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Sahara occidental/Maroc : Appel la libération des prisonniers de Gdeim Izik.

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Le mercredi 23 septembre 2026, neuf prisonniers du groupe de Gdeim Izik ont entamé une grève de la faim illimitée pour contester leur détention arbitraire, qui dure depuis près de seize ans. Huit la poursuivent encore à ce jour. Plusieurs mécanismes onusiens ont estimé que ces détentions étaient arbitraires et ont appelé le Maroc à prendre des mesures pour y remédier. 

Qui sont les prisonniers de Gdeim Izik ?

Les prisonniers dits de Gdeim Izik sont des prisonniers politiques sahraouis emprisonnés à la suite du démantèlement violent du camp de protestation de Gdeim Izik. Le camp de Gdeim Izik a été installé par des militants politiques sahraouis, en octobre 2010, proche d’El-Ayoun (Sahara occidental), pour protester contre les discriminations sociales et économiques dont ils s’estiment victimes de la part du Maroc. Le 8 novembre 2010, les autorités marocaines ont démantelé violemment le camp et ont procédé à l’arrestation de nombreux Sahraouis. En détention depuis près de seize ans, alors que certains ont été condamnés à la perpétuité, neuf prisonniers de ce groupe ont entamé une grève de la faim, le 23 septembre 2026, pour réclamer de meilleures conditions de détention et exiger la fin de leur détention arbitraire, conformément à l’avis 23/2023 du groupe de travail de l’ONU sur les détentions arbitraires.

Une grève de la faim illimitée en contestation de leur détention

Les neuf prisonniers ont entamé ensemble cette grève de la faim malgré leur dispersion dans différentes prisons marocaines. En effet, ils sont enfermés dans trois prisons différentes : Mohamed Bani, emprisonné à Aït Melloul 2, Abdallah Abbah, Mohamed Lamine Haddi, Bachir Khadda emprisonnés à la prison de Tiflet 2 et Sidi El Bachir Boutanguiza, Ahmed Sbai, Naâma Asfari, El Hassan Azaoui et Hassan Dah enfermés à la prison centrale de Kenitra.  

Bachir Khadda réclamait entre autres son transfert vers la prison locale d’El-Ayoun. Il a suspendu sa grève de la faim après que les autorités marocaines aient autorisé son transfert. Quant à Naâma Asfari et Hassan Dah, qui demandent également à être transférés dans cette prison, ils ont respectivement été transférés aux prisons de Loudaya et Benguerir. C’est pourquoi, tous deux poursuivent leur grève de la faim.  

Les prisonniers se trouvant dans la prison de Kenitra, à l’est du pays, se trouvent particulièrement éloignés de leur famille au Sahara occidental, ce qui rend les visites difficiles voire impossibles. Dans ce cadre, le transfèrement des prisonniers vers la prison locale d’El-Ayoun occupe une place centrale dans la grève de la faim actuelle.

La seconde grève de la faim du militant Naâma Asfari en 4 mois 

Le militant sahraoui Naâma Asfari avait déjà entamé une grève de la faim illimitée le 8 juin 2026. Au terme de 47 jours consécutifs de grève, Naâma Asfari l’a suspendue et a accepté de dialoguer avec la Direction générale des prisons du Maroc. Cette dernière s’était engagée à répondre à une partie de ses revendications, notamment autoriser son transfert vers une prison proche de sa famille. Cependant, les mesures promises ne s’étant pas concrétisées, il a repris une grève de la faim, aux côtés de ses compagnons, pour rappeler une nouvelle fois les engagements marocains et les avis de l’ONU. 


Contexte 

Différents mécanismes des Nations unies ont plusieurs fois alerté sur les conditions d’arrestation, de jugement et de détention des prisonniers de Gdeim Izik dont le Groupe de travail de l’ONU sur les détentions arbitraires et le comité contre la torture des Nations unies.

L’avis 23/2023 du Groupe de travail des Nations unies sur les détentions arbitraires 

Le Groupe de travail de l’ONU sur la détention arbitraire a recommandé, dans l’avis 23/2023, publié en mars 2023, qui concerne 18 prisonniers sahraouis du groupe Gdeim Izik, leur libération immédiate et leur indemnisation. Il recommande également l’ouverture d’une enquête approfondie et indépendante sur les privations arbitraires de liberté. En effet, il considère que la détention de ces 18 prisonniers est arbitraire, car « contraire aux articles 3, 9 et 10 de la Déclaration universelle des droits de l’homme et aux articles 9 et 14 du PIDCP. » 

En tant que partie au Pacte relatif aux droits civils et politiques (PIDCP), le Maroc est tenu de prévenir la détention arbitraire (conformément à l’article 9) et doit garantir l’accès à un procès équitable (conformément à l’article 14). 

Plusieurs avis du comité contre la torture des Nations unies alertent 

Le comité contre la torture des Nations unies (CAT) a rendu au total dix avis sur le dossier des affaires de Gdeim Izik.  

Dernièrement, en mai 2026, le CAT a rendu quatre nouveaux avis à propos de quatre prisonniers. Il confirme ainsi le recours par le Maroc à des traitements cruels, inhumains et dégradants à l’encontre de détenus politiques sahraouis notamment pour extorquer des aveux ayant ensuite conduit à leur condamnation. A la suite de cela, le 20 mai 2026, il a publié un communiqué alertant sur « un problème structurel dans la gestion par le Maroc des affaires liées à Gdeim Izik ». 

Le Sahara occidental : entre revendications marocaines et lutte pour l’autodétermination 

Le Sahara occidental est un territoire situé dans le nord-ouest de l’Afrique, bordé par le Maroc, l’Algérie et la Mauritanie et possède une façade sur l’Atlantique. Ancienne colonie espagnole, il est considéré comme un territoire non autonome par l’ONU depuis 1963. Un territoire non autonome est un territoire dont “les populations ne s’administrent pas encore complètement elles-mêmes” selon la Charte des Nations Unies.  

Le Sahara occidental est aujourd’hui revendiqué à la fois par le Maroc et par le Front Polisario, acteur politique qui lutte pour son indépendance. En 1976, le Front Polisario proclame la République arabe sahraoui démocratique (RASD). Après plusieurs années de lutte armée entre le Maroc, la Mauritanie (qui revendiquait également le territoire lors du retrait espagnol) et le Front Polisario, un cessez-le-feu est conclu en septembre 1991 et prévoit la tenue d’un référendum pour l’autodétermination du territoire qui n’a jamais eu lieu. Mais, en novembre 2020, le cessez-le-feu prend fin avec une reprise des hostilités entre le Maroc et le Front Polisario. 

Tous deux proposent un plan différent pour mettre fin au conflit : alors que le Maroc propose un plan d’autonomie sous souveraineté marocaine, le Front Polisario continue de revendiquer le droit à l’autodétermination reconnu par la Charte des Nations unies. En octobre 2025, le Conseil de sécurité adopte la résolution 2797 à 11 voix contre 0, et 3 abstentions, qui présente l’autonomie sous souveraineté marocaine comme la solution la plus réalisable. D’ici le 31 octobre 2026, le Conseil de sécurité doit se prononcer sur l’avenir de la Mission des Nations unies pour l’organisation d’un référendum au Sahara occidental (MINURSO), notamment sur la base du rapport Guterres 2026, qui n’a pas encore été rendu officiel. 

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