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Un avocat sorti de prison mais toujours privé de liberté

L’avocat Xie Yang a été libéré sous caution le 9 mai 2017. Il reste cependant sous surveillance constante et soumis à des restrictions de sa liberté de mouvement.
xieYang
Xie Yang lisant une déclaration écrite lors de son procès le 8 mai 2017 © capture d’écran
Le 29 / 05 / 2017

Xie Yang écrivait en janvier 2017 « si on me force à reconnaitre ma culpabilité, ce sera à cause de la torture ». Il aura fallu quatre mois à Pékin pour obtenir ses aveux. On n’ose imaginer ce qu’il a subi.

Le 8 mai 2017, lors d’un procès surprise, annoncé sur internet 20 minutes avant l’audience, orchestré et diffusé en direct par le tribunal, l’ex-avocat a lu une déclaration écrite reconnaissant les faits reprochés et regrettant avoir « entaché la réputation du Parti communiste et du gouvernement ». Il a déclaré ne pas avoir été torturé contrairement à son récit détaillé de janvier dernier.

Xie Yang fait partie des avocats et militants visés par une vague de répression sans précédent lancée par le gouvernement chinois en juillet 2015. Dans un appel urgent publié en janvier 2017, l’ACAT s’était mobilisée en sa faveur après ses révélations sur la torture subie en détention. Malgré ses révélations, aucune enquête n’a été menée comme le requiert pourtant le code de procédure pénale chinois. Il a été privé de son avocat depuis le 28 février dernier. Celui-ci a été remplacé par des avocats imposés par le régime, avant d’être à son tour kidnappé quelques jours avant le procès.

Le tribunal a condamné Xie Yang pour incitation à la subversion de l’Etat et interruption de procédures judiciaires. Le verdict n’est cependant toujours pas connu.

Son épouse, qui a dû fuir aux Etats-Unis en mars avec ses deux filles,  a pu lui parler brièvement au téléphone le 10 mai. Elle indique qu’il n’est  pas libre malgré sa libération sous caution. Elle l’a trouvé étrange au téléphone. Il n’a pas demandé de nouvelles de ses filles comme il le fait toujours. Il lui a demandé de rentrer en Chine en déclarant que « le gouvernement chinois assurerait leur sécurité ». Selon elle, il est sous stricte surveillance de la sécurité publique en permanence. Il serait avec ses parents dans un village reculé du Hunan. L’endroit exact reste inconnu. Le 20 mai, il a pu rendre visite à son beau-père sous strict contrôle d’officiers de la sécurité nationale avant d’être ramené dans un lieu inconnu.

Xie Yang doit être libéré immédiatement et sa surveillance cessée. Soutenez le, interpellez les autorités en leur adressant ce modèle de lettre

Contexte

Répression sans précédent contre les avocats en Chine

Les avocats défenseurs des droits de l’homme subissent une répression sans précédent en Chine. Ce mouvement a commencé dans la nuit du 9 juillet 2015 avec les disparitions forcées des avocats Wang Yu, son époux Bao Longjun et leur fils de 16 ans. Depuis le début de l’année 2017, plusieurs avocats ont été condamnés ou libérés. Tous sortent de longs mois de détention au secret, physiquement et psychologiquement très fragilisés. Plusieurs ont révélé les tortures subies. Certains sont psychologiquement très atteints.  Comme Li Chunfu qui a développé de graves troubles mentaux après 500 jours de détention secrète et de torture.

Depuis le début de la répression, au moins 320 avocats, collaborateurs de cabinets d’avocats, et membres de leur famille ont été interrogés, convoqués, interdits de quitter le territoire, placés en résidence surveillé ou en détention, condamnés ou libérés sous caution. Au moins, un avocat, Jiang Tianyong, était toujours détenu au secret depuis novembre 2016.

Torture, détentions au secret

La situation demeure extrêmement préoccupante. Allégations de torture, administration forcée de psychotrope, détentions au secret, persécution judiciaire à travers des chefs d’inculpation et des condamnations fallacieuses tels que « subversion du pouvoir de l’État », « incitation à la subversion du pouvoir de l’Etat » et d’autres atteintes à la sécurité nationale et à l’ordre public. La répression ne s’arrête pas à leur éventuelle remise en liberté. Plusieurs ont été transférés dans des résidences privées où ils sont surveillés et demeurent complètement isolés, sans contact avec leurs amis et collègues.

Les familles subissent des pressions pour persuader leur proche en détention de plaider coupable. Elles subissent également des formes de persécution : placement sous surveillance, harcèlement, menaces policières sur les établissements scolaires pour faire expulser les enfants des détenus ou pressions sur les propriétaires des appartements pour déloger les proches des avocats.

 

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