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République Dém. du Congo
Actualité

Christopher Ngoyi Mutamba, enlevé à Kinshasa

Christopher Ngoyi, défenseur des droits de l'homme, a été enlevé à Kinshasa le 21 janvier 2015. Depuis, il est détenu au secret. Il s’était engagé dans la mobilisation populaire en vue de manifestations contre la modification de la loi électorale.
Christopher Ngoyi
Le 03 / 02 / 2015

Le 21 janvier 2015, vers 20 heures, Christopher Ngoyi Mutamba boit un verre avec des collègues dans un bar en plein air à Kalamu, une commune de Kinshasa. Tout à coup, plusieurs hommes, dont certains portent des tenues de la police militaire, l’accostent. Sans présenter le moindre mandat d’arrêt, ils le contraignent à monter à bord d’une jeep blanche non immatriculée et disparaissent.

Christopher Ngoyi Mutamba, 55 ans, est président de Synergie Congo culture et développement, une organisation de défense des droits de l’homme. Il est également le cofondateur de Sauvons le Congo, une coalition de partis politiques et d’organisations de la société civile, créée en 2014, pour lutter contre tout amendement constitutionnel pouvant permettre au président Joseph Kabila de se maintenir au pouvoir au-delà de ses deux mandats établis par la Constitution. Il s’est engagé, mi-janvier, dans la mobilisation populaire en vue de manifestations contre la modification de la loi électorale.

Le lendemain de l’enlèvement de Christopher Ngoyi, vers 5 h 30 du matin, six hommes en tenue civile entreprennent une perquisition à son domicile, munis d’un mandat. Le domicile est fouillé et des documents de travail sont saisis. Lorsque les proches demandent où se trouve Christopher, il leur est dit qu’il est détenu au bureau du procureur militaire du district de Gombe. La famille s’y rend, mais il n’y est pas, pas plus qu’il ne se trouve dans les prisons officielles de Kinshasa.

Jusqu’à ce jour, Christopher Ngoyi n’a accès ni à un avocat, ni à ses proches, ni à un médecin de son choix. Les autorités congolaises, après l’avoir arrêté illégalement, n’ont fourni aucune information sur l’endroit où il se trouve précisément ni sur les charges retenues contre lui.

Très inquiètes de sa situation, plusieurs ONG congolaises de défense des droits de l’homme organisent, le samedi 24 janvier, une conférence de presse et exigent la libération immédiate de Christopher Ngoyi.

L’ACAT, solidaire des ONG congolaises, appelle également à sa libération. A vous maintenant de soutenir Christopher Ngoyi !

Contexte

Une vive contestation de la modification de la loi électorale.

Christopher Ngoyi s’engage fortement, début janvier 2015, afin de mobiliser le plus de Kinois pour la manifestation du 12 janvier, cinq jours avant la session de l’Assemblée nationale devant adopter les modifications de la loi électorale. Le 17 janvier, l’Assemblée nationale adopte le projet de loi. L’organisation de l’élection présidentielle de 2016 devra maintenant être conditionnée à un recensement national, ce qui risque de repousser la tenue du scrutin et permettre ainsi à l’actuel président de rester plus longtemps au pouvoir. Durant toute la semaine du 19 janvier, Christopher Ngoyi se démène pour organiser des manifestations de protestation dans la capitale. La répression est sévère : 36 personnes, dont un agent de police, sont tuées à Kinshasa. Une vingtaine de victimes ont été touchées mortellement par des balles de la police et de la garde républicaine. Le 23 janvier, après une semaine de manifestations à Kinshasa et dans d’autres villes du pays, et une répression féroce, le Sénat adopte une version amendée de la loi. Le calendrier électoral sera respecté. Le 25 janvier, l’Assemblée nationale adopte cette version de la loi. L’opposition et la société civile ont été entendues. Il y aura une élection présidentielle en 2016 et, a priori, sans Joseph Kabila.

Un enlèvement déguisé après coup en arrestation

Le 26 janvier, le directeur général de l’Agence nationale de renseignements (ANR), Kalev Mutond, informe un chercheur de Human Rights Watch (HRW), que Christopher Ngoyi est détenu par ses services, sans fournir davantage de renseignements sur les raisons de son arrestation ni sur son lieu précis de détention. D’une disparition forcée, la situation de Christopher Ngoyi se transforme en une détention au secret. HRW et la FIDH se mobilisent publiquement pour dénoncer cette détention illégale. Selon le porte-parole du gouvernement, Christophe Ngoyi aurait déjà comparu devant les officiers de la police judiciaire. Il aurait également été présenté devant le procureur et des charges - sans précision à ce jour - auraient été retenues contre lui.

Vous pouvez agir auprès des autorités congolaises en envoyant cette lettre.

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