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Ko Htet Myat Aung, défenseur de la démocratie, condamné à 20 ans d’emprisonnement.

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L’ACAT-France, déjà mobilisée lors de son arrestation, alerte aujourd’hui sur cette condamnation lourde, emblématique de la criminalisation systématique de l’engagement démocratique en Birmanie.

Pour agir, envoyez un email et/ou téléchargez la lettre, personnalisez-la avec vos coordonnées et retournez-la par voie postale à Son Excellence Madame Kaja Kallas, Haute représentante de l’Union européenne pour les Affaires étrangères et la Politique de Sécurité

Ko Htet Myat Aung, étudiant et figure majeure du mouvement prodémocratique birman, a été condamné à vingt ans d’emprisonnement par la junte militaire en raison de son engagement politique pacifique. Il est actuellement détenu au secret, sans droit de visite. Alors que la junte a diffusé un récit laissant entendre qu’il serait décédé, il est en réalité toujours en vie, détenu arbitrairement et privé de ses droits fondamentaux.

Ko Htet Myat Aung, l’étendard d’une jeunesse birmane sous le poids de la répression

Âgé de 24 ans, Ko Htet Myat Aung est l’un des visages les plus emblématiques de la mobilisation non violente pour la démocratie à Mandalay. Originaire de cette ville, il s’engage dès 2018 dans la défense des droits des étudiants au sein de l’Union des étudiants de l’Université de Yadanabon (YDNBUSU) dont il devient successivement secrétaire général puis président. À la suite du coup d’État militaire de février 2021, alors qu’il n’avait que 18 ans, il joue un rôle central dans la résistance civile pacifique, coordonnant manifestations, grèves générales et actions de désobéissance civile. Il est également membre actif de plusieurs structures de coordination de la résistance, notamment le General Strike Coordination Body (GSCB) et le Anti-Junta Forces Coordination Committee (AFCC) de Mandalay. En décembre 2025, il figure parmi les principaux organisateurs de mobilisations contre les élections factices organisées par la junte militaire et qui ont porté le chef des armées, auteur du coup d’État, à la présidence du pays.

Une condamnation inique pour une action pacifique

Le 3 décembre 2025, Ko Htet Myat Aung organise à Mandalay un flash mob (rassemblement temporaire dans un lieu public) non violent appelant à une « grève du silence » pour dénoncer l’imposture électorale. Cette action pacifique est immédiatement considérée par la junte comme une menace politique.

À la suite de cette mobilisation, un mandat d’arrêt est émis contre lui, assorti d’une récompense financière pour toute dénonciation, en vertu d’une législation répressive criminalisant toute critique du processus électoral. Cette loi, adoptée en juillet 2025 sous couvert de « protection des élections », prévoit des peines allant jusqu’à dix ans de prison pour toute expression politique dissidente. En pratique, elle est utilisée comme un outil de répression massive : en décembre 2025, au moins 329 personnes étaient poursuivies sur cette base, certaines ayant été condamnées à des peines allant jusqu’à 49 ans d’emprisonnement. Le 14 décembre 2025, Ko Htet Myat Aung est arrêté à Mandalay. Selon des témoignages concordants, il est violemment battu et torturé lors de son arrestation et de son interrogatoire. Sa famille reste sans nouvelles officielles concernant son lieu de détention ou son état de santé. Pendant plusieurs semaines, des sources concordantes ont même craint qu’il ne soit mort sous la torture.

Sa condamnation à vingt ans d’emprisonnement s’inscrit ainsi clairement dans une stratégie de répression politique visant à faire taire les figures de la contestation pacifique.

Contexte

La systématisation de l’emprisonnement politique

En Birmanie, l’emprisonnement politique constitue un outil central de contrôle depuis l’instauration des régimes militaires en place depuis 1962. Depuis le coup d’État de février 2021, cette pratique s’est intensifiée et structurée.

En avril 2026, 30 715 cas d’emprisonnement politique ont été documentés par l’organisation Assistance Association for Political Prisoners (AAPP). Parmi eux figurent 249 mineurs. Les femmes représentent 20,7 % des détenus. De plus, 132 personnes ont été condamnées à mort, et au moins 2 238 sont décédées en détention.

Les annonces de libérations de prisonniers relèvent souvent d’opérations de communication. La junte publie des chiffres trompeurs, mêlant amnisties et libérations réelles, tout en procédant simultanément à de nouvelles arrestations.

Les conditions de détention restent extrêmement opaques. Depuis plus de cinq ans, aucun accès n’est accordé aux organisations internationales, empêchant toute évaluation indépendante des cas de torture, de privation de soins ou de décès en détention. Cet isolement favorise un climat d’impunité propice aux exécutions extrajudiciaires et aux violences.

Un appel à la lutte contre l’impunité des experts des Nations Unies

En 2021, l’ASEAN a adopté un « consensus en cinq points » visant à résoudre la crise, resté largement inefficace en raison du non-respect des engagements par la junte.

Dans son rapport de mars 2026, le Rapporteur spécial des Nations Unies sur la situation des droits humains en Birmanie appelle à établir les responsabilités de la junte. Il souligne l’intensification des violences et estime que l’ASEAN ne devrait pas réintégrer les représentants du Myanmar tant que les bombardements se poursuivent et que des figures politiques, dont Aung San Suu Kyi et Win Myint, restent détenues.

Appel à l’action

L’ACAT-France appelle l’Union européenne à demander la libération immédiate et inconditionnelle de Ko Htet Myat Aung, ainsi que celle de l’ensemble des prisonniers politiques.

Nous demandons également le renforcement des régimes de sanctions existants au sein de l’Union Européenne en réponse à l’intensification de la répression en Birmanie. Enfin, l’Union Européenne doit saisir le prochain dialogue UE-ASEAN comme une opportunité pour subordonner les relations diplomatiques des deux organisations à des critères concrets en matière de droits humains et de respect du droit international.

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