République Dém. du Congo
Appel à mobilisation

Gloria Sengha, militante et opposante politique, portée disparue

Le 17 mai 2024, autour de 17h, Gloria Sengha – fondatrice du mouvement Vigilance citoyenne (VICI), membre de la campagne Tolembi Pasi (« Nous en avons assez de souffrir » en lingala) et membre du parti Envol – a été enlevée par des policiers à Kinshasa, en compagnie de deux de ses collègues : Robert Bunda et Chadrack Tshadio. Elle est depuis lors portée disparue tandis que ses collègues ont été localisés dans les locaux de la police.
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Gloria Sengha. © Photo CGPLCONGO/Wikimedia - Modification ACAT-France
Le 12 / 06 / 2024

Mobilisons-nous pour demander la fin de la détention au secret de Gloria Sengha !

Téléchargez la lettre, personnalisez-la avec vos coordonnées et retournez-la par voie postale ou par voie électronique au président de la République démocratique du Congo (RDC).

 

 

Qui est Gloria Sengha ?

Gloria Sengha est une activiste congolaise de 31 ans qui milite en faveur de la justice sociale dans son pays, la République démocratique du Congo (RDC), depuis de nombreuses années. Au sein du mouvement citoyen de la Lutte pour le changement (LUCHA), Gloria Sengha s’est fait connaître comme une militante pro-démocratie très active à Kinshasa à la fin du second mandat du président Joseph Kabila. Du fait de son militantisme au sein de la LUCHA contre un éventuel troisième mandat de Joseph Kabila, Gloria Sengha a été arrêtée le 16 décembre 2016. Elle a été détenue durant plus d’un mois, en partie au secret au camp Tshatshi puis dans le centre de détention 3Z des services de renseignements, dans des conditions difficiles. Elle a retrouvé la liberté le 8 février 2017. En 2017, elle a fondé avec d’autres militants le mouvement pro-démocratie Vigilance citoyenne (VICI). En 2018, avec seize autres militants de VICI, Gloria Sengha a été de nouveau arrêtée et détenue pendant plus de deux semaines. En mai 2023, elle a rejoint le parti d’opposition Envol, tout en continuant son activisme au sein de la société civile.

Pourquoi a-t-elle été arrêtée ?

En raison de la hausse de l’inflation et de l’augmentation des inégalités sociales dans le pays, plusieurs mouvements citoyens regroupant de jeunes militants ont entrepris ces derniers mois d’interpeller les autorités au pouvoir par des campagnes de sensibilisation et des manifestations. En mars 2023, une campagne dénommée Tolembi Pasi (« Nous en avons assez de souffrir » en lingala) a été initiée par la dynamique des mouvements citoyens. Gloria Sengha, très suivie sur les réseaux sociaux notamment sur X (ex-Twitter) avec près de 47 000 abonnés, a relayé cette campagne et appelé la population congolaise à prendre conscience de la précarité sociale dans le pays. L’une de ses vidéos a particulièrement été vue et relayée.

Le 17 mai 2024, autour de 17h, Gloria Sengha a été interpellée par des hommes, certains en tenue civile et d’autres vêtus d’uniformes de police, à proximité du cercle Bimwala, situé dans la commune de Barumbu à Kinshasa. Deux membres de la campagne Tolembi Pasi étaient en sa compagnie : Robert Bunda et Chadrack Tshadio. Ils venaient de sortir d’une réunion portant sur cette campagne. Ils ont été obligés, tous les trois, sous la contrainte, de monter dans un véhicule noir sans plaque d’immatriculation. Robert Bunda et Chadrack Tshadio ont été localisés le 20 mai dans les locaux de la police. Jusqu’à ce jour, Gloria Sengha n’a toujours pas été localisée et les autorités congolaises gardent le silence sur sa situation. Cela fait bientôt un mois que Gloria Sengha est portée disparue. « Nous sommes inquiètes, ma mère et moi, parce que nous ignorons l’endroit où elle se trouve présentement » a indiqué sa sœur sur la Deutsche Welle.

 

Contexte

La situation générale des droits humains en République démocratique du Congo (RDC) demeure préoccupante. La guerre dans l’Est du pays, les conflits internes réguliers dans diverses provinces et la mauvaise gouvernance généralisée contribuent à perpétrer de nombreuses violations récurrentes des droits humains. Nombre d’entre elles sont commises par les forces de défense et de sécurité congolaises, mais également par les divers groupes armés présents sur le territoire congolais : massacres, enlèvements, violences sexuelles, tortures, recrutements d'enfants...

Les auteurs et responsables de ces exactions font l’objet d’une impunité quasi totale. Actuellement, plus de 100 groupes armés sont actifs dans l'Est du pays. Pour lutter contre l’insécurité dûe à ces groupes armés, les autorités ont instauré un état de siège dans le Nord-Kivu et l’Ituri, favorisant des violations supplémentaires des droits humains commises par les forces de défense et de sécurité congolaises. Dans le contexte électoral de 2023, les autorités congolaises ont mené une vague de répression à l’encontre des activistes, journalistes et opposants, afin de limiter leur liberté d’expression et leurs critiques publiques vis-à-vis du président Félix Tshishekedi, réelu en décembre 2023 à l’issue d’un scrutin contesté.

Aujourd’hui le pays vit dans une situation de quasi guerre contre son voisin, le Rwanda, qui soutient militairement les rebelles du M23 sur le terrain. La dégradation du climat social dans le pays est préoccupante.

La hausse de l’inflation, l’accroisement des inégalités sociales et économiques, les problèmes d’insécurité, le délabrement constant des infrastructures et des services publics engendrent un mécontement populaire de plus en plus visible. Dans un tel contexte, les défenseurs de la démocratie suivis sur les réseaux sociaux, sont ciblés à l’instar de Gloria Sengha afin d’éviter que le mécontentement populaire prenne davantage d’ampleur et menace les autorités en place.

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