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Chine
Appel à mobilisation

Huang Xueqin, doublement condamnée pour avoir défendu les droits des femmes

Huang Xueqin est une journaliste et militante féministe : elle a notamment lancé le mouvement #MeToo en Chine. Pour cette raison, et pour avoir publié à l’époque des écrits sur les manifestations pro-démocratie à Hong Kong, elle a déjà fait l’objet d’une première détention en 2019. Elle a de nouveau été arrêtée il y a un an et est depuis détenue arbitrairement, accusée d'« incitation à la subversion de l’État ».
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Le 21 / 09 / 2022

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Une procédure marquée par le secret, obstacle à l’exercice de droits fondamentaux

Le 19 septembre 2021, Huang Xueqin a été enlevée de force par la police à Guangzhou alors qu’elle s’apprêtait à se rendre le lendemain au Royaume-Uni pour y poursuivre ses études. Elle se trouvait au domicile d’un autre activiste, Wang Jianbing, avec lequel elle se réunissait régulièrement dans un cadre privé. De ce fait, ils ont été arrêtés en même temps.

Concernant Huang Xueqin, sa famille est demeurée sans nouvelles durant plusieurs semaines avant de recevoir un avis de détention. Et, ce n’est qu’après six mois de détention – dans des conditions inconnues, a priori à l’isolement – que son cas a finalement été soumis au bureau du procureur de Guangzhou, délai durant lequel elle n’était donc pas en mesure de se défendre. Par la suite, elle a été privée de la visite de son avocate, laquelle a du reste été rapidement révoquée de l’affaire, via un courrier dont l’authenticité est remise en cause car les deux femmes entretenaient des liens proches et que cette décision est intervenue deux semaines seulement après sa désignation. Cette avocate a tenté de faire confirmer son renvoi par Huang Xueqin en personne, mais, de nouveau, la visite lui a été refusée par les autorités pénitentiaires : il semble que cette révocation a été forcée. Ainsi, depuis son arrestation, la journaliste a été privée de la visite de sa famille et de tout recours à une aide juridique, y compris de l’avocat qui lui a finalement été commis d’office par les autorités de Guangzhou.

Par conséquent, il apparaît que Huang Xueqin a subi de nombreuses violations de ses droits : disparition forcée, procédure judiciaire inique ne respectant pas les standards internationaux des droits humains sur le procès équitable… Pour lesquelles elle a droit à réparation. L’ACAT-France, aux côtés d’autres ONG, demande à ce que les autorités chinoises la libèrent immédiatement et sans conditions, qu’elle puisse communiquer avec ses proches et recourir à une aide juridique.

Contexte

Une double condamnation pour des motifs similaires

Huang Xueqin a été arrêtée en même temps que Wang Jianbing – un défenseur engagé dans la défense du droit du travail et des droits des personnes handicapées - censément pour les mêmes motifs. Or, ils ont fait l’objet de traitements différenciés, en défaveur de Huang Xueqin : contrairement à cette dernière, Wang Jianbing a notamment été en mesure de rencontrer son avocat à trois reprises et il a pu récupérer son droit de correspondance en détention. 
Des sources proches de Huang Xueqin avec lesquelles l’ACAT-France s’est entretenue confirment que cette inégalité de traitement résulte de son engagement en faveur des droits des femmes et du mouvement #MeToo, qui la désigne comme accusée principale dans cette affaire, même si elle avait déjà fait l’objet d’une première détention en 2019 pour ces motifs et purgé la peine afférente.  Pourtant, les autorités chinoises n’en font pas mention dans les charges retenues à son encontre : si les autorités affirment que cette deuxième détention est seulement due à sa participation à des réunions hebdomadaires chez Wang Jianbing durant près d’une année, perçus comme des rassemblements politiques à caractère subversif, il apparaît en réalité que la journaliste est aussi et de nouveau ciblée en tant que défenseuse des droits des femmes, d’autant qu’elle bénéficie d’une notoriété internationale.

Une volonté de faire taire les revendications en faveur des droits des femmes

L’arrestation de Huang Xueqin s’inscrit dans un contexte de répression accrue et ciblée envers les militantes féministes en Chine. En effet, depuis 2015, un nombre croissant d’organisations de la société civile et de défenseuses œuvrant en faveur des droits des femmes ont fait l’objet de répressions de la part des autorités, aux fins de faire taire leurs revendications. L’arrestation récente de Li Qiaochu, une autre défenseuse des droits humains impliquée dans le mouvement #MeToo pour laquelle l’ACAT-France se mobilise, l’illustre également. Or, la Chine a ratifié la Convention onusienne sur l’élimination de toutes les formes de discrimination à l’égard des femmes (CEDAW) il y a plus de quarante ans. Ces arrestations montrent que la Chine ne respecte pas ses propres engagements internationaux en la matière.

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