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Guinée
Appel urgent

Libérez le militant Oumar Sylla dans l’attente de son procès en appel !

Après quatre mois de détention arbitraire, Oumar Sylla – alias Foniké Menguè – coordinateur de la mobilisation du Front national pour la défense de la Constitution (FNDC) et coordinateur adjoint de Tournons la page (TLP-Guinée), a été condamné à onze mois de prison ferme, le 28 janvier 2021. Le Tribunal correctionnel de Mafanco, à Conakry, l’a reconnu coupable de « participation délictueuse à un attroupement susceptible de troubler l’ordre public » à l’issue d’un procès expéditif.
Oumar Sylla
Le 11 / 02 / 2021

Après quatre mois de détention arbitraire, Oumar Sylla – alias Foniké Menguè – coordinateur de la mobilisation du Front national pour la défense de la Constitution (FNDC) et coordinateur adjoint de Tournons la page (TLP-Guinée), a été condamné à onze mois de prison ferme, le 28 janvier 2021. Le Tribunal correctionnel de Mafanco, à Conakry, l’a reconnu coupable de « participation délictueuse à un attroupement susceptible de troubler l’ordre public » à l’issue d’un procès expéditif.

 

Oumar Sylla a été arrêté dans le quartier de Matoto à Conakry, le 29 septembre 2020, alors qu'il encourageait ses concitoyens à participer à une manifestation du FNDC pour protester contre la candidature d’Alpha Condé au scrutin présidentiel du 18 octobre 2020.

Après avoir été interrogé, sans la présence d’un avocat, par des officiers de police judiciaire au sein des locaux de la Direction de la police judiciaire (DPJ), Oumar Sylla a été placé sous mandat de dépôt, par le procureur du tribunal de Mafanco, à la prison centrale de Conakry pour « rassemblement non autorisé, trouble à l’ordre public, destruction de biens publics et mise en danger de la sécurité de l’État » alors qu’il n’avait fait qu’exercer son droit d’expression par le biais de manifestations pacifiques.

Après quatre mois de détention provisoire, Oumar Sylla s’est lancé dans une grève de la faim pour réclamer la tenue de son procès. Après deux semaines de grève de la faim, son procès s’est ouvert le 11 janvier 2021 devant le Tribunal correctionnel de Mafanco à Conakry.

Les faits de « rassemblement non autorisé, trouble à l’ordre public, destruction de biens publics et mise en danger de la sécurité de l’État » ont été requalifiés en « participation délictueuse à un attroupement susceptible de troubler l’ordre public ». Le Procureur de la République a requis un an de prison ferme à l’encontre d’Oumar Sylla alors que ses avocats ont demandé sa remise en liberté, estimant l’infraction non constituée du fait qu’il n’avait fait qu’exercer son droit d’expression en encourageant des citoyens à user également de leur droit d’expression en manifestant pacifiquement. Lors du procès, qui s’est tenu en une seule journée, Oumar Sylla a affirmé : « Je suis un éternel prisonnier d'Alpha Condé, pas à cause de ce que j'ai fait, mais à cause de ce que je défends : le combat que nous avons mené contre le tripatouillage de la Constitution qui a mené à son troisième mandat ».

Le 28 janvier 2021, au moment de l’annonce du verdict l’informant de sa condamnation à onze mois de prison, Oumar Sylla s’est écrié : «Je continue la lutte contre le troisième mandat de M. Alpha Condé ! » avant que des agents de l’administration pénitentiaire ne le poussent hors de la salle et le renvoient à la prison centrale de Conakry.

Les avocats d’Oumar Sylla et le Ministère Public ont interjeté appel de cette décision.

 

Vous souhaitez vous mobiliser auprès du ministre guinéen de la Justice pour demander la libération provisoire du militant Oumar Sylla, détenu pour avoir seulement exprimé ses opinions politiques de manière pacifique :

 


- Téléchargez la lettre, personnalisez-la avec vos coordonnées et adressez-la au ministre guinéen de la Justice par voie postale ou par courriel. Vous pouvez également adresser une copie de votre lettre à l'ambassade de la Guinée en France

- Tweetez, postez sur Facebook, faites-le savoir autour de vous !

