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Protégeons Gabriel Leonidas Putoy Cano et Frère Rafael Aragón face à la répression du régime Ortega-Murillo .

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Protégeons Gabriel Leonidas Putoy Cano et Frère Rafael Aragón. Mettons fin à la répression des exilés, des défenseurs des droits humains et des voix critiques du Nicaragua.

Pour agir, envoyez un email et/ou téléchargez la lettre, personnalisez-la avec vos coordonnées et retournez-la par voie postale à José Daniel Ortega Saavedra et Rosario Murillo Zambrana, Présidents de la République du Nicaragua

La répression exercée par le régime de Daniel Ortega et Rosario Murillo ne s’arrête pas aux frontières du Nicaragua. Elle vise également les personnes contraintes à l’exil ainsi que les voix critiques qui continuent de dénoncer les violations des droits humains depuis l’étranger. Gabriel Leonidas Putoy Cano, prisonnier politique réfugié au Costa Rica, et Frère Rafael Aragón, religieux dominicain espagnol expulsé du pays dont il possède pourtant la nationalité, en sont deux illustrations emblématiques.

Une répression qui poursuit les exilés

Originaire du quartier de Monimbó, à Masaya, Gabriel  est enseignant en mathématiques. Arrêté dans le contexte de la répression qui a suivi le soulèvement d’avril 2018, il a été détenu arbitrairement pour ses activités et prises de position critiques à l’égard du régime.

Au cours de sa détention, il a subi des actes de torture et des mauvais traitements, notamment des coups, des privations de nourriture, et des violences physiques et psychologiques. Depuis sa libération et son exil au Costa Rica, les représailles se poursuivent. En 2023, il a été déchu de sa nationalité, ses biens ont été confisqués et son existence administrative a été effacée des registres civils et académiques du pays.

Fin 2025, une nouvelle ordonnance d’arrestation a été émise à son encontre par les autorités nicaraguayennes. Selon ses déclarations, cette mesure a eu des conséquences directes sur sa vie au Costa Rica, où il bénéficie pourtant du statut de réfugié. Des établissements bancaires lui ont refusé l’ouverture d’un compte en raison de cette procédure. Parallèlement, plusieurs membres de sa famille et des proches restés au Nicaragua ont été arrêtés ou interrogés au sujet de son lieu de résidence. Depuis huit ans, il n’ose plus communiquer avec sa famille par crainte de mettre celle-ci en danger.

Les situations de Gabriel et de Rafael illustrent l’évolution de la répression du régime Ortega-Murillo. Les personnes critiques ne sont plus seulement visées à l’intérieur du pays : elles demeurent exposées à des mesures de harcèlement et d’intimidation même après leur départ du Nicaragua. Cette répression transnationale a des conséquences graves sur les exilés et leurs familles. Elle contribue à maintenir un climat de peur, à isoler les défenseurs des droits humains et à fragiliser les communautés nicaraguayennes réfugiées dans les pays voisins, notamment au Costa Rica, qui accueille plusieurs centaines de milliers de personnes ayant fui la crise. 

Une Église catholique prise pour cible

La répression touche également les responsables religieux qui refusent de se soumettre au contrôle du pouvoir. Frère Rafael Aragón, religieux dominicain espagnol naturalisé nicaraguayen, a consacré près de quarante années de sa vie au Nicaragua. Figure reconnue de la théologie de la libération et défenseur des populations les plus vulnérables, il a longtemps exercé son ministère dans le pays.

En avril 2023, alors qu’il revenait d’un séjour en Espagne, les autorités nicaraguayennes lui ont interdit l’entrée sur le territoire national. Depuis, il vit en exil au Costa Rica. Cela s’inscrit dans un contexte plus large de répression contre l’Église catholique.

Les autorités exercent un contrôle étroit sur les responsables religieux. Plusieurs cas de prêtres et religieux détenus, torturés ou expulsés ont été documentés, ainsi que l’expulsion de centaines de membres du clergé. Le gouvernement cherche à neutraliser toute voix dissidente et à imposer un contrôle politique de l’Église, notamment par la surveillance des prêtres, le contrôle des sermons et la restriction de certaines pratiques religieuses publiques : présence policière autour des églises, surveillance des fidèles, interdiction des processions. Dans ce contexte, les lieux de culte se vident malgré la persistance d’une forte pratique religieuse.

Depuis son exil, Frère Rafael continue de dénoncer les atteintes aux libertés fondamentales au Nicaragua et d’accompagner les personnes réfugiées.

Contexte

Depuis plusieurs décennies, le Nicaragua est marqué par des violations récurrentes des droits humains, qui se sont intensifiées ces dernières années. Les instances internationales et les ONG de défense de droits humains ont documenté des centaines de morts, des milliers d’arrestations arbitraires, des actes de torture, des disparitions forcées et des atteintes systématiques aux libertés fondamentales.

Le gouvernement de Daniel Ortega et Rosario Murillo a progressivement réduit au silence les espaces de contestation. Les médias indépendants ont été fermés ou contraints à l’exil, des organisations de la société civile ont été dissoutes et des centaines d’opposants politiques ont été emprisonnés, expulsés ou déchus de leur nationalité.

Un combat pour la liberté et la dignité

Au-delà de leurs parcours individuels, Gabriel et Frère Rafael incarnent la résistance de celles et ceux qui continuent de dénoncer les violations des droits humains au Nicaragua malgré les risques encourus.

Appel à l’action

L’ACAT appelle les autorités nicaraguayennes à mettre fin aux mesures de harcèlement et de persécution visant Gabriel Leonidas Putoy Cano et sa famille, à annuler les procédures engagées contre lui et à garantir le respect de ses droits fondamentaux.

Elle demande également aux autorités nicaraguayennes de lever l’interdiction de retour frappant Frère Rafael Aragón et de mettre un terme aux atteintes à la liberté de religion et à la répression visant les membres de l’Église catholique.

L’ACAT appelle enfin les autorités costariciennes à renforcer la protection des réfugiés nicaraguayens, à dénoncer les pratiques de répression transnationale du régime Ortega-Murillo et à soutenir les défenseurs des droits humains contraints à l’exil.

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