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République centrafricaine
Action

Des soldats congolais soupçonnés de graves violations des droits de l’homme en Centrafrique

Un rapport de Human Rights Watch, publié en juin 2014, accuse des militaires du Congo-Brazzaville, membres de la MISCA, d’avoir commis des exactions en Centrafrique en décembre 2013 et mars 2014. Justice doit être rendue aux victimes.
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Le 24 / 06 / 2014

Un rapport de Human Rights Watch (HRW), publié le 2 juin 2014, accuse des militaires de l’armée du Congo-Brazzaville, membres de la Mission internationale de soutien à la Centrafrique sous conduite africaine (MISCA), d’avoir commis de graves violations des droits de l’homme en République centrafricaine en décembre 2013 et mars 2014.

Selon HRW, à la suite du lynchage brutal d’un militaire congolais de la MISCA par des anti-balaka ‑ milice composée de combattants majoritairement chrétiens et animistes ‑ dans la commune de Bossangoa, le 22 décembre 2013, des troupes congolaises ont, par vengeance, torturé à mort deux chefs anti-balaka. Le 24 mars 2014, après qu’un véhicule de la MISCA a été pris en embuscade par des tirs de combattants anti-balaka à Boali, causant la mort d’un soldat congolais et blessant quatre autres, un groupe d’environ 20 militaires congolais de la MISCA ont enlevé au moins 11 personnes au domicile d’un chef anti-