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En danger après 108 jours de grève de la faim

Au Chiapas, 13 détenus indigènes tsotsiles continuent de protester contre leur détention préventive abusive et les tortures et mauvais traitements subis lors de leur arrestation et en détention. Cinq d’entre eux sont en grève de la faim depuis mi-mars dans des conditions indignes qui mettent leur vie en péril. Les autorités locales se montrent indifférentes à leur sort.
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Les épouses en soutien à leurs maris détenus / CREDITS: ©Frayba
Le 03 / 07 / 2019

Adrián Gómez Jiménez, Juan de la Cruz Ruíz, Abraham López Montejo, Germán López Montejo, détenus à San Cristóbal de Las Casas, et Marcelino Ruíz Gómez, à Comitán de Domínguez, en sont à 108 jours de grève de la faim.

Adrián, conduit deux fois à l’hôpital en urgence, Marcelino et Abraham voient leur état de santé très dégradé. Les 5 détenus ont déjà perdu plus de 10 % de leur poids. Ils ne reçoivent cependant pas les soins adaptés et dénoncent un harcèlement de la part des autorités pénitentiaires.

Malgré cela, les détenus et 8 autres (Mariano Gómez López, Marcos Gómez López, Martín Gómez López, Mariano Pérez Velasco, Mario Díaz Rodríguez, Felipe Díaz Méndez, Juan Castellanos Gómez et Baldemar Gómez Hernández) refusent de renoncer au respect de leurs droits. Après 15 à 20 ans en détention préventive, et alors qu’ils dénoncent des tortures, ils demandent la révision des procédures à leur encontre ainsi que leur mise en liberté.

Depuis le précédent appel urgent de l’ACAT en mars, le parquet spécialisé sur la torture a finalement ouvert une enquête le 1er avril.

Néanmoins, les autorités locales qui s’étaient engagées à se pencher sur leur affaire il y a trois mois restent muettes depuis.

De surcroît, pour avoir une copie de leur dossier, les détenus doivent s’acquitter de sommes importantes que tous n’ont pas à leur disposition.

 

Pour dénoncer le maintien illégal en détention préventive et exiger la protection de ces détenus, envoyez cette lettre au Président du Mexique et une copie à l'Ambassade du Mexique en France.

 

Contexte

La torture, une pratique endémique

Policiers et militaires sont généralement responsables des épisodes de torture les plus sévères au cours des premières heures de l’arrestation, des transferts et de la détention.

Dans de nombreuses affaires, des agents des ministères publics sont accusés d’avoir couvert des arrestations et des détentions arbitraires, torturé les détenus et fabriqué des preuves, procédé à des intimidations jusqu’à la présentation devant le juge.

Plusieurs cas mettent en évidence la complicité de juges qui n’ordonnent pas d’enquête, d’avocats commis d’office (liés au ministère public) qui couvrent ou taisent les atteintes aux droits de leurs clients.

Dans les prisons, des directeurs et des gardiens sont responsables de tortures et mauvais traitements à l’encontre des détenus.

En 2017, une enquête dans tous les centres de détention du pays a montré que :

- 63,8 % des personnes indiquent avoir subi des violences physiques au moment de l’arrestation et 75,6 % des violences psychologiques ;

- 49,4% sont restées incommunicado dans les locaux du ministère public, 39,4% y ont subi des coups de pieds et poings, 23 % des coups à l’aide d’un objet.

Des conditions de détention déplorables

De nombreux détenus souffrent de la surpopulation carcérale, d’un manque d’accès aux soins, de punitions disciplinaires contraires aux normes internationales – notamment l’isolement cellulaire permanent –, de violences d’autres détenus qui monnayent leur protection, l’accès aux repas et au téléphone. Un quart des détenus indique avoir subi des lésions corporelles en prison. Beaucoup sont maintenus en préventive bien au-delà du délai légal.

Les populations autochtones plus vulnérables

Selon la Commission nationale des droits de l’homme, 6 776 hommes autochtones sont actuellement détenus et 234 femmes.

En butte à une plus grande discrimination sociale et marginalisation économique, les communautés autochtones sont plus vulnérables face aux dysfonctionnements du système pénal mexicain. Selon les propres termes de la rapporteuse spéciale sur les droits des peuples autochtones, les personnes indigènes arrêtées et faisant l’objet de poursuites pénales « sont confrontées à des violations du droit d’accès à un procès et une défense équitables à cause du manque d’interprètes, d’avocats, de défenseurs et d’opérateurs de justice qui parlent leur langue et connaissent leur culture. »

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