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Menacé de mort et harcelé pour qu’il abandonne son appel

Dans l’attente de son procès en appel, le militant Nguyen Ngoc Anh est la cible de menaces et de harcèlement de la part de co-détenus, avec l’aval des autorités pénitentiaires.
Nguyen-Ngoc-Anh - (c) Facebook An Duong Nguyen Phu
Nguyen Ngoc Anh lors d’une manifestation en faveur de l’environnement. Photo tirée de la page Facebook An Duong Nguyen Phu
Le 25 / 09 / 2019

A la suite d’une visite le 6 septembre dernier, l’épouse de Nguyễn Ngọc Ánh a révélé que son mari était victime d’actes de harcèlement perpétrés sans relâche par des co-détenus au centre de détention de Binh Phu, dans la province de Ben Tre, sans que les autorités ne réagissent.

Détenu dans la section réservée aux criminels de droit commun, Nguyen Ngoc Anh a rapporté avoir été battu avec des ustensiles de cuisines, empêché d’accéder à son couchage et constamment insulté. Plusieurs co-détenus l’ont menacé de mort en affirmant qu’ils ne seraient même pas tenus responsables de son décès – un signe selon Nguyen Ngoc Anh qu’ils bénéficient de la protection de l’administration du centre de détention. Le militant a également surpris une conversation entre son co-détenu et un autre prisonnier, au cours de laquelle son co-détenu admettait à contrecœur qu’il allait devoir attaquer et tuer Anh pour obéir à « leurs » ordres.

Il est courant que des prisonniers de droit commun se voient offrir des réductions de sentences en échange d’actes de harcèlement voire de violence à l’encontre de prisonniers politiques, afin d’épuiser ces derniers et les forcer à plaider coupable. La police a également confisqué les effets personnels de Nguyen Ngoc Anh et a puni des prisonniers ayant fait preuve de sympathie avec lui.

Comme nombre de Vietnamiens, Nguyen Ngoc Anh, un éleveur de crevettes de 38 ans du Sud du Vietnam, avait pris l’habitude de partager sur Facebook ses commentaires sur l’actualité des questions sociales, politiques et environnementales de son pays. A cause de ses écrits, il a été arrêté le 30 août 2018 et placé en détention. Le 6 juin 2019, un tribunal provincial l’a condamné à six ans de prison pour ses publications « anti-Etat » en vertu de l’article 117 du Code pénal vietnamien (anciennement article 88), assortis de cinq ans d’assignation à résidence. N’ayant pas bénéficié de représentation légale en première instance, Nguyen Ngoc Anh a engagé un avocat pour préparer son recours en appel mais n’a pas encore été autorisé à le rencontrer pour préparer sa défense.

 

Vous voulez soutenir Nguyen Ngoc Anh ?

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Contexte

Les écrits en ligne de plus en plus criminalisés

En l’absence d’une presse indépendante, et dans un pays où la société civile est bâillonnée, Facebook constitue le dernier espace d’expression libre des Vietnamiens. Les défenseurs des droits humains, mais également les citoyens en général, y commentent l’actualité sociale, environnementale et politique, partagent des livestreams de manifestations ou des photos attestant des brutalités policières. Conscient du potentiel de mobilisation qu’offre la plateforme, le Vietnam a pris des mesures pour en contrôler les contenus. Depuis quelques années, les publications Facebook apparaissent nommément dans les dossiers d’accusation de dissidents et sont utilisées pour délivrer des condamnations iniques. Le 1er janvier 2019 est entrée en vigueur la loi sur la cyber sécurité qui, sous couvert de lutte contre la cybercriminalité et au nom de la sécurité nationale, porte gravement atteinte à la liberté d’expression en ligne.

Violation de la Convention contre la torture

Il est courant que d’anciens prisonniers d’opinion témoignent d’actes de violence et d’intimidation commis par d’autres détenus, soutenus par les gardiens. Selon les défenseurs des droits humains vietnamiens, ces actes de harcèlement physique et moral sont commandités par le personnel pénitentiaire afin de renforcer les conditions de stress intense auxquelles sont soumis les dissidents, en violation claire des textes vietnamiens et internationaux censés assurer le respect des droits des personnes détenues. Rappelons que la Convention contre la torture, ratifiée par le Vietnam en 2015, interdit tous les « actes constitutifs de peines ou traitements cruels, inhumains ou dégradants […] commis par un agent de la fonction publique ou toute autre personne agissant […] à son instigation ou avec son consentement exprès ou tacite. »

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