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Salah Hamouri maintenu en détention administrative

L’ACAT-France regrette la récente décision des autorités israéliennes de maintenir l’avocat franco-palestinien Salah Hamouri en détention administrative, à laquelle notre compatriote est soumis depuis le 10 mars 2022. Contre cette injustice, le combat continue.
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Salah Hamouri. © Photo Comité de soutien à Salah Hamouri
Le 05 / 09 / 2022

Il avait été arrêté le 7 mars 2022 au petit matin par les forces de sécurités israéliennes, puis placé en détention administrative le 10 mars. Une décision émanant du commandant militaire israélien qui a permis d’incarcérer Salah sans charge ni jugement pour des raisons maintenues secrètes à sa défense. Sa détention administrative avait ensuite été prolongée le 6 juin 2022 pour une durée de trois mois.

Renouvelable indéfiniment, cette mesure, qui cible tout particulièrement les Palestiniens, viole de nombreux principes du droit international des droits humains. Droit à l’information, droit à un avocat, droit à un procès équitable : la détention administrative fait régner l’injustice la plus brutale. Avec comme objectif : couper court aux initiatives de la société civile palestinienne et de sa quête pour la justice et la dignité.

En représailles à son courrier adressé à Emmanuel Macron pour lui demander d’intervenir auprès des autorités israéliennes, Salah avait été transféré dans une prison de haute sécurité avec des conditions de détention beaucoup plus difficiles.

Le 4 septembre 2022, les autorités israéliennes ont malheureusement décidé de maintenir Salah en détention administrative, toujours sans charges ni jugement.

« Cette décision de prolonger la détention administrative de Salah Hamouri témoigne de l’acharnement des autorités israéliennes à son égard. L'ACAT-France dénonce cette décision arbitraire et appelle les autorités françaises à faire tout leur possible pour obtenir la libération de Salah, garantir son droit de résider à Jérusalem et d’y exercer son travail d’avocat et de défenseur des droits humains. La France doit également faire pression sur les autorités israéliennes pour s’assurer du respect de son droit à une vie familiale en lui permettant de quitter et de revenir en Israël, et en autorisant son épouse et ses enfants à se rendre en Israël et dans les territoires palestiniens occupés, sans entrave ni restriction. »

– Elias Geoffroy, responsable Programmes et plaidoyer Afrique du Nord & Moyen-Orient de l’ACAT-France.

Un avocat harcelé par les autorités israéliennes

Déjà détenu en 2001 à l’âge de 16 ans, puis pendant cinq mois en 2004, Salah Hamouri a depuis longtemps fait les frais de son engagement pour les droits des Palestiniens. L’année suivante, un procès inéquitable le condamne à sept ans d’emprisonnement, une peine dont il purgera la quasi-totalité avant d’être libéré en 2011.

En 2017, il est à nouveau arrêté puis placé en détention administrative pendant treize mois sans avoir jamais connu les motifs de son incarcération comme le permet ce régime de détention administrative que les autorités israéliennes utilisent pour saper les revendications de la société civile palestinienne.

C’est une véritable menace qui pèse sur le travail des défenseurs des droits humains, dont Salah. Car derrière lui, il ne faut pas oublier les mobilisations des Palestiniens qui œuvrent pour faire valoir leurs droits fondamentaux ce qui leur vaut des accusations fallacieuses de terrorisme. Dernier acte répressif en date : la fermeture, le 18 août, de sept ONG palestiniennes dont Addameer, où Salah exerce comme avocat.

Salah encore menacé d’expulsion

Défendre les droits humains n’est pas un crime et ne devrait jamais l’être.

Pourtant, une audience prévue en février 2023 auprès de la Cour suprême doit encore statuer, définitivement, sur le retrait ou non de son droit de résidence à Jérusalem. Salah tient son droit de résidence à un simple permis dont l’octroi s’applique aussi bien aux étrangers installés en Israël qu’aux Palestiniens de Jérusalem-Est, pourtant natifs de ce territoire. En septembre 2020, le ministère israélien de l’Intérieur justifiait d’un « défaut d’allégeance à l’État d’Israël » pour révoquer son permis de résidence, comme le lui permet la loi. Après le rejet de son appel, Salah voit la décision d’expulsion être officialisée le 18 octobre 2021. Si la Cour suprême l’entérine, Salah devra quitter la terre où il est né, sans possibilité de retour.

Énième exemple du harcèlement judiciaire et administratif que subit Salah, le retrait de son droit de résidence serait en effet très contestable. Le prétendu défaut d’allégeance à l’État d’Israël que les autorités lui reprochent serait contraire au droit international humanitaire qui continue de s’appliquer aux territoires palestiniens occupés et qui interdit d’exiger l’allégeance de la population à la force occupante. Son expulsion se fonde sur des allégations de terrorisme, maintes fois portées contre Salah, mais toujours restées inaccessibles à sa défense, et en méconnaissance de son activité pacifique de défenseur des droits humains.

Notre mobilisation pour Salah a été indéfectible ! Continuons le combat !

Nous avons demandé au président de la République de rester solidaire jusqu’au bout : « Israël : la situation de Salah Hamouri suspendue à une nouvelle décision ».

> Nous avons signé un appel du mois en septembre : « J’agis pour la libération de Salah Hamouri ».

> Nous avons signé des tribunes : « Salah Hamouri doit être soutenu par les autorités françaises ».

> Nous avons signé des appels à mobilisation et soutenu Salah pour son anniversaire qu’il a dû passer en prison.

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