Entre le lundi 30 mars 2026 et le mardi 31 mars 2026, quatre prisonniers politiques, Ali Akbar Daneshvarkar, Mohammad Taghavi Sangdehi, Pouya Ghobadi et Babak Alipour ont été exécutés à l’issue de simulacres de procès expéditifs menés par le Tribunal révolutionnaire de Téhéran. Leurs deux co-accusés Vahid Bani-Amerian et Abolhassan Montazer risquent, plus que jamais, d’être exécutés à leur tour. L’ACAT-France condamne fermement ces exécutions et se mobilise pour demander la suspension de la condamnation à mort de Vahid Bani-Amerian et Abolhassan Montazer.
Rappel des faits
Les médias d’État iraniens ont d’abord annoncé, le lundi 30 mars 2026, la mort des prisonniers politiques Mohammad Taghavi Sangdehi et Ali Akbar Daneshvarkar. Le mardi 31 mars 2026, Pouya Ghobadi et Babak Alipour ont, à leur tour, été exécutés.
Vahid, Abolhassan, Mohammad, Ali, Pouya et Babak avaient, tous les six, été arrêtés entre 2023 et 2024. Ils avaient été condamnés à mort sous des accusations de « rébellion armée » (baghy) et d’« appartenance à l’Organisation des Moudjahidines du Peuple d’Iran (OMPI) » par la branche 26 du Tribunal révolutionnaire de Téhéran, après des aveux extorqués sous la torture. Chacun d’entre eux a aussi été condamné à des peines supplémentaires d’emprisonnement pour des chefs d’accusation tels que « réunion et collusion contre la sécurité nationale. » Durant leur détention, ils ont été forcés à prononcer des aveux, ont subi des actes de torture physique et psychologique, des simulations d’exécutions, ils ont été placés à l’isolement et n’ont pas eu accès à leur avocat.
Contexte
Ces pendaisons s’inscrivent dans un schéma de vengeance étatique qui s’accélère dangereusement. Elles font directement écho aux exécutions de deux autres dissidents, Behrouz Ehsani (70 ans) et Mehdi Hassani (48 ans), survenues le 27 juillet, peu après la guerre des Douze jours. A l’heure actuelle, tandis que la guerre au Moyen-Orient bat son plein, l’Iran intensifie la répression à l’égard de sa population, se sert ouvertement de cette crise pour purger les prisons de ses opposants et tente d’étouffer le cri du peuple iranien. Le régime poursuit les arrestations massives puisqu’il a annoncé plus de 2000 arrestations depuis le début de la guerre. Enfin, la peine de mort est instrumentalisée pour terroriser les Iraniens. Entre début 2026 et le début de la guerre le 28 février 2026, dans le contexte de la répression menée à la suite des manifestations survenues entre décembre 2025 et janvier 2026, l’Iran a exécuté au moins 141 prisonniers selon IHRNGO. Les autorités ont adopté une politique répressive encore plus violente depuis le début de la guerre contre les États-Unis et Israël puisque huit prisonniers ont déjà été exécutés dont Kourosh Keyvani, Saleh Mohammadi, Saeed Davodi et Mehdi Ghamesi. Les vies des prisonniers iraniens sont plus que jamais en danger, à la fois menacées par l’État qui a annoncé une “action ferme sans aucune tolérance ni indulgence” à l’égard des prisonniers. Mais, les prisonniers se trouvent aussi sous la menace de potentiels bombardements ennemis, au regard des frappes menées par Israël sur la prison d’Ervin à Téhéran le 22 juin 2025 durant la guerre des Douze jours.
La machine répressive iranienne est exacerbée depuis le début de la guerre et nie tous les droits fondamentaux. Pourtant, l’attention du monde est détournée. Il est impératif de nous mobiliser pour interrompre cet engrenage mortifère mené par le régime iranien.
Appel à l’action
L’ACAT-France et son réseau militant se mobilisent pour empêcher les exécutions imminentes de Vahid Bani-Amerian et Abolhassan Montazer. Le droit à la vie est inhérent à la personne humaine. Aucune autorité ne devrait s’arroger le pouvoir de vie ou de mort. Nous exhortons le Président de la République islamique d’Iran, Monsieur Masoud Pezeshkian, à suspendre immédiatement et sans condition, l’exécution de Vahid Bani-Amerian et Abolhassan Montazer.
Nous condamnons avec la plus grande fermeté et sans équivoque, les exécutions extrajudiciaires de Mohammad Taghavi Sangdehi, Ali Akbar Daneshvarkar, Pouya Ghobadi et Babak Alipour.
Enfin, nous exhortons les autorités iraniennes à cesser définitivement d’utiliser la peine de mort comme arme de répression politique.