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République Dém. du Congo
Actualité

Etat de santé préoccupant pour cinq militants de FILIMBI, détenus arbitrairement

Après cinq mois de détention dans des conditions difficiles, des mauvais traitements non soignés, l’état de santé de Carbone Beni, Grâce Tshiuza, Mino Bompomi, Cédric Kalonji et Palmer Kabeya, s’est fortement dégradé. Carbone Beni, après s’être plaint de douleurs atroces au ventre, a été hospitalisé en urgence le 1er mai dernier. On lui a diagnostiqué une hernie et une appendicite. Il souffre également terriblement du genou gauche suite aux tabassages des premiers jours de détention lorsqu’ils étaient soumis à des interrogatoires.
Carbone Beni Hopital
Le 23 / 05 / 2018

 

Après cinq mois de détention dans des conditions difficiles, des mauvais traitements non soignés, l’état de santé de Carbone Beni, Grâce Tshiuza, Mino Bompomi, Cédric Kalonji et Palmer Kabeya, s’est fortement dégradé. Carbone Beni, après s’être plaint de douleurs atroces au ventre, a été hospitalisé en urgence le 1er mai dernier. On lui a diagnostiqué une hernie et une appendicite. Il souffre également terriblement du genou gauche suite aux tabassages des premiers jours de détention lorsqu’ils étaient soumis à des interrogatoires.

 

Carbone Beni, Grâce Tshiuza, Mino Bompomi, Cédric Kalonji, membres de Filimbi (sifflet en Swahili) – mouvement citoyen pro-démocratie - sont privés de liberté depuis le 30 décembre 2017. Ce jour-là, ils ont été arrêtés, sans mandat, dans la commune de N’Djili à Kinshasa, par des agents en civil de l’Agence nationale de renseignements (ANR). Leur crime : avoir appelé la population à participer à une manifestation pacifique pour réclamer des élections. Palmer Kabeya, également membre de Filimbi, a été enlevé à Kinshasa le 23 décembre pour les mêmes raisons. Cédric Kalonji et Palmer Kabeya sont incarcérés dans un centre de détention de l’ANR appelé « 3 Zulu » qui se situe à proximité de la primature à Kinshasa.  Les autres sont détenus au quartier général de l’ANR à Kinshasa. Ils ne connaissent toujours pas officiellement le motif de leur arrestation et de leur détention. Ils n’ont toujours pas comparu devant un tribunal. En vertu du droit congolais, la durée maximale de détention sans comparution est fixée à 48 heures. Leur détention est donc illégale au regard du droit congolais.

 

Mobilisons-nous auprès des autorités congolaises pour demander leur libération immédiate et sans conditions !

 

Contexte

 

Depuis janvier 2015, le régime au pouvoir harcèle de manière continue les membres de la société civile et de l’opposition qui se mobilisent en vue du respect de la Constitution. Cette Constitution ne prévoit que deux mandats présidentiels de suite. Le Président Joseph Kabila aurait donc dû achever son second mandat le 19 décembre 2016. Le 11 mai 2016, la Cour constitutionnelle l’a pourtant autorisé à rester en poste en cas de report du scrutin présidentiel. Auparavant, son gouvernement avait tenté en vain de modifier la Constitution ou les règles électorales afin de lui permettre de se maintenir au pouvoir. Face à la mobilisation citoyenne, ces tentatives avaient échoué. Dans la semaine précédant le 19 décembre, de nombreux membres de la société civile ont été arrêtés. Les réseaux sociaux et certaines radios ont été coupés. De nombreux militaires et policiers, lourdement armés, ont été déployés dans les principales villes du pays. Les autorités ont interdit toute manifestation, ce qui n’a pas empêché la population de descendre dans les rues afin de contester le scénario du maintien à vie d’un régime n’ayant comme projet que de se maintenir au pouvoir par la violence. Les forces de sécurité ont tiré à balles réelles. Au moins 40 manifestants ont été tués à Kinshasa, Lubumbashi, Boma et Matadi. Plus de 100 personnes ont été blessées, 460 autres ont été arrêtées. La justice congolaise n’a jamais enquêté, comme dans les répressions passées. L’impunité est totale. La justice et les forces de l’ordre sont des outils politiques aux mains d’un régime violent et corrompu. Les autorités retardent la tenue du scrutin présidentiel. En novembre 2017, la CENI – institution en charge des élections – a annoncé la tenue des élections présidentielle, législative et provinciale pour le 23 décembre 2018. Il est possible que ces scrutins ne puissent pas se tenir à la date promise du fait de l’insécurité grandissante dans plusieurs provinces du pays ; insécurité provoquée et entretenue par les autorités au pouvoir. Jusqu’à ce jour la communauté internationale demeure impuissante face à ce chaos orchestré par le régime Kabila pour se maintenir au pouvoir.

 

Vous pouvez agir en leur faveur en envoyant cette lettre.

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