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Retour sur le lancement de la campagne "Brisons le silence"

Comment le lancement de notre rapport "L'ordre et la force" a-t-il été reçu ? Quelles réactions ? Quelles avancées ? Voici un premier bilan, en quatre questions.
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Le 08 / 06 / 2016

Le rapport « L’ordre et la force » a été lancé le 16 mars 2016, quel bilan en tirer ?

Le lancement de la campagne sur les violences policières par l’ACAT en mars 2016 a rencontré un écho médiatique considérable. Dans un climat marqué par la montée des revendications sociales et la prolongation de l’état d’urgence, le débat public s’est créé autour des pratiques des forces de police et de gendarmerie, notamment dans le cadre des opérations de maintien de l’ordre et de sécurisation de l’espace public.  L’ACAT a été identifiée comme un interlocuteur clef.

Certains objectifs de notre campagne ont-ils été atteints ?

Notre demande adressée au ministère de l’Intérieur pour qu’il mette fin à l’opacité qui entoure l’usage de la force par ses représentants et les sanctions à l’encontre de ses agents est en bonne voie. Le 6 juin, la directrice de l’Inspection générale de la police nationale a annoncé officiellement la mise en place d’un outil de recensement des blessés et tués lors d’interventions de police. Nous allons suivre de très près la création de cet outil afin qu’il puisse régulièrement donner une image fidèle de l’utilisation de la force par la police française.

Le climat social est tendu et les agents des forces de l’ordre déplorent les mises en cause dont ils se disent victimes et les violences commises à leur encontre. Quelle est la position de l’ACAT ?

L’ACAT déplore les violences, d’où qu’elles viennent. Par ailleurs, elle s’est attachée à ne pas  participer de la polarisation du débat sur une logique pro ou anti-police. L’association maintient sa vigilance, tout en conservant sa position : pour continuer à applaudir la police, dénonçons les violences policières.  Il ne s’agit pas de dénoncer la police ni la gendarmerie, mais de pointer les manquements en matière d’usage de la force par ses dépositaires. Les droits de l’homme ne sont pas optionnels et la pratique policière doit s’inscrire dans le strict respect de ce droit et de l’éthique publique. Il s’agit aussi et surtout de mettre au jour les problèmes posés par un système hérité d’une culture nivelant les relations entre citoyens et représentants de l’Etat, où la notion de reddition de comptes a encore des progrès à faire. Dans ce cadre, le manque de transparence sur les données concernant l’usage de la force, les difficultés d’accès à la justice pour les personnes alléguant des violences policières, la rareté et « le deux poids deux mesures » qui semblent être les marqueurs des sanctions disciplinaires et judiciaires infligées aux membres des forces de l’ordre en cas de manquement relèvent d’avantage de la responsabilité des pouvoirs publics que des policiers ou des gendarmes de terrain.

Le débat s’est engagé sur les violences policières en France, quels sont les moyens d’action dans un contexte qui semble se durcir?

Le passage à tabac du lycéen de Bergson le 24 mars 2016 , tout près des bureaux du secrétariat national ou encore le récent tir de flashball qui a blessé très grièvement à l’oeil un étudiant rennais, dans les récentes manifestations, ont fait remonter le débat sur le maintien de l’ordre. Cela rend d’autant plus nécessaire une sensibilisation des leaders d’opinion et une action de plaidoyer en direction des décideurs et des parlementaires. L’ACAT a rencontré la directrice de cabinet du ministre de la Justice en avril pour évoquer la nécessité de répertorier les conditions dans lesquelles la coercition s’exerce. D’autres rendez-vous sont pris auprès du cabinet du premier ministre et du défenseur des droits. L’IGPN a répondu de manière contextualisée aux arguments avancés dans notre rapport. Des contacts sont noués avec les représentants des syndicats de police, à la faveur des débats qui se mènent sur plateaux de télévision ou au cours et en marge des émissions de radio. Cette action va se poursuivre. Le devoir de vigilance rappelé par Gabriel Nissim, le président de l’ACAT, durant la dernière assemblée générale s’exercera, dans toute sa mesure. S’alarmer de pratiques, ce n’est pas mettre en cause des individus, qu’ils soient magistrats, policiers ou gendarmes. C’est mettre au jour des problèmes récurrents, pour que ces mêmes professionnels et leur hiérarchie puissent s’en saisir. Rencontrer les acteurs du monde policier, judiciaire, en France, dans les administrations centrales et en régions, est l’étape suivante, indispensable. Nous la mènerons ensemble, en réaffirmant notre spécificité dans le paysage associatif et en jouant notre rôle de vigile dans ces périodes difficiles.

La campagne sur les ondes et dans les kiosques

Voici une courte sélection, parmi les multiples interventions de l’ACAT  sur ce dossier :

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