyer en faveur des libertés fondamentales.
L’ACAT-France et sa Fondation ACAT ont apporté leur soutien au REDHAC et à ses dirigeantes. Le 1er décembre 2025, la Fondation ACAT pour la dignité humaine a décerné au REDHAC, représenté par Maître Alice Nkom, le Prix Engel-du-Tertre des droits humains 2025. Cette distinction reconnaît le courage de l’organisation et son engagement en faveur de la protection des défenseurs des droits humains en Afrique centrale.
Chronologie de l’Affaire :
• 6 décembre 2024 : Fermeture et mise sous scellés des locaux du REDHAC.
• 7 avril 2025 : Ouverture du procès de Maximilienne Ngo Mbe.
• 17 septembre 2025 : Décision du Tribunal administratif du Littoral ordonnant la levée des scellés.
• Octobre 2025 : Réouverture des locaux du REDHAC.
• 1er décembre 2025 : Attribution du Prix Engel-du-Tertre 2025 au REDHAC par la Fondation ACAT.
• 24 février 2026 : Délivrance du certificat de non-appel concernant la levée des scellés.
• 6 avril 2026 : Réouverture des débats dans le procès de Maximilienne Ngo Mbe.
• 18 juin 2026 : Appel à mobilisation de l’ACAT-France en faveur de Maximilienne Ngo Mbe.
• 21 septembre 2026 : Relaxes du chef de « rébellion » ; condamnation de Maître Alice Nkom pour « bris de scellés ».