Kenia Hernández, une défenseure criminalisée
Kenia Inés Hernández Montalván est une défenseure amuzga des droits humains, avocate et féministe, originaire du Guerrero. Fondatrice du Colectivo Libertario Zapata Vive, elle défend les droits des peuples autochtones, de la terre, et des prisonniers politiques.
En raison de son engagement, Kenia a été menacée de mort par des groupes armés et contrainte de quitter le Guerrero en 2019. Le 18 octobre 2020, elle a été arrêtée par une vingtaine de policiers, sans information claire sur les raisons de son arrestation. Quelques jours plus tard, alors qu’un juge venait d’ordonner sa remise en liberté, elle a de nouveau été arrêtée et transférée dans une prison fédérale de haute sécurité.
Une justice utilisée pour punir la protestation
Depuis 2020, Kenia a été mise en cause dans dix procédures pénales. Son dossier est marqué par beaucoup irrégularités : usage excessif de la force, restrictions imposées à sa défense, absence d’interprétation en amuzgo, refus d’intégrer certains éléments de preuve et campagne de stigmatisation publique. Ses conditions de détention ont aussi été dénoncées : isolement, restrictions de visites, difficultés de communication avec sa famille et ses avocats, alimentation et eau de mauvaise qualité.
Aujourd’hui, huit procédures fédérales sont closes. Il ne reste que deux condamnations prononcées dans l’État de Mexico, qui représentent plus de vingt ans de prison. Ces deux décisions font aujourd’hui l’objet de recours en amparo, un mécanisme mexicain de protection des droits fondamentaux. Leur examen constitue une occasion décisive de mettre fin à l’injustice qu’elle subit depuis plus de 2 000 jours.
Exigeons justice et liberté pour Kenia
Le cas de Kenia illustre un usage abusif du système judiciaire contre les personnes qui défendent les droits humains. En tant que femme autochtone défenseure des droits, elle devrait bénéficier d’une protection renforcée, et non être punie pour son engagement. L’ACAT-France demande aux autorités judiciaires mexicaines d’examiner les recours en amparo conformément aux standards internationaux relatifs aux défenseurs des droits humains et au droit de manifester pacifiquement.