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Chine
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Condamnation à 5 ans de prison pour un militant emblématique

Après près de 9 mois en détention au secret en Chine, un militant taïwanais a été condamné à cinq ans de prison sur le fondement d'aveux obtenus sous la torture. La répression continue.
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Lee Ming-cheh lors de son procès le 11 septembre 2017. (c) capture d'écran/ Tribunal intermédiaire de Yueyang
Le 28 / 11 / 2017

Mise à jour 28 novembre 2017

Le militant Taïwanais pro-démocratie Li Ming-cheh a été condamné à 5 ans de prison pour « subversion de l’État » le 28 novembre 2017. Ce verdict fait suite à son procès tenu en septembre 2017 au cours duquel il avait lu une déclaration dans laquelle il reconnaissait sa culpabilité.

Détenu au secret, son épouse et tous les observateurs indépendants sont convaincus que ses « aveux » font suite à des séances de torture. L’ACAT rappelle que la torture est interdit en toutes circonstances et que des aveux obtenus sous la torture ne sont jamais valables en justice.

Son procès et cette sentence inacceptable sont clairement motivés par des considérations politiques. Ce n’est qu’un énième militant victime de la répression menée par Pékin depuis 2015 contre les avocats et militants des droits de l’homme. Son épouse estime, à l'issue du verdict, que Li Ming-cheh a « payé le prix » de ses idéaux, «  se battre pour les droits fondamentaux est un engagement qui doit permettre de faire progresser la civilisation humaine…Je suis fière de son dévouement à cette cause ».

L’ACAT maintient ses appels en faveur de sa libération immédiate et sans condition, sa détention étant arbitraire puisqu’elle ne vise qu’à sanctionner ses activités pacifiques en faveur des droits de l’homme.

Relire ci-dessous le dernier appel diffusé par l'ACAT en faveur de Li Ming-Che. Si vous souhaitez continuer à le soutenir, téléchargez le modèle de lettre ci-dessous en le mettant à jour et adressez le à l'adresse indiquée.

***

Li Ming-Cheh, soutenu par l’ACAT depuis sa disparition en mars 2017, a comparu devant un tribunal en septembre dernier. Il encourt la réclusion à perpétuité s’il est déclaré coupable. Le jugement n’a pas encore été rendu public.

Malgré les nombreuses demandes de son épouse, personne ne sait aujourd’hui où il est détenu, depuis son entrée en Chine le 19 mars 2017 depuis un poste frontière de Macao.

Son épouse a appris la date de son procès quatre jours avant l’audience du 11 septembre. Celui-ci a été diffusé en direct sur internet et les réseaux sociaux. C’était la première apparition publique de Li Ming-Cheh. Il semblait fatigué et récitait un texte préparé à l’avance dans lequel il « avouait » les faits de subversion qui lui étaient reprochés.

On ignore s’il a pu choisir les avocats qui ont assuré sa défense. Dans la plupart des affaires similaires récentes, les personnes mises en cause avaient été empêchées de consulter l’avocat de leur choix. L’épouse du militant a pu le voir pour la première fois brièvement après le procès, mais elle n’a plus eu aucun contact avec lui depuis lors.

Directeur de Wenshan Community College, une organisation non gouvernementale (ONG) taïwanaise, Li Ming-Cheh soutient des organisations de la société civile et des militants depuis de nombreuses années en Chine. Il avait publié des commentaires sur le système politique chinois, promouvant les valeurs démocratiques et un système multipartite. Il se rendait régulièrement dans le pays depuis 10 ans sans incident. En mars 2017, il s’y rendait pour des raisons personnelles rendant visite à des amis.

Il s’agit du premier employé d’une organisation étrangère à être détenu depuis l’entrée en vigueur en Chine de la Loi relative à la gestion des ONG étrangères le 1er janvier 2017.

L’ACAT est profondément préoccupée quant à des risques de mauvais traitements voire des actes de torture, en raison de sa détention au secret sans aucun contact avec l’extérieur et le recours généralisé aux mauvais traitements dans les lieux de détention.

Vous souhaitez agir en sa faveur? Cliquer ici pour télécharger le modèle de lettre à adresser aux autorités chinoises.

 

Contexte

Répression de la société civile et kidnapping de dissidents à l'étranger

Depuis 2015, la répression en Chine contre la société civile est sans précédent. Des centaines d’avocats et militants des droits de l’homme ont été arrêtés et incarcérés. Certains ont été libérés avec de graves troubles psychologiques en raison des traitements subis en détention.

Cette répression ne vise pas que des citoyens chinois mais également des ressortissants étrangers, comme Li Ming-Che. Un éditeur suédois résidant à Hong Kong, Gui Minhai, a été enlevé par la police chinoise alors qu’il était en vacances en Thaïlande. Il est détenu au secret sans procès depuis deux ans. Il aurait pu parler à sa fille pour la première fois fin octobre 2017.

De même, Lee Bo, citoyen britannique et libraire à Hong Kong avait été enlevé en février 2016 et avait disparu pendant trois mois avant de réapparaître en Chine continentale dans une « confession télévisée », puis ramener à Hong Kong.

Le pouvoir politique de Xi Jinping cherche à contrôler la société par tous les moyens, notamment par des purges politiques sous couvert de lutte contre la corruption. A cette fin, la sécurité publique et les services de renseignements se sont lancés dans une chasse à l’homme internationale. Dans le cadre d’opérations clandestines, ils viennent récupérer des citoyens chinois illégalement sur des territoires étrangers. Au moins une opération de ce type a eu lieu en France. Lire l’article de l’ACAT "Chasse au renard en France"

La loi sur les ONG étrangères

Officiellement censée réglementer et même protéger les activités des ONG étrangères en Chine, une loi controversée est entrée en vigueur en janvier 2017. Elle créé des obstacles supplémentaires qui entravent les libertés, déjà limitées, d’association, de réunion pacifique et d’expression.

Le texte restreint les activités voire l’existence même de nombreuses organisations et a un effet dissuasif pour la société civile chinoise. Il accorde également de nouveaux pouvoirs illimités à la police quant aux ONG étrangères, ce qui laisse craindre une mauvaise utilisation de la loi afin d’intimider et de poursuivre en justice des défenseurs des droits de l’homme et des employés d’ONG en raison de leur travail légitime.

Le ministère de la Sécurité publique – le ministère en charge du maintien de l’ordre – a désormais la responsabilité de superviser l’enregistrement des ONG ainsi que de surveiller leur fonctionnement et d’approuver leurs activités en amont.

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