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Exécution William Lecroy : « Au revoir, grands-mères et amis de France, ma vie fut bien meilleure de vous avoir connus. ».

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Les avocats de William Emmett Lecroy ont tenté d’obtenir un sursis en faisant valoir qu’il avait été très mal défendu à son procès dans la mesure où des circonstances atténuantes patentes n’avaient pas été dûment présentées au jury. Ils ont également cherché à démontrer à quel point l’application de la peine de mort peut être arbitraire puisque l’auteur du meurtre du propre frère de William en 2010 a quant à lui échappé à la peine capitale. Cependant, comme pour les 5 condamnés fédéraux exécutés depuis le 14 juillet, rien n’a pu arrêter le plan de reprise des exécutions fédérales voulu par le président Trump avant la tenue des prochaines élections présidentielles le 3 novembre prochain. Un dernier condamné fédéral, Christopher Vialva, doit être exécuté ce jeudi 24 septembre.

William Emmett Lecroy faisait partie depuis plus de douze ans du programme de correspondance mené par l’ACAT-France. Il échangeait des lettres très régulières avec des militants de la région d'Épernay et de Reims. Jusqu’au bout, il a témoigné de l’importance de ce soutien dans sa vie et pour supporter des conditions de détention inhumaines. Début 2018, déjà très inquiet d’une probable reprise des exécutions fédérales, il écrivait à ses correspondants : « Merci à tous pour vos prières, votre amitié, vos encouragements, pensées affectueuses et votre solidarité. Vous nous apportez de la force et de l’espoir dans les heures où s’effondrent notre force et notre espoir. Bien que séparés par un océan, nous nous donnons la main, et nos cœurs sont connectés à travers notre prière commune pour la paix. » Dans sa dernière lettre d’adieu, le 16 août, il écrivait encore : « Au revoir, grands-mères et amis de France, ma vie fut bien meilleure de vous avoir connus. » 

Dans les jours et semaines qui ont précédé l’exécution de William, ses correspondants, mais aussi de nombreux autres militants qui correspondent avec d’autres condamnés, lui ont adressé des mots de soutien et ont organisé des veillées de prière pour l’accompagner et sensibiliser plus largement autour d’eux à l’injustice de la peine de mort.

L’ACAT-France gère son programme de correspondance depuis 1992. L’objectif est d’apporter un soutien moral décisif aux condamnés à mort et de contrecarrer les tentatives pour les déshumaniser. Actuellement, un peu moins de 10 % des condamnés à mort aux Etats-Unis sont ainsi soutenus, dont un autre condamné à mort fédéral, Billie Jerome Allen.

L’ACAT-France est contre la peine de mort en toutes circonstances : quels que soient la gravité du crime commis, le mode d’exécution, le profil de la personne condamnée, coupable ou pas, en temps de guerre ou non. Elle estime qu’il s’agit d’une atteinte à la dignité humaine et d’une violence extrême légalisée qui relève de la vengeance et non de la justice. Elle prône son abolition universelle et définitive.

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