Appel à mobilisation

La santé des trois journalistes de l’Association des journalistes indépendants du Viêtnam (IJAVN) est en danger

En janvier 2021, ces trois journalistes ont été condamnés à des peines allant de onze à quinze ans de prison chacun, pour avoir simplement exercé leur droit à la liberté d’expression. Depuis, ils sont toujours détenus, dans des conditions indignes.
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Le 23 / 06 / 2022

En janvier 2021, ces trois journalistes ont été condamnés à des peines allant de onze à quinze ans de prison chacun, pour avoir simplement exercé leur droit à la liberté d’expression. Depuis, ils sont toujours détenus, dans des conditions indignes.

Mobilisons-nous pour leur libération immédiate !

  • Téléchargez la lettre, personnalisez-la avec vos coordonnées et retournez-la par voie postale au Secrétariat national de l'ACAT-France qui renverra,  en ajoutant la mention « Appel à mobilisation Viêtnam » sur l'enveloppe.

Quelle est la situation de  Pham Chi Dung, Nguyen Tuong Thuy et de Le Huu Minh Tuan ?

L’IJAVN est une organisation de la société civile créée en 2014, aux fins de promouvoir le droit à la liberté d’expression, la liberté de la presse et la liberté d’association qui opérait pacifiquement, en ligne. L’ACAT-France se mobilise pour Pham Chi Dung, co-fondateur et président de l’association, Nguyen Tuong Thuy, son vice-président, et Le Huu Minh Tuan, l’un de ses membres.

Des conditions de détention contraires aux standards internationaux

Ces trois journalistes sont toujours incarcérés dans des conditions contraires aux standards internationaux, lesquels prévoient notamment l’accès à des soins médicaux adéquats. La communauté internationale condamne unanimement ces incarcérations. En effet, le 21 janvier 2021 le Parlement européen a voté une résolution d’urgence qualifiant les détentions des journalistes de l’IJAVN d’arbitraires. Aussi, des ONG telles que l’ACAT-France, tout comme les Nations unies, se sont fortement mobilisées afin d’obtenir leur libération.

D’après des informations recueillies par des proches au cours des visites effectuées dans les prisons où ceux-ci sont détenus, ces trois journalistes rencontrent actuellement d’importants problèmes de santé. Ainsi, depuis le 5 juin 2022, Pham Chi dung n’accepte plus la nourriture proposée dans la prison, pour protester contre l’absence de prise en charge médicale des détenus politiques dans la prison de Xuan Loc. En effet, les autorités de la prison leur refusent l’accès aux soins. Puis, Nguyen Tuong Thuy, qui est aujourd’hui âgé de 70 ans, souffre quant à lui de divers maux dont des douleurs au dos, une hypertension artérielle, la gale et une maladie intestinale. Les autorités du centre de détention d’An Phuoc ont refusé la requête soumise par sa famille pour le transférer dans un centre médical, en minimisant la gravité de son état de santé. Enfin, Le Huu Minh Tuan présente un état de santé très dégradé, raison pour laquelle, après deux ans, il a récemment changé de centre de détention. Désormais, il a la possibilité d’effectuer une sortie de 15 à 30 minutes par jour. Sa situation demeure toutefois préoccupante et ne peut demeurer en l’état.

Aussi, il apparaît que l’état de santé de ces journalistes est incompatible avec leur maintien en détention. L’ACAT-France demande leur libération immédiate.

Contexte

L’absence voire le refus de prise en charge médicale adéquate dans les prisons vietnamiennes

Alors que le droit à des soins médicaux adéquats pour les détenus est prévu par la Constitution vietnamienne, le Pacte international relatif aux droits civils et politiques, texte dont le Viêtnam est signataire, celui-ci n’est toujours pas respecté dans le pays. Depuis plusieurs années, de nombreux acteurs de la société civile ainsi que les Nations unies ont régulièrement appelé le gouvernement vietnamien à respecter ses engagements.

L’ACAT-France a recueilli le témoignage d’un prisonnier politique vietnamien libéré récemment, sur ses conditions de détention. Sa situation était similaire à celle des journalistes de l’IJAVN. Il fait valoir que, en détention provisoire, les soins médicaux consistaient en des examens très sommaires et la prescription d’antalgiques simples. Dans les centres de détention, seule une infirmière effectue une tournée quotidienne pour proposer une consultation ou un avis, éventuellement suivi d’une visite à un médecin en centre de permanence. Cependant, ces centres ne sont pas équipés pour conduire des examens approfondis. Du reste, seuls les prisonniers risquant d’engager leur pronostic vital sont susceptible d’être transférés à l’hôpital.

Dans la lignée de ce témoignage, les experts onusiens dénoncent régulièrement les conditions indignes dans lesquelles les journalistes sont détenus au Vietnam. En outre, de manière générale, de nombreux appels à mobilisation portés par des organisations internationales telles que l’Organisation mondiale conter la torture (OMCT) révèlent les mauvais traitements dont font l’objet les prisonniers vietnamiens.

Un environnement particulièrement hostile à l’exercice de la liberté de la presse

Enfin, ce témoignage met en lumière le traitement particulier réservés aux prisonniers politiques – tels que les journalistes de l’IJAVN – au sein des prisons vietnamiennes, puisqu’ils sont notamment regroupés dans des quartiers ou zones dédiées en prison, constitués de cellules de taille plus restreinte n’autorisant pas de mouvements et dépourvues de fenêtres.

D’après la dernière mise à jour de l’index pour la liberté de la presse élaboré par Reporters sans frontières (RSF), au moins 41 journalistes, dont ceux de l’IJAVN, sont actuellement détenus au Vietnam, qui se situe d’ailleurs à la 174ème place du classement, sur 180 pays examinés. Il apparaît que tout journaliste qui critique le Parti communiste encourt le risque d’être emprisonné, comme l’illustre le nombre croissant d’arrestations depuis 2019 de journalistes agissant aussi bien en ligne que via les médias traditionnels. Le rapport annuel le plus récent de l’ONG The 88 Project sur la situation des activistes et prisonniers politiques au Viêtnam fait état d’une claire augmentation du nombre d’arrestations de journalistes, jusqu’à atteindre un pic de 12 au cours de l’année passée. Un bilan inquiétant pour la liberté de la presse.

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