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Les disparus Muñoz : l’enquête au point mort !

Depuis trois ans et demi, huit hommes de la famille Muñoz sont portés disparus. L’enquête et l’identification de corps retrouvés dans une fosse clandestine à proximité n’ont pas avancé.
disparus ayotzinapa
CREDITS : FOTOMOVIMIENTO.ORG / FLICKR CREATIVE COMMONS
Le 22 / 12 / 2014

Depuis trois ans et demi, huit hommes de la famille Muñoz, à Anáhuac (Chihuahua), sont portés disparus. L’enquête et l’identification de corps retrouvés dans une fosse clandestine à proximité n’ont pas avancé.

Le 19 juin 2011, la famille Muñoz, réunie pour célébrer la fête des Pères, a eu une altercation avec un individu qui tirait des coups de feu à proximité de leur résidence, puis avec des policiers municipaux qui refusaient d’intervenir en raison de leurs liens d’amitié avec l’agresseur. Quelques heures plus tard, un commando de véhicules non immatriculés a débarqué. Les individus, en uniforme noir et munis de AK-47, communiquaient par codes et grâce à des radios à ondes courtes, généralement utilisés par la police. Après avoir frappé les hommes, menacé les femmes et les enfants, et saccagé la maison, les individus ont finalement menotté et embarqué le père de famille, quatre de ses fils, son gendre et deux neveux.

En l’absence de toute information sur les motifs et lieu de détention des huit hommes, la famille a déposé plainte immédiatement auprès du ministère public de Chihuahua. Dans un premier temps, ce dernier a indiqué vouloir poursuivre des policiers pour absence d’intervention lors des tirs et pour perte de preuves, mais il a dû renoncer, faute d’éléments. Plus récemment, il a annoncé reprendre le dossier concernant la disparition forcée, mais il a accusé du retard à cause du changement de procureur dans la zone concernée.

Dès octobre 2011, dans la région où vit la famille, une fosse clandestine a été trouvée avec des restes humains calcinés et une boucle de ceinture qui pourrait appartenir à l’un des disparus. Les compétences locales ne permettant pas l’identification des corps, la famille et leurs défenseurs réclament le soutien de l’équipe argentine d’anthropologie médico-légale (qui intervient sur le cas des 43 étudiants disparus récemment à Iguala, Guerrerro), sans succès jusqu’à ce jour.

Contexte

Les ravages de la « guerre contre le crime »

À son arrivée au pouvoir en décembre 2006, le président Felipe Calderón a déclaré la guerre à la délinquance organisée. D’une manière générale, les forces de l’ordre et l’appareil judiciaire ont procédé à des arrestations et condamnations massives en recourant à l’extorsion d’aveux et aux preuves illicites. Le bilan de la guerre de Calderón est estimé à au moins 60 000 morts, 26 000 disparus, 250 000 déplacés internes et des milliers de personnes torturées en garde à vue et en détention. Le président Peña Nieto, en place depuis décembre 2012, n’a pas changé la donne.

Des milliers de « disparus »

On parle de disparition forcée lorsqu’une personne est arrêtée, détenue, enlevée par des agents de l’État ou par des individus privés avec le consentement tacite ou exprès des autorités, et que ces dernières refusent de reconnaître cette privation de liberté ou dissimulent le sort de la personne disparue et le lieu où elle se trouve. Soustraites à la protection de la loi et extraites de la société, les personnes disparues sont à la merci de leurs ravisseurs, souvent torturées, constamment menacées de mort. La famille des personnes disparues subit également une lente torture mentale. Elle est victime au même titre que les personnes disparues.

Le gouvernement mexicain refuse de reconnaître le recours aux disparitions forcées et se contente d’évoquer des personnes dont on a perdu la trace. Il incrimine les bandes criminelles sans mener d’enquête sérieuse pour établir qui sont réellement les auteurs de l’enlèvement, notamment si des agents de l’État sont impliqués, et sans rechercher efficacement les victimes. Selon le Registre national des personnes disparues, 23 605 individus étaient déclarés comme « non localisés » le 31 octobre 2014, dont 5 000 pour la seule année 2014.

Depuis 2011, l’ACAT a mené plusieurs actions en faveur des victimes de la famille Muñoz.

Vous pouvez agir auprès des autorités mexicaines en envoyant cette lettre.

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