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« Ne laissez pas mon fils mourir en prison ! »

Le journaliste indépendant chinois Huang Qi est détenu sans procès depuis près de deux ans et a toujours refusé de plaider coupable. Récemment victime d’actes de torture visant à lui soustraire des aveux, son état de santé se dégrade rapidement. Ses proches craignent qu’il ne survive pas à ses conditions de détention.
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Huang Qi avant son arrestation en 2016. Crédits : DR
Le 19 / 09 / 2018

[English version below]


Huang Qi  (黄琦) a été arrêté le 28 novembre 2016, accusé de « divulgation de secrets d'État à l’étranger », passible de la peine capitale selon la législation en vigueur. Au cours de ses 22 mois en centre pénitentiaire, Huang Qi a indiqué à plusieurs reprises avoir été torturé et soumis à des mauvais traitements par des policiers et roué de coups par d'autres détenus dans le but de lui arracher des confessions. Malgré tout, il a toujours refusé de plaider coupable. Son procès, initialement annoncé pour le 20 juin 2018, avait été annulé sans qu’aucune date ultérieure ne soit prévue.

Au fond de sa geôle du centre pénitentiaire Mianyang, dans la province du Sichuan, Huang Qi a perdu énormément de poids. Le 7 septembre 2018, il révèle la présence de nouvelles ecchymoses sur sa poitrine à son avocat Liu Zhengqing, lors d’une des très rares visites autorisées. Il aurait subi quinze interrogatoires au mois d’août seulement, au cours desquels Huang Qi se plaint d’avoir été frappé à plusieurs reprises, notamment par un procureur.

A plusieurs reprises, la mère de Huang Qi, âgée de 85 ans, a exprimé ses craintes que son fils ne meure en prison, comme Liu Xiaobo, et supplié les autorités chinoises de lui accorder une remise en liberté conditionnelle pour raisons médicales.

Fondateur du site d’informations indépendant 64Tianwang, qui documente les violations des droits humains commises en Chine et est par conséquent censuré en Chine continentale, Huang Qi garde d’importantes séquelles physiques contractées lors de précédents séjours en prison et camp de travail. Il souffre notamment d’une maladie rénale chronique, d’hydrocéphalie et d'autres affections cardiaques et pulmonaires.

En 2003, le journaliste avait été condamné à cinq ans de prison pour subversion après avoir publié des articles sur le mouvement pro-démocratie de 1989, réprimé lors des massacres de Tiananmen. Puis, entre 2008 et 2011, il avait à nouveau été emprisonné après avoir enquêté sur les potentielles failles des infrastructures qui avaient entraîné la mort de milliers d'écoliers lors d’un tremblement de terre au Sichuan en 2008.

 

Vous voulez soutenir Huang Qi ?

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Contexte

Le règne des confessions forcées

Bien que prohibées par la loi chinoise, les confessions forcées obtenues à la suite de mauvais traitements et de tortures connaissent un regain de popularité depuis quelques années. Afin d’arracher des aveux aux prisonniers en amont de leur procès, les autorités chinoises manient avec dextérité menaces et  actes de torture physique et mentale. Certains détenus sont forcés d’ingurgiter des médicaments psychotropes. D’autres ont les mains et les pieds menottés des jours durant. De nombreux témoignages font également état de menaces de mort ou de représailles sur la famille du détenu. Les confessions des prisonniers les plus emblématiques – avocats, activistes des droits humains, Ouïghours – sont enregistrées et diffusées à la télévision publique chinoise. Au-delà d’un simple aveu de culpabilité, ces enregistrements sont utilisés comme des outils de propagande pour dissuader la population. Après des mois de sévices corporels, l’avocat Xie Yang avait été forcé de reconnaître sa culpabilité devant les caméras, suite à quoi il a pu être libéré.

