République Dém. du Congo
Bonne nouvelle

Une dizaine de jeunes militants pro-démocratie libérés de prison

Grâce à une forte mobilisation nationale et internationale, les autorités congolaises ont, au cours du mois d’août 2016, relâché de prison plusieurs jeunes activistes pacifiques de la société civile injustement détenus en raison de leurs opinions politiques. Leur libération intervient alors que les autorités locales ont récemment exprimé la volonté de relancer le dialogue national.
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Crédits : Compte twitter Filimbi Kinshasa
Le 07 / 09 / 2016

Le ministre de la Justice de République démocratique du Congo (RDC), Alexis Thambwe Mwamba, avait annoncé le 19 août la libération de « 24 prisonniers politiques et d’opinion » ainsi que la fin de l’interdiction de deux médias proches de l’opposition. C’est dans cette perspective que de jeunes militants – soutenus par l’ACAT – sont sortis de prison ces dernières semaines.

Une série de libérations

Les autorités congolaises ont ainsi accordé le 27 août la liberté provisoire à Jean-Marie Kalonji. Coordinateur du mouvement 4ème Voie, il avait été enlevé le 15 décembre 2015 et détenu un temps par l’Agence Nationale du Renseignement (ANR). Durant cette période, il aurait fait l’objet de tortures. Le jour suivant, ce fut au tour de Fred Bauma et Yves Makwambala, deux militants de Lucha (Lutte pour le changement) ainsi que de Christopher Ngoy, défenseur des droits de l’homme, d’être libérés provisoirement sur décision de la Cour Suprême de Justice. Ils avaient été arrêtés début 2015.

Quatre autres militants de Lucha et Filimbi – plateforme regroupant différents mouvements pour la promotion d’actions citoyennes – ont quant à eux été remis en liberté le 31 août. Il s’agit de Bienvenu Matumo, Victor Tesongo, Héritier Kapitene et Godefroy Mwanabwato, qui avaient été arrêtés arbitrairement en mai 2016 et mis en détention à la prison de Matala, située dans la capitale Kinshasa. Enfin, la dernière libération en date, survenue le 6 septembre, est celle de Jean de Dieu Kilima, militant au sein de Filimbi et du Front Citoyen 2016. Arrêté le 8 juillet dernier en raison de sa participation à une conférence de presse sur la tenue d’une élection présidentielle dans les délais constitutionnels, il bénéficie aujourd’hui d’une liberté provisoire.

Une volonté affichée de relancer le dialogue national

Ces libérations ont été annoncées par le ministre de la Justice comme des mesures de décrispation, afin de mettre fin aux tensions dans le pays. Il n’en demeure pas moins que la crise politique subsiste, faute d’avancées sur la tenue du scrutin présidentiel. Initialement prévue pour fin 2016 selon la Constitution, l’élection sera probablement repoussée par le régime qui cherche à se maintenir par tous les moyens.

Ces nombreux militants et activistes récemment libérés s’étaient mobilisés de manière régulière pour dénoncer les agissements du président actuel, Joseph Kabila, s’accrochant coûte que coûte au pouvoir au détriment de la Constitution nationale.

L’ACAT remercie ses nombreux militants et soutiens, qui se sont mobilisés à maintes reprises pour la libération de ces jeunes activistes congolais. L’ACAT reste mobilisée sur la situation des droits de l’homme en RDC.

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