 

CONTEXTE

 

Depuis 2019, la Guinée est en proie à une grave crise politique liée à la volonté du président Alpha Condé de se maintenir au pouvoir à l’issue de son deuxième et dernier mandat présidentiel comme le stipulait la Constitution en vigueur à cette époque.

Pour imposer sa candidature à la présidentielle de 2020, Alpha Condé a fait adopter une nouvelle Constitution par un référendum en mars 2020. Le projet de nouvelle Constitution a été rédigé en catimini, provoquant la démission de deux ministres, dont celui de la justice. Le texte a été adopté à l’issue d’un référendum chaotique, organisé sur la base d’un fichier électoral douteux, et dans un climat de répression et de violences. Officiellement, il s’agissait de doter la Guinée d’une loi fondamentale plus en adéquation avec son époque. Dans les faits, cette nouvelle Constitution faisait sauter le verrou limitant à deux le nombre de mandats présidentiels autorisés.  

Pour lutter contre la possibilité d’un troisième mandat d’Alpha Condé, une coalition d'organisations de la société civile et de partis politiques ont mis en place, en octobre 2019, un large mouvement d’opposition dénommé Front national pour la défense de la Constitution (FNDC) et multiplié les manifestations pacifiques. Les membres du FNDC ont rapidement été la cible d’intimidations et de violences ciblées. Dans le rapport intitulé « Marcher et mourir. Urgence de justice pour les victimes de la répression des manifestations en Guinée », publié en octobre 2020, Amnesty International indique avoir recueilli des informations sur l’arrestation arbitraire d’au moins 70 personnes n’ayant fait qu’exercer leur droit à la liberté de réunion et d’expression entre octobre 2019 et juillet 2020. Au cours de la même période, au moins 50 personnes ont été tuées par des membres de la police et de l’armée lors de manifestations réprimées.

Depuis des décennies, les forces de sécurité guinéennes recourent à un usage disproportionné de la force contre les manifestants, en particulier au moment des élections. Elles bénéficient d’une impunité notoire, préservée par les différents régimes en place qui ont tous utilisé les forces de sécurité comme un outil de répression des opposants et de préservation du pouvoir politique.

Sans surprise, la Cour constitutionnelle a confirmé, le 7 novembre 2020, la victoire d’Alpha Condé lors du premier tour de la présidentielle du 18 octobre, dont les chiffres ont été annoncés une semaine plus tôt par la Commission électorale nationale indépendante (CENI) : 59,49% des voix pour Alpha Condé et 33,50% pour l’opposant Cellou Dallein Diallo ; deux institutions accusées d’être inféodées au pouvoir en place.

Alpha Condé entame un troisième mandat consécutif, acquis en piétinant les principes républicains qu’il défendait pourtant lorsque, opposant, il se battait contre Sékou Touré (1958-1984) puis Lansana Conté (1984-2008). Pour arriver et se maintenir au pouvoir, Alpha Condé n’a pas manqué de jouer sur les clivages communautaires et régionaux.

Les résultats de la présidentielle d’octobre 2020 ont été très vite accepté par la Communauté économique des États de l'Afrique de l'Ouest (CEDEAO) et l’Union africaine. L’Union européenne, la France et les Etats-Unis ont émis des doutes sur la régularité du scrutin présidentiel, marqué par des taux de participation suspects dans les fiefs du pouvoir.

« Le poisson pourrit par la tête » disait, au milieu des années 80, l’opposant Alpha Condé pour décrire le régime du vieux général Lansana Conté, qui refusait de passer la main, malgré un système en bout de course, miné par la « médiocratie » et la corruption..

Entre 350 et 400 militants de l’opposition, en majorité proches de  l’UFDG, sont actuellement détenus dans diverses prisons du pays dont 167 au sein de maison centrale de Conakry, où les conditions de détention sont terribles et ont déjà causé la mort de quatre opposants politiques.

 

 

Pour savoir plus sur la situation en Guinée : le rapport de Tournons la page « République de Guinée : un troisième mandat d’Alpha Condé à quel prix ?  Au prix de violations répétées et systématiques des droits humains, susceptibles de caractériser un crime contre l’humanité » publié en septembre 2020

https://tournonslapage.org/outils-et-ressources/Rapport_Guin%C3%A9e_final_septembre_2020_web_04.pdf

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