Arabie Saoudite
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Un an que Samar Badawi est en prison pour son activisme

Le 27 juin 2019, Samar Badawi était présentée pour la première fois devant un juge alors qu’elle était incarcérée depuis quasiment un an. Ce mardi 30 juillet marque sa première année de détention.
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Le 01 / 08 / 2019

Après 11 mois de détention, Samar Badawi a été présentée pour la première fois devant un juge avec Nassima Al-Sadah, autre défenseure arrêtée le même jour. L’audience s’est déroulée devant la Cour pénale spéciale, compétente en matière de terrorisme, mais devant laquelle la plupart des défenseur(e)s de droits humains et opposant(e)s sont jugé(e)s. Elles ont été inculpées sous le coup de la loi sur la cybercriminalité et risquent jusqu’à 20 ans de prison[1].

Maintenue en isolement le premier mois de son arrestation, elle est actuellement détenue dans la prison de Dhahban près de Djeddah. Si Samar reçoit des visites de ses proches, elle n’a pas la possibilité de contacter un avocat pour organiser sa défense. Elle fait partie des défenseures qui auraient subies des violences physiques et sexuelles au cours de leurs interrogatoires.

Ce n’est pas la première fois que Samar Badawi se retrouve en prison. Son combat a commencé en 2008 lorsqu’elle quitte le domicile de son père et l’accuse d’abuser de son droit de tutelle. Emprisonnée pendant 7 mois en 2010 dans cette affaire, elle est relâchée sous la pression d’une campagne internationale. Dès sa sortie, elle participe à la campagne Les femmes au volant (#WomentoDrive) et se bat également pour le droit de vote. En 2014, elle s’engage pour la libération de son frère Raïf Badawi, lui aussi militant des droits humains, et de son mari Waleed Abulkhair. En 2016, elle est brièvement arrêtée et conduite à la prison de Dhahban où son frère Raïf Badawi est aussi détenu.

 

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CONTEXTE

Depuis le meurtre sauvage du journaliste Jamal Khashoggi dans les locaux du consulat saoudien à Istanbul (Turquie) le 2 octobre 2018, l’opinion internationale commence à prendre conscience des nombreuses violations des droits humains en Arabie saoudite. Cependant cette situation n’est pas nouvelle et s’est grandement détériorée avec la montée en puissance du Prince héritier Mohammed Ben Salman (dit MBS) au sein du régime saoudien. Derrière une façade de réformiste et de libéral, ce dernier a dirigé une campagne d’arrestation et de mise au silence de toute voix dissidente ou discordante. Depuis mars 2015, il est également à l’initiative de l’intervention militaire au Yémen de l’Arabie saoudite et de ses alliés au sein de la coalition arabe. L’Arabie saoudite se serait rendue coupable de plusieurs crimes de guerre selon des experts mandatés par l’ONU.

Durant l’été 2017, une première vague d’arrestation vise particulièrement des religieux, des intellectuels et des activistes saoudiens, comme Salman al-Awdah, qui se seraient montrés critiques vis-à-vis de la politique saoudienne. 2018 a également connu une vague de répression ciblant plus particulièrement de nombreuses défenseures des droits des femmes, dont Samar Badawi. Le 12 octobre 2018, les experts des Nations unies ont de nouveau appelé les autorités à libérer tou·te·s les défenseur·e·s des droits humains en Arabie saoudite.

Dans une déclaration commune du 26 octobre 2018, réunissant plus de 160 organisations de défense des droits humains, l’ACAT appelait la communauté internationale, en particulier les Nations unies, les institutions multilatérales et régionales ainsi que les gouvernements démocratiques attachés à la liberté d’expression, à demander immédiatement des comptes à l’Arabie saoudite concernant les graves violations des droits humains dont le pays s’est rendu responsable. Le 26 juin 2019, l’ACAT avec 39 autres organisations demandaient la mise en place d'un mécanisme de suivi sur les violations des droits humains en Arabie saoudite au niveau du conseil des droits de l’homme des Nations unies. Du fait de la pression internationale croissante, le régime saoudien a dû abandonner la réquisition de la peine de mort envers Israa al-Ghomgham et a également récemment libéré provisoirement plusieurs défenseures actuellement en procès.


[1] Informations obtenues par le Gulf Centre for Human Rights.

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