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Appel à la libération de Zhang Xinyan, réfugiée menacée de renvoi forcé vers la Chine.

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Mobilisons-nous pour empêcher le retour forcé de Zhang Xinyan vers la Chine !

Pour agir, envoyez un email et/ou téléchargez la lettre, personnalisez-la avec vos coordonnées et retournez-la par voie postale à Son Excellence Monsieur Anutin Charnvirakul, Premier ministre de Thaïlande

Zhang Xinyan, activiste prodémocratie chinoise originaire de Hong Kong et réfugiée reconnue par l’Agence des Nations unies pour les réfugiés (HCR), est détenue depuis le 8 mai 2026 dans un centre de rétention administrative à Bangkok. Elle risque à tout moment d’être expulsée vers la Chine où elle serait exposée un risque élevé de détention arbitraire et de persécutions politiques.

Zhang Xinyan, persécutée pour ses convictions

Zhang Xinyan est une citoyenne chinoise ayant quitté Hong Kong après avoir subi des persécutions liées à sa pratique du Falun Gong, un mouvement spirituel interdit par les autorités chinoises. Elle a obtenu le statut de réfugiée auprès du HCR à la suite de l’annulation de son passeport par les autorités chinoises.

En juillet 2025, Zhang Xinyan a été visée par un mandat d’arrêt émis par la police de Hong Kong pour « subversion » au titre de la loi sur la sécurité nationale, assorti d’une récompense de 200 000 dollars hongkongais (environ 23 000 euros) pour toute information permettant son arrestation. Elle est poursuivie pour avoir participé, depuis l’étranger, à l’organisation de scrutins non officiels visant à constituer un parlement en exil, au nom du principe « Hong Kong gouvernée par les Hongkongais », des actes qualifiés de subversion par la loi sur la sécurité nationale imposée par Pékin en 2020. Cette loi, aux dispositions volontairement vagues est en réalité utilisée pour criminaliser toute forme de dissidence et réduire au silence la société civile. Elle fait partie des quinze personnes nouvellement ciblées par les autorités hongkongaises en juillet 2025. Plus de trente individus sont actuellement poursuivis à ce titre à travers le monde.

Arrêtée sans recours et menacée de renvoi forcé vers la Chine

Le 8 mai 2026, des agents de l’immigration thaïlandaise ont interpellé Zhang Xinyan à son domicile de Bangkok et l’ont transférée au centre de rétention de Suan Phlu, le même établissement depuis lequel quarante Ouïghours ont été expulsés de force vers la Chine en février 2025. Ce renvoi avait été dénoncé par le HCR comme une violation flagrante du principe de non-refoulement.

Officiellement arrêtée pour dépassement de la durée de son visa, elle risque à tout moment d’être expulsée vers la Chine. Ce renvoi forcé serait le produit direct d’une manœuvre de répression transnationale : selon des témoignages concordants, c’est l’ambassade de Chine en Thaïlande qui lui aurait confisqué son passeport lorsqu’elle a cherché à le renouveler, la rendant apatride de facto et dans l’impossibilité légale de quitter le territoire par ses propres moyens.

Ce retour forcé ferait encourir à Zhang Xinyan un risque imminent de détention arbitraire et de persécutions ce qui placerait la Thaïlande en violation de ses obligations internationales.

Contexte

La Thaïlande, relais de la répression transnationale

La Thaïlande est aujourd’hui l’un des principaux terrains de la répression transnationale en Asie du Sud-Est. En 2026, Freedom House estimait à au moins 224 le nombre de victimes de ces pratiques sur le sol thaïlandais. Cette dynamique repose sur une coopération sécuritaire formelle et informelle avec des États autoritaires de la région : la Thaïlande a fait de la coopération bilatérale et multilatérale avec les Etats de la région une priorité. Des agents étrangers sont ainsi autorisés à opérer sur le territoire thaïlandais pour surveiller, interroger ou enlever des dissidents. Des réfugiés vietnamiens détenus ont notamment rapporté la présence d’officiers vietnamiens dans des centres de détention thaïlandais, participant à des interrogatoires conjoints.

La coopération avec la Chine est particulièrement documentée. En 2015, le journaliste sino-suédois Gui Minhai a été enlevé sur le sol thaïlandais par des agents chinois avant de réapparaître en détention en Chine, un cas que l’ACAT-France avait soutenu. En janvier 2025, quarante Ouïghours ont été expulsés de force depuis le centre de rétention de Suan Phlu vers la Chine, malgré les risques avérés de persécution. En décembre 2025, Y Quynh Bdap, réfugié reconnu par le HCR et défenseur des droits des minorités au Viêt Nam, pour lequel l’ACAT-France s’était mobilisée, a été extradé de force vers Hanoï par décision de la justice thaïlandaise.

Ces pratiques interviennent en dépit d’un cadre juridique qui les interdit explicitement. La loi thaïlandaise de 2022 sur la prévention et la répression de la torture et des disparitions forcées interdit toute expulsion, déportation ou extradition lorsqu’il existe des motifs sérieux de croire que la personne risque la torture ou une disparition forcée. Sur le plan international, la Thaïlande est partie à la Convention contre la torture depuis 2007 et liée par le principe de non-refoulement, pilier du droit international coutumier. Malgré les alertes des experts des Nations unies, la Thailande continue de violer ces obligations, adoptant une appréciation laxiste du risque de persécution et niant, au cas par cas, les dangers auxquels elle expose les personnes qu’elle refoule.

Appel à l’action

L’ACAT-France demande aux autorités thaïlandaises de libérer immédiatement et sans condition Zhang Xinyan, réfugiée reconnue par le HCR, et de renoncer à toute procédure d’expulsion ou de refoulement vers la Chine dans l’attente de sa réinstallation dans un pays tiers. Nous appelons les autorités thaïlandaises à garantir à Zhang Xinyan un accès plein et sans entrave au HCR et à un conseil juridique compétent pendant toute la durée de sa détention. L’ACAT-France demande également aux autorités thaïlandaises de cesser leur coopération avec les autorités chinoises dans le cadre de mesures d’expulsion forcée visant des ressortissants chinois exposés à des risques élevés de persécution, en vertu du droit international relatif au Droits de l’Homme et de sa propre législation.

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