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Trois hommes indigènes torturés

Juan Antonio Gómez Silvano, Roberto Gómez Hernández et Mario Águilar Silvano, indigènes tzeltales et sympathisants zapatistes, dénoncent des tortures et mauvais traitements par des policiers municipaux de Chilón (Chiapas).
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Crédits : hbautista / Flickr Creative Commons
Le 29 / 09 / 2014

Juan Antonio Gómez Silvano, Roberto Gómez Hernández et Mario Águilar Silvano, indigènes tzeltales et sympathisants zapatistes, dénoncent des tortures et mauvais traitements par des policiers municipaux de Chilón (Chiapas).

Á 4 heures du matin, le 16 septembre 2014, les trois hommes rentraient chez eux après avoir participé aux festivités de la journée nationale du Mexique. Une quarantaine de policiers municipaux les ont arrêtés les accusant d’avoir blessé un collègue par arme à feu plus tôt dans la soirée.

Ils les ont roués de coups de pied et de poing et leur ont projeté du gaz dans les yeux avant de les jeter, sur le ventre, dans une camionnette et de leur marcher sur le dos et les mains. Au commissariat, les coups et les projections de gaz se sont poursuivis.

Le lendemain, dans les locaux du parquet, à Ocosingo, les trois hommes ont été frappés en présence d’un agent du ministère public. Monsieur Águilar Silvano a subi une tentative d’asphyxie avec un sac en plastique. Monsieur Gómez Hernández a été soumis à des pressions psychologiques afin de dénoncer ses deux camarades. Les trois détenus, qui ne savent ni lire ni écrire, ont été contraints d’apposer leurs empreintes digitales sur une déposition. Aucun interprète et aucun avocat ne les a assistés. Ils ont été inculpés le 18 septembre.

Au cours de la première audience, le juge a constaté des lésions et a ordonné au ministère public d’ouvrir une enquête pour torture. Il n’a cependant pas encore abandonné les charges pesant sur les trois hommes ni rejeté les preuves obtenues sous la torture.

 

Contexte

La torture comme première méthode d’enquête

La Commission nationale des droits de l’homme (CNDH) a enregistré 1 505 plaintes pour torture et mauvais traitements en 2013 contre 219 en 2003, soit une augmentation de 600 % en dix ans.

En avril 2014, le rapporteur spécial de l’ONU sur la torture, Juan E Méndez, s’est rendu au Mexique. Il a dénoncé une « endémie inquiétante » au sein de « tous les corps de sécurité publique, policiers ou militaires. » Dans la plupart des cas, le mode opératoire est similaire : les individus sont arrêtés avant même le début de l’enquête et font l’objet de coups et de menaces dès le transfert vers le lieu de détention. Selon le rapporteur spécial, « la victime est [ensuite] asphyxiée avec des sacs en plastique, subit des chocs électriques sur les parties génitales ou des violences sexuelles. » Les personnes arrêtées ne sont remises aux autorités judiciaires qu’au bout de 6 à 18 heures alors que, selon les termes de la loi, cette présentation doit avoir lieu immédiatement et en présence d’un avocat. Très souvent, les juges acceptent les confessions obtenues sous la torture, violant le droit des accusés à un procès équitable. L’impunité des coupables est quasi systématique : « La plupart des coupables ne sont jamais identifiés. Et lorsqu’ils le sont, ils ne sont pas arrêtés. Certains restent même en poste. »

Les populations indigènes, parmi les plus vulnérables

Les Mexicains d’origine indigène sont toujours sujets à des discriminations. Dans le cadre d’interventions policières et militaires et de procédures judiciaires, ils sont très exposés aux risques d’arrestations et détentions arbitraires, de torture et mauvais traitements, de procès inéquitables. La présence d’interprètes et d’avocats demeure aléatoire : un détenu indigène pourra ainsi plus facilement être contraint de signer une déposition sans la comprendre.

 

Source : Centre des droits de l’homme Fray Bartholomé de Las Casas (Frayba) au Chiapas

 

Vous pouvez agir auprès des autorités mexicaines en envoyant cette lettre.

 

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