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Viet Nam. Trois défenseurs des droits humains, victimes de répression transnationale.

  • Détention
  • Disparitions forcées

À l’approche de la rencontre UE-Viet Nam du 22 octobre, interpellez l’Union européenne pour dénoncer la répression transnationale exercée par le Viet Nam !

Pour agir, envoyez un email à Madame Kaja Kallas, Haute Représentante de l’Union Européenne pour les affaires étrangères et la politique de sécurité.

Le 18 septembre 2026, Nguyen Duc Thuan, citoyen norvégien, Tran Hiep (Ho Pham Hiep Huy), citoyen australien, et Thai Cong Truong Song, ressortissant vietnamien résidant au Cambodge, ont disparu alors qu’ils se trouvaient au Cambodge. Dix jours plus tard, les autorités vietnamiennes annonçaient leur arrestation au Viet Nam. Leurs proches dénoncent un enlèvement extraterritorial.

Les Faits

Le 15 septembre 2026, Nguyen Duc Thuan et Tran Hiep, membres de l’organisation prodémocratie Viet Tan, arrivent à Phnom Penh pour rencontrer plusieurs défenseurs des droits humains. Ils sont rejoints par Thai Cong Truong Song, ressortissant vietnamien résidant au Cambodge.

Le 18 septembre, les trois hommes disparaissent alors qu’ils se rendent à Kaoh Andaet, dans le sud du Cambodge. Pendant dix jours, leurs familles sont sans nouvelles et aucune information n’est communiquée sur leur sort ou leur lieu de détention.

Le 28 septembre 2026, le ministère vietnamien de la Sécurité publique annonce leur arrestation au poste-frontière de My Quy Tay, affirmant qu’ils tentaient d’entrer illégalement sur le territoire vietnamien. Leurs proches contestent fermement cette version et soutiennent qu’ils ont été enlevés au Cambodge avant d’être transférés de force au Viet Nam. Peu avant leur disparition, les trois hommes étaient en contact avec leurs familles et n’avaient exprimé aucune intention de se rendre au Viet Nam, où ils risquaient d’être arrêtés en raison de leurs activités en faveur de la défense des droits humains.

Les autorités vietnamiennes les accusent aujourd’hui de faits qualifiés de « terrorisme » et les maintiennent en détention.

Une disparition forcée suivie d’une détention arbitraire

Durant dix jours, les autorités ont refusé de révéler le sort ou le lieu de détention des trois hommes, une situation pouvant s’apparenter à une disparition forcée au regard du droit international.

À la suite de pressions internationales, les autorités vietnamiennes ont finalement autorisé des visites consulaires à Nguyen Duc Thuan et Tran Hiep qui ont eu lieu les 15 et 16 octobre, près d’un mois après leur enlèvement. L’état de Thuan, diabétique, est préoccupant : il ne reçoit pas son traitement habituel par injection, malgré des analyses sanguines inquiétantes. En outre, le régime alimentaire, basé sur la consommation de riz blanc, est inadapté à son état. Tran Hiep a lui confirmé avoir été enlevé puis transféré de force au Viet Nam et demeure profondément traumatisé par cette expérience. Il souffrirait de problèmes de tension artérielle alors que son épouse confirme l’absence d’antécédents, renforçant les inquiétudes quant à son état de santé.

Malgré ces visites consulaires, les autorités vietnamiennes continuent toutefois de les considérer comme des ressortissants vietnamiens alors qu’ils ont fui le Viet Nam dans les années 1980 et 1990 en raison de persécutions politiques, obtenu le statut de réfugié puis acquis respectivement les nationalités norvégienne et australienne.

Contexte

Une pratique systémique de la répression transnationale

L’enlèvement présumé de Nguyen Duc Thuan, Tran Hiep et Thai Cong Truong Song s’inscrit dans une campagne de répression transnationale menée par les autorités vietnamiennes contre des opposants politiques, journalistes et défenseurs des droits humains vivant à l’étranger. En juillet 2025, le Comité des droits de l’homme des Nations unies s’est déclaré préoccupé par les allégations de disparitions forcées et les pratiques de répression transnationale imputées au Viet Nam. Ces pratiques prennent notamment la forme d’intimidations, d’enlèvements, de transferts forcés ou encore de poursuites fondées sur des accusations de terrorisme.

Plusieurs cas ont été documentés ces dernières années, notamment l’enlèvement de Trinh Xuan Thanh en Allemagne en 2017, celui du blogueur Truong Duy Nhat en Thaïlande en 2019, celui du réfugié reconnu par le HCR Duong Van Thai en 2023, ainsi que le transfert vers le Viet Nam de Y Quynh Bdap en 2025, également réfugié HCR. En s’en prenant désormais à un citoyen norvégien et à un citoyen australien, les autorités vietnamiennes semblent franchir une nouvelle étape dans cette stratégie de répression au-delà de leurs frontières.

Un partenariat entre l’Union Européenne et le Viet Nam

Cette affaire intervient alors que le président vietnamien To Lam est attendu à Bruxelles le 22 octobre 2026 pour discuter du renforcement des relations entre le Viet Nam et l’Union européenne. Or, l’Accord-cadre de partenariat et de coopération entre l’Union européenne et le Viet Nam ainsi que l’Accord de libre-échange UE-Viet Nam prévoient que le respect des droits humains constitue un élément essentiel de la relation bilatérale. Les disparitions forcées, les détentions arbitraires et les actes de répression transnationale documentés au Viet Nam soulèvent ainsi des questions majeures quant à la compatibilité de ces pratiques avec les engagements internationaux du pays.

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