• Appel à mobilisation

Demandons la libération de Saïda El-Alami, condamnée pour avoir dénoncé le régime marocain.

  • Détention

Mobilisons-nous pour demander la libération immédiate de Saïda El -Alami

Pour agir, envoyez un email et/ou téléchargez la lettre, personnalisez-la avec vos coordonnées et retournez-la par voie postale à Son Excellence Monsieur Aziz Akhannouch, Premier ministre du Royaume du Maroc

En détention depuis sept mois, la militante des droits humains et blogueuse marocaine, Saïda El-Alami, a été arrêtée le 1er juillet 2025 à Casablanca et jugée sans avocat. À l’issue d’un procès inique, elle  a été condamnée en septembre 2025 à trois  ans de prison pour   « diffusion de fausses allégations », « outrage à magistrat » et « dénonciation d’une infraction » qui n’a pas été précisée. Elle aurait récemment subi des atteintes à son intégrité physique en prison.  L’ACAT-France demande sa libération immédiate.

Qui est Saïda El-Alami ?

Saïda El-Alami est une défenseure des droits humains et blogueuse marocaine née en 1974. Membre active de l’organisation Les femmes marocaines contre la détention politique, elle est engagée sur les réseaux sociaux et dénonce la corruption, les abus de pouvoir et la répression des libertés d’opinion et d’expression. Elle est arrêtée en 2022 et condamnée à trois ans de prison ferme pour avoir dénoncé les actions et la corruption au sein des services de sécurité et de la justice, avant d’obtenir la grâce du roi Mohammed VI.

Une violation du droit à un procès équitable

Le 1er juillet 2025, Saïda El-Alami est de nouveau arrêtée et placée en détention provisoire sans avoir pu échanger avec un avocat. Elle est ensuite inculpée pour « diffusion de fausses allégations » et « outrage envers des corps constitués » en lien avec ses activités sur les réseaux sociaux. Saïda entame une grève de la faim pour protester contre son arrestation arbitraire et la violation des normes internationales notamment en ce qui concerne le droit à un procès équitable. Finalement, le verdict de son procès, rendu le 16 septembre 2025 et confirmé à nouveau en appel le 17 décembre, la condamne à trois ans de prison ferme ainsi qu’à une amende de 20 000 dirhams (environ 1 840 euros) tandis que ses avocats considèrent le dossier vide.

Une entrave aux libertés d’opinion et d’expression

Saïda El-Alami milite pacifiquement depuis toujours, et les actions en justice prononcées à son encontre constituent un moyen de réduire son expression et de la baillonner. Elle dénonce régulièrement, à travers ses réseaux sociaux et en participant à des manifestations pacifiques, la corruption du régime, le rétrécissement de l’espace civique et la répression politique imposée par l’État marocain.

En décembre 2025, l’ONG Alkarama a dénoncé les mauvais traitements subis par Saïda El-Alami de la part des agents pénitenciers, en lien avec le recours déposé auprès du Groupe de travail des Nations Unies sur la détention arbitraire (GTDA). Cette détention viole la règle n°1 des Règles Nelson Mandela (relatives au traitement des détenus) qui stipule que le respect de la dignité et de la valeur inhérente à la personne humaine doit être garanti et interdit tout traitement inhumains et dégradant des personnes détenues.

Contexte

La condamnation arbitraire et les mauvais traitements subis en prison par Saïda El-Alami s’inscrivent dans un contexte répressif de la part du pouvoir marocain contre les voix dissidentes. La nouvelle Constitution, promulguée à la suite des contestations populaires de 2011 portées par le mouvement « 20 février » consacrait en son corps  « Un État de droit démocratique », qui, confronté à la définition donnée par les Nations Unies en 2012 pourrait s’entendre comme un Etat de droit au service de la démocratie, assurant la séparation des pouvoirs, l’indépendance des institutions représentatives et juridictionnelles garantissant les droits et libertés fondamentaux. Cependant, depuis lors, l’autoritarisme marocain ne semble pas respecter ses engagements. En 2017 déjà, les contestations portées par le mouvement Harik populaire du Rif ont été violemment réprimées et ont conduits aux arrestations et aux condamnations d’un nombre significatif de manifestants qui usaient pourtant de leur droit de manifester. Depuis quelques années, les journalistes, les défenseur.e.s des droits humains et les opposants politiques sont également pris pour cible par le pouvoir, comme Fouad Abdelmoumni, célèbre défenseur des droits humains marocain, arrêté en octobre 2024. Un expert des droits de l’homme de l’ONU avait, à ce titre, déjà dénoncé la « répression » contre les défenseur.e.s des droits de l’homme en 2021.

La jeunesse marocaine violemment réprimée lors des manifestations de Gen Z 212

Plus récemment, le collectif Gen Z 212 a encouragé la jeunesse marocaine à se mobiliser pour réclamer des réformes dans les secteurs de la santé et de l’éducation, mais aussi pour lutter contre la corruption et l’oppression sociale, revendiquer  un accès à l’emploi et pour la libération de détenus d’opinion. Nées sur les réseaux sociaux, les contestations populaires ont débuté le 27 septembre, et se sont poursuivies durant le mois d’octobre dans tout le Maroc.

Malgré le caractère pacifique adopté par les manifestants, la réponse des autorités marocaines a été ferme et violente, outrepassant une fois encore les engagements du pays en termes de droits fondamentaux, tant en vertu du droit international que national. La Constitution précise l’attachement du Maroc aux droits de l’Homme et notamment au droit de manifester pacifiquement. Le rapport publié par l’association marocaine des Droits de l’Homme (AMDH) le 25 octobre 2025, qui vise à suivre les différentes violations des Droits de l’Homme commises pendant les manifestations du collectif Gen Z 212, dénonce « un usage excessif de la force, des insultes, des humiliations ainsi que des méthodes de répression et d’intimidation psychologique et physique ». L’AMDH explique que l’État justifie ses interventions et la répression par l’interdiction des manifestations alors même que la Cour de cassation s’était déjà prononcée sur le sujet, affirmant qu’aucune autorisation ni notification préalable n’est nécessaire. L’association déplore également la mort de trois jeunes, tués par balles, et des jets de pierres utilisés par les forces de l’ordre pour disperser les manifestants. Lors de ces manifestations, l’association constate la tendance de l’État à procéder à des arrestations massives, signalant notamment l’arrestation de 2 100 jeunes et mineurs. Le 15 octobre, les premiers jugements ont été prononcés avec des peines allant de quelques mois jusqu’à 15 ans de prison pour certains détenu.e.s. Les médias ont, une fois de plus, été la cible de l’Etat. De nombreux journalistes ont été arrêtés ou empêchés d’exercer leur fonction, et certaines lignes éditoriales qui couvraient les évènements ont reçu des messages visant à imposer un discours officiel et occulter la vérité.

Appel à l’action

L’ACAT-France s’était déjà mobilisée pour la libération de Saïda El-Alami lors de sa première condamnation en 2023. Une fois de plus, l’ACAT-France appelle les autorités marocaines à libérer immédiatement et sans condition la militante Saïda El-Alami. Nous exhortons le Maroc à élargir l’espace civique et à libérer tous les prisonniers politiques. Le Maroc, signataire du Pacte international sur les droits civils et politiques (PIDCP) des Nations unies, doit respecter ses obligations internationales ainsi que les droits fondamentaux de ses citoyens. 

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