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Mauritanie : appel à la libération de 7 militants anti-esclavagistes.

  • Détention
  • Justice et impunité

Mobilisons-nous pour demander la libération des sept militants anti-esclavage !

Pour agir, envoyez un email et/ou téléchargez la lettre, personnalisez-la avec vos coordonnées et retournez-la par voie postale à Son Excellence Monsieur Mohamed Ould Cheikh El Ghazouani, Président de la République islamique de Mauritanie

Sept défenseurs des droits humains mauritaniens, membres et sympathisants de l’Initiative pour la résurgence du mouvement abolitionniste (IRA-Mauritanie), sont actuellement détenus et poursuivis pour avoir dénoncé un cas présumé d’esclavage. Arrêtés en février 2026, ils et elles sont victimes d’une procédure judiciaire arbitraire visant à sanctionner leur engagement contre l’esclavage.

Arrêtés pour avoir dénoncé un présumé cas d’esclavage

Le 4 février 2026, des membres de l’IRA-Mauritanie rendent public un cas présumé d’esclavage impliquant une jeune fille, âgée de 11 ans, à Nouakchott, la capitale. Le couple soupçonné dans cette affaire est interrogé le 6 février  au commissariat de Dar Naim 2. Des militants se rassemblent pacifiquement devant le batiment afin d’exiger la protection de la victime et de sa famille. Les forces de l’ordre dispersent violemment les manifestants. Plusieurs personnes sont blessées. Dans les jours qui suivent, plusieurs militants sont arrêtés, sans mandat, et placés en détention.

Warda Souleymane, journaliste et membre de la commission communication de l’IRA-Mauritanie, est arrêtée le 10 février, quatre jours après avoir dénoncé sur les réseaux sociaux la répression du rassemblement. Elle est placée en détention à la prison pour femmes de Nouakchott.

Lemrabet Mahmoud, chef de la section de l’IRA-Mauritanie à Nouadhibou est arrêté le 13 février après avoir dénoncé sur les réseaux sociaux l’arrestation de sa consoeur Warda Souleymane. Le 5 mars, le tribunal de Nouadhibou le condamne à un an de prison avec sursis pour « incitation à la haine et à la discrimination » et « utilisation de moyens électroniques pour diffuser des discours haineux ». Pendant pratiquement un mois, il est détenu provisoirement à la prison de Nouadhibou.

Les lanceuses d’alerte,  Lalla Vatma et Rachida Saleck, et les membres de l’IRA-Mauritanie, Abdallahi Abou Diop, Elhaj Elid, Bounass Hmeida et Med Vadel Aleyatt, sont convoqués par la police de Dar Naim le 16 février et arrêtés dans la foulée. Après sept jours de garde à vue au sein du commissariat de Dar Naim, ils comparaissent devant un juge d’instruction du tribunal de Noukachott Nord le 23 février, qui les inculpe de « diffusion de fausses informations » et « association de malfaiteurs ». Ils sont placés sous mandat de dépôt, les femmes à la prison pour femmes de Nouakchott et les hommes à la prison centrale de Nouakchott. Le 4 mars, ils comparaissent devant le juge d’instruction pour l’interrogatoire sur le fond.

Le 16 février, le parquet classe sans suite la plainte pour esclavage déposée par l’IRA-Mauritanie, au motif que les éléments constitutifs de l’infraction ne seraient pas réunis. Selon l’IRA-Mauritanie, la mère et les quatre petites sœurs de la victime seraient retenues illégalement par la police depuis plus de deux semaines.

Une procédure judiciaire arbitraire

Des huit personnes arrêtées, sept sont encore détenues provisoirement, dans l’attente de leur procès. L’ACAT-France considère que les charges retenues contre elles sont fallacieuses et visent à réduire au silence leur dénonciation d’un cas d’esclavage et leur mobilisation pacifique au sein de l’IRA-Mauritanie, une organisation reconnue pour son combat contre les pratiques esclavagistes persistantes dans le pays. Selon plusieurs organisations internationales, dont l’Observatoire pour la protection des défenseurs des droits humains, ces poursuites s’apparentent à un harcèlement judiciaire et violent les engagements internationaux de la Mauritanie, notamment en matière de liberté d’expression et de protection des défenseurs des droits humains.

Contexte

En Mauritanie, l’esclavage a été officiellement aboli en 1981 puis criminalisé en 2007. Malgré ce cadre juridique, des pratiques esclavagistes persistent, touchant en particulier les populations issues de communautés historiquement asservies. Ces situations prennent des formes diverses : travail forcé, exploitation domestique, privation de liberté et transmission héréditaire du statut d’esclave. Les victimes rencontrent d’importants obstacles pour faire valoir leurs droits, notamment en raison de pressions sociales, du manque d’accès à la justice et de la faiblesse des mécanismes de protection.

Une répression des défenseurs anti-esclavagistes

Les organisations de la société civile qui dénoncent ces pratiques, en particulier l’IRA-Mauritanie, font régulièrement l’objet de restrictions et de représailles. Leurs membres sont exposés à des arrestations, des intimidations et des poursuites judiciaires. Les autorités mauritaniennes ont, à plusieurs reprises, utilisé des chefs d’accusation vagues pour criminaliser dans le passé les activités pacifiques des militants anti-esclavagistes, notamment lorsqu’ils et elles rendent publics des cas d’esclavage ou organisent des mobilisations. Cette répression contribue à entraver la lutte contre l’esclavage dans le pays.

Un combat essentiel pour les droits humains

Le travail des militants anti-esclavagistes est indispensable. En documentant les cas d’esclavage, en accompagnant les victimes et en sensibilisant l’opinion publique, ces militants contribuent à faire progresser l’État de droit en Mauritanie et à lutter contre l’impunité. L’IRA-Mauritanie joue un rôle essentiel dans ce travail. Ses membres sont régulièrement exposés à des représailles en raison de leur engagement. La criminalisation des militants anti-esclavagistes envoie un signal particulièrement inquiétant : dénoncer l’esclavage peut conduire à des poursuites et à la détention.

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