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Mexique
Bonne nouvelle

Après 12 ans de prison au Mexique, Verónica Razo Casales est enfin libre !

En 2011, Verónica Razo Casales est accusée sans preuves d'enlèvement au Mexique. Pour obtenir des aveux, elle sera torturée, puis suivront les violences sexuelles. Grâce à votre mobilisation, un tribunal a ordonné sa libération immédiate !
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© Illustration Iris Hatzfeld
Le 24 / 01 / 2024

Le 3 janvier 2024, un tribunal de l'État de Mexico a estimé qu'il n'y avait pas suffisamment de preuves pour justifier le maintien en prison de Verónica Razo Casales. 

Son cas est un exemple des violations systématiques des droits de l’Homme au Mexique. Victime de détention arbitraire et de torture, et malgré les violences sexuelles commises par des agents de police, Verónica Razo Casales a passé plus de 12 ans en prison. 

L'ACAT-France se réjouit de sa libération et reste mobilisée pour que Verónica Razo Casales obtienne réparation intégrale des préjudices qu'elle a subis.

Des aveux obtenus sous la torture

Verónica Razo Casales a été arrêtée à Mexico le 9 juin 2011 alors qu'elle se promenait près de son domicile en compagnie de sa mère et de ses deux enfants mineurs. L'arrestation a été effectuée par sept policiers fédéraux habillés en civil. Ils n'ont pas présenté de mandat d'arrêt, ni décliné leur identité. Son frère Erick a lui aussi été arrêté le même jour.

Verónica et Erick ont ensuite été présentés, avec huit autres personnes, comme faisant partie d'un gang à l’origine d’enlèvements. Ils ont tous deux étés transférés dans les locaux de la police fédérale où ils ont été soumis à des actes de torture afin de leur faire avouer des crimes qu'ils n'ont jamais commis. Verónica Razo Casales a également été victime de torture sexuelle.

Après 36 heures de détention au secret, sans assistance juridique, ils ont été contraints de signer une déclaration dans laquelle ils avouaient être coupables de quatre enlèvements.

Une condamnation sans fondements

Le 27 mai 2022, après 11 ans de détention provisoire, un tribunal fédéral a enfin établi que Verónica et Erick avaient été détenus arbitrairement. Le tribunal les reconnaît aussi comme victimes de torture.

Le tribunal admet que les preuves étaient insuffisantes pour les inculper de crime organisé. Malheureusement, la décision ne concerne que trois des quatre enlèvements pour lesquels Verónica et Erick étaient poursuivis.

Alors qu'Erick a été libéré et acquitté, Verónica a été jugée coupable du quatrième enlèvement et condamnée à 25 ans de prison. Cette décision s’appuie sur deux témoins qui auraient reconnu Verónica, mais le déroulement du procès jette le doute sur la crédibilité de ces témoignages.

Enfin libre, mais la lutte continue !

Plusieurs mécanismes de protection de droits de l’Homme ont déposé plainte pour demander la libération de Verónica.

L'ACAT-France s'est jointe à ce combat. Depuis 2016, nous avons mené de nombreuses actions pour exiger justice pour la famille Razo Casales.

Le 6 juillet 2023, nous avons lancé un appel à mobilisation pour que deux recours déposés par l'Institut fédéral de défense publique obtiennent gain de cause. Objectif : la réouverture de la procédure pénale pour Verónica Razo Casales.

Grâce à notre soutien, le tribunal a enfin réexaminé les preuves puis ordonné l'acquittement et la libération immédiate de Verónica Razo Casales ! Il a jugé qu’il n'y avait plus de preuves pour incriminer Verónica Razo Casales dans cette affaire d’enlèvement.

« Je suis encore sous le choc. Je l'attendais avec impatience, mais c'est un changement très radical et je n'y crois toujours pas. Dieu merci, c'est déjà possible. Ma vie a été brisée et mes rêves ont été anéantis. J'ai été enterrée vivante et le pire, c'est que beaucoup sont dans la même situation que moi, des centaines et des centaines de camarades sont injustement emprisonnés. Les institutions doivent réparer les dégâts car personne ne peut me rendre mon temps »

– Verónica Razo Casales lors de sa libération.

L’ACAT-France se réjouit de cette bonne nouvelle, mais rappelle que les institutions mexicaines compétentes doivent assumer la responsabilité de telles violations. Elles doivent fournir une réparation intégrale suite aux graves dommages subis pendant 12 ans.

Le cas de Verónica Razo Casales doit servir d'exemple aux autorités pour mettre fin à ces pratiques illégales et arbitraires observées dans des cas similaires pour éviter que de tels actes de torture ne se répètent.

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