L’arrestation arbitraire d’un médecin dans la bande de Gaza, en violation du droit international
Hussam Abu Safiya est un Palestinien de 52 ans. Le 27 décembre 2024, alors qu’il s’efforçait de continuer à soigner les victimes des attaques israéliennes, dans l’hôpital Kamal Adwan à Gaza, il est arrêté avec d’autres membres du personnel médical et des patients par l’armée israélienne.
Cette arrestation arbitraire s’inscrit dans un schéma récurrent mis en place par Israël depuis le début du conflit dans la bande de Gaza en octobre 2023. Il a été arrêté sous la loi dite des « combattants illégaux » qui permet à l’armée de détenir un prisonnier qu’elle soupçonne d’avoir participé aux hostilités contre Israël ou qui représente une menace pour la sécurité de l’État, aussi longtemps qu’elle le souhaite, sans inculpation ni procès. Cette loi viole le droit à un procès équitable, protégé par le droit international.
Les conditions de détention de Hussam Abu Safiya ont largement été dénoncées comme violant les droits fondamentaux inhérents à la personne humaine. Les Rapporteurs spéciaux des Nations unies ont dénoncé en mars 2026, la dégradation de l’état de santé de Hussam en raison des conditions de détention. Depuis le début de sa détention, il subit des traitements dégradants et des actes de torture, auxquels s’ajoute la privation des soins médicaux indispensables.
Le secteur de la santé particulièrement visé par Israël
Le cas du docteur Hussam Abu Safiya est illustrateur du sort subi par l’ensemble du secteur de la santé à Gaza. En effet, entre octobre 2023 et le 16 juin 2026, l’OMS dénombrait 803 attaques contre des infrastructures de santé uniquement dans la bande de Gaza. Comme le docteur Hussam Abu Safiya, 317 professionnels de santé de Gaza demeurent détenus par Israël. Ces chiffres sont alarmants et illustrent le mépris israélien pour le droit international. En temps de conflit, la Convention de Genève précise que « le personnel [de santé civile] sera respecté et protégé. »
L’ONG Physicians for Human Rights a compilé dans un rapport, en février 2025, les témoignages de nombreux prisonniers dénonçant des violations répétées à l’égard de tous les prisonniers gazaouis, et qui sont exacerbées à l’encontre des professionnels de santé. Enfin, malgré le cessez-le-feu, entré en vigueur le 10 octobre 2025, Israël poursuit l’annexion de la bande de Gaza, et continue de frapper le territoire gazaoui, provoquant la mort de nombreux civils.