Des activistes que l’on laisse mourir derrière les barreaux

Les craintes de la mère de Huang Qi ne sont pas infondées. En dépit du statut international de Liu Xiaobo, prix Nobel de la paix 2010, les autorités chinoises lui ont refusé une libération pour raisons médicales lorsque ce dernier a contracté un cancer du foie, avant de mourir quelque mois plus tard en juillet 2017. En 2014, la militante des droits humains Cao Shunli a contracté la tuberculose et une maladie des reins en détention. Ses demandes de soins ayant été refusées à plusieurs reprises, elle est décédée au bout de quelques mois. Sa famille n’a pas été autorisée à voir sa dépouille. D’autres anciens détenus ont trouvé la mort peu de temps après leur libération, à l’image du dissident Yang Tongyan en novembre 2017. L’absence d’obligation de rendre des comptes sur les décès de militants en prison ou suite à leur remise en liberté pour raisons médicales laisse craindre que nombre d’entre eux aient été causés par les mauvais traitements des autorités chinoises.


 

« Don’t let my son die in jail ! »

Independent journalist Huang Qi (黄琦) has been in pre-trial detention for almost two years and always refused to plead guilty. He was recently tortured in an attempt to get him to confess, causing his state of health to further decline. His kins fear he may not survive his detention.

Detained in a cell of the Mianyang detention center, in Sichuan province, Huang Qi reportedly lost a lot of weight. On 7 September 2018, in one of the rare visits permitted to his lawyer Liu Zhengqing, Huang Qi revealed recent bruises on his chest and claimed he suffered fifteen interrogations in just the month of August, during which he was beaten repeatedly.

Huang Qi was arrested on 28 November 2016 for « divulging state secrets abroad », punishable by death penalty. During the 22 months he spent in detention in Mianyang, Huang Qi said he suffered torture and ill-treatment numerous times at the hands of policemen and was beaten by other inmates in order to get him to plead guilty. Nevertheless, he never confessed. His trial, initially scheduled for 20 June 2018, was canceled without a further date. 

Huang Qi’s mother, aged 85, has repeatedly expressed fears that her son would die in prison, « like Liu Xiaobo », and begged the Chinese authorities to grant him medical parole.

Huang Qi is the founder of 64Tianwang, an independent information website that documents human rights violations in the country – and is subsequently censored in mainland China. He still suffers from various diseases contracted during previous jail terms and time in labor camp, including liver and kidney diseases.

In 2003, the journalist was sentenced to five years in jail for subversion after he had written articles on the Tiananmen pro-democracy movement that was violently suppressed in 1989. Then, between 2008 and 2011, Huang Qi served another three-year sentence after he investigated on the infrastructure vulnerabilities that had led to the death of thousands of school kids during the Sichuan earthquake in 2008.

 

ACAT-France encourages its members to join the organisation in urging Chinese authorities to immediately grant Huang Qi adequate medical care, thoroughly investigate his claims of torture and ensure that his treatment, while in detention, adheres to the conditions set out in the Convention against Torture and Other Cruel, Inhuman or Degrading Treatment or Punishment, ratified by China in 1988.

 

Context

The realm of forced confessions

Although they are prohibited by Chinese law, forced confessions obtained under duress are very common. In order to get prisoners to confess ahead of their trial, Chinese authorities skilfully use threats and physical and mental torture. Some inmates are force-fed unknown drugs. Others are kept in shackles day and night. Many prisoners have also reported death threats and reprisals against their families. The confessions of high-profile prisoners – often lawyers and human rights defenders – are recorded and broadcast on Chinese TV channels. These televised confessions, more than a simple admission of guilt, are used as a propaganda tool to deter Chinese citizens from engaging in the same « illegal activities » as the prisoners on their screen. After months of physical abuse, human rights lawyer Xie Yang was forced to confess in front of the cameras. He was subsequently released.

Left to die behind bars

The fears expressed by Huang Qi’s mother are not unfounded. Despite Liu Xiaobo’s international status, as the recipient of the 2010 Nobel Peace prize, he was denied release on humanitarian grounds after he was diagnosed with late-stage liver cancer. He died shortly after, in July 2017. In 2014, human rights activist Cao Shunli contracted tuberculosis and kidney disease in detention. Her requests for medical care were repeatedly denied, and she died within a few months. Her family was not allowed to see her body. Other former inmates died shortly after their release from jail, as did Chinese dissident Yang Tongyan in November 2017. The lack of accountability for the pattern of deaths of activists released on medical parole leads human rights observers to fear that they are directly linked to acts of torture committed by Chinese authorities.

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