France
Actualité

Je soutiens les exilés à la rue à Paris

Depuis le 3 août 2016, des centaines de demandeurs d’asile contraints de vivre à la rue ont été interpelés par la Préfecture de police de Paris, au lieu d’être mis à l’abri.
Capture-nov-am
Le 25 / 10 / 2016

Des opérations d’expulsion qui violent le droit d’asile

Ils sont Soudanais, Erythréens ou Afghans. A leur arrivée à Paris, des milliers d’exilés sont contraints de vivre à la rue, souvent pendant plusieurs semaines, en attendant de pouvoir enregistrer leur demande d’asile, puis d’avoir accès à une structure d’hébergement. Face à cette situation, la réponse de la Préfecture de police de Paris a été de multiplier les opérations policières, pour empêcher par tous les moyens la reformation de campements improvisés. Entre le 3 août et le 20 septembre, plus de 200 exilés ont ainsi reçu une obligation de quitter le territoire français (OQTF). Parmi eux, des dizaines ont été immédiatement placés en centre de rétention administrative (CRA). Pourtant, toutes ces personnes étaient soit en demande d’asile, soit en attente de pouvoir enregistrer leur demande de protection. Ces opérations d’expulsion et les conditions de vie indignes dans lesquelles sont maintenues ces personnes, constituent des violations manifestes du droit d’asile.

Un accès très difficile à la procédure d’asile et à l’hébergement

Le droit international, européen et français impose à l’Etat d’offrir un accueil, un hébergement et un accompagnement dignes aux demandeurs d’asile et réfugiés. Il interdit également leur renvoi vers un pays dans lequel leur vie est menacée. Pourtant, dans de nombreuses villes, les délais d’attente pour enregistrer une demande d’asile peuvent prendre plusieurs mois, faute de places suffisantes, et ce bien au-delà du délai légal de 3 à 10 jours. Durant ce temps, les exilés vivent dans la rue et sont exposés au risque permanent d’être expulsés. Seule la moitié des demandeurs d’asile enregistrés bénéficie ensuite d’un hébergement, souvent après des mois d’attente.

Un manque de volonté politique

Cette situation, qui n’est pas nouvelle, témoigne des défaillances profondes de la politique d’asile française depuis de nombreuses années. Les dispositifs de premier accueil étaient déjà notoirement saturés avant la réforme de 2015, qui a étendu leurs missions mais pas leurs moyens. Et si l’Etat a créé de nombreuses places d’hébergement en deux ans, plusieurs dizaines de milliers manquent encore… Cet effort doit se poursuivre, et des solutions durables doivent être mises en place pour que la France respecte ses obligations légales.

Lettre d'intervention à télécharger

Articles associés

Communiqué
Gaza-Airstrike-20231010_by-Wafa-APAimages
FranceIsraëlPalestine

Action juridique pour stopper les livraisons d’armes à Israël

Le 12 / 04 / 2024
L'ACAT-France et un ensemble d'ONG de défense des droits de l'Homme saisissent la justice en urgence pour stopper les ventes d'armes par la France à Israël. Objectif : obliger la France à respecter le droit international, qui interdit de transférer des armes vers un pays susceptible de les utiliser pour commettre de graves crimes internationaux. Par ces transferts, la France contribue au risque de faire basculer le droit légitime d'Israël à se défendre en génocide.
Actualité
Police-France_1160x600_by-Frederic-Legrand-COMEO
France

Usage excessif de la force par la police : la France persiste

Le 15 / 03 / 2024
Le 15 mars est la Journée internationale contre les violences policières. L’occasion pour l’ACAT-France de revenir sur les recommandations adressées par l’ONU au gouvernement français pour encadrer l’usage de la force par la police et la gendarmerie. Après son « examen périodique universel », c’est-à-dire son bilan en matière de droits de l’Homme, quelles recommandations la France a-t-elle accepté de mettre en œuvre ? Lesquelles ont été retoquées ? Analyse.
Actualité
BADINTER-ACTU-20240209
France

Hommage à Robert Badinter

Le 09 / 02 / 2024
Artisan de l’abolition de la peine de mort, Robert Badinter a permis à la France d’entrer dans le cercle très restreint des pays abolitionnistes en 1981. Son action pour les droits de l’Homme a inspiré et continue d’inspirer celle de l’ACAT-France qui lui rend ici hommage.