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Chine
Appel à mobilisation

L’état de santé inquiétant de Li Qiaochu est incompatible avec son maintien en détention

Li Qiaochu est une défenseuse des droits humains qui a milité pour les droits des femmes et des travailleurs, ainsi que pour les campagnes #MeToo en Chine. Elle a été arrêtée en février 2020 et de nouveau un an plus tard, quelques jours après avoir révélé sur Internet la torture dont les défenseurs des droits humains Ding Jiaxi et Xu Zhiyong, son compagnon, faisaient l’objet en détention.
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Le 05 / 05 / 2022

Mobilisons-nous pour demander sa libération !

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Qu'est-il arrivé à Lin Qiaochu ?

Une procédure judiciaire opaque

Suite à sa deuxième arrestation, le 6 février 2021, Li Qiaochu était officiellement enregistrée au centre de détention de la ville de Linyi, province de Shangdong. Toutefois, son avocat a appris qu’elle avait en réalité été mise en quarantaine à l’hôpital de la ville, période durant laquelle sa situation est demeurée opaque. Elle a ensuite réapparu, dans des circonstances incertaines, dans le centre de détention de Linyi. Puis, le procureur municipal a formulé plusieurs requêtes visant officiellement à obtenir des éléments d’enquête supplémentaires sur les faits qui lui étaient reprochés. Or, ces démarches ont ralenti sa procédure de mise en examen, qui n’a été prononcée officiellement par le parquet municipal de Linyi que le 28 février 2022, soit plus d’un an après son arrestation. Par ailleurs, jusqu’à présent, les autorités l’ont empêchée d’avoir recours à une aide juridique.  

En avril 2021, des experts des Nations unies ont fait valoir leur inquiétude quant à la détention de Li Qiaochu, qualifiant la procédure de contraire aux standards des droits humains. La Rapporteuse spéciale des Nations unies sur les défenseurs des droits humains a quant à elle qualifié les dispositions légales sur lesquelles étaient basées sa détention de « vagues et sujettes à interprétation arbitraire ».

Une dégradation de son état de santé en détention

Au cours de sa première détention au secret, en février 2020, Li Qiaochu, qui était cliniquement dépressive, a vu son état s’empirer. Elle a souffert d’attaques de paniques, de cauchemars, de manque de sommeil et de difficulté à dormir en raison des conditions dans lesquelles elle était détenue et de la surveillance constante dont elle faisait l’objet. En outre, elle présentait un déséquilibre hormonal inquiétant. Son avocat a appris en février 2022 que ces problèmes persistaient et qu’ils n’avaient toujours pas été pris en charge médicalement à ce jour, tandis qu’elle subit une deuxième détention. Aucune information n’est disponible sur ses possibilités d’accès aux soins médicaux dont elle a besoin, en violation des standards internationaux des droits de l’homme en matière de détention. Aussi, au vu de ces éléments, l’ACAT-France demande la libération immédiate et sans conditions de Li Qiaochu, qui a pacifiquement exercé son droit à la liberté d’expression, reconnu par la législation chinoise.

Contexte

De multiples entraves à l’exercice pacifique de la liberté d’expression

Li Qiaochu a été ciblée non seulement pour le libre exercice de sa liberté d’expression en faveur des droits des femmes et des travailleurs, mais également pour avoir dénoncé la torture et les mauvais traitements dont ont fait l’objet Ding Jiaxi et son partenaire Xu Zhiyong, deux défenseurs des droits humains pour lesquels l’ACAT-France s’est mobilisée qui sont toujours détenus à l’heure actuelle. 

Dans leur décision du 28 février 2022, les procureurs ont accusé Li Qiaochu d’être « profondément influencée par les pensées subversives » de son partenaire Xu Zhiyong, qu’elle a par ailleurs aidé pour qu’il publie ses dénonciations en ligne. Ainsi, son arrestation s’inscrit dans une volonté de la part des autorités chinoises de faire le silence sur les conditions dans lesquelles les défenseurs des droits humains sont détenus.

Pour rappel, Xu Zhiyong est en détention depuis le 15 février 2020 pour avoir critiqué la gestion de la crise du coronavirus par le président Xi Jiping. L’ACAT-France continue à réclamer la libération immédiate et sans conditions des activistes Ding Jiaxi et Xu Zhiyong.

Des mesures nécessaires et spécifiques pour protéger les femmes défenseuses des droits

Plus de quarante ans après avoir ratifié la Convention onusienne sur l’élimination de toutes les formes de discrimination à l’égard des femmes (CEDAW), la Chine ne tient toujours pas ses engagements vis-à-vis des défenseuses des droits humains. Dès 2013, le groupe de travail des Nations-Unies sur les discriminations à l’égard des femmes a appelé à ce que les femmes défenseuses des droits puissent militer librement, interpellant les autorités chinoises pour qu’elles leur fournissent des protections juridiques, et que le pays puisse atteindre l’objectif d’égalité de genre auquel il a souscrit. Puis, en novembre 2014, le Comité CEDAW a exhorté le gouvernement chinois à prendre toutes les mesures nécessaires afin de protéger les femmes défenseurs des droits.

Or, dans la lignée de Huang Xueqin, journaliste pionnière du mouvement #MeToo pour laquelle l’ACAT-France est toujours mobilisée, Li Qiaochu fait aujourd’hui l’objet d’une procédure indue pour avoir notamment défendu le respect des droits des femmes, dans un pays qui ne respecte pas ses propres engagements à ce sujet.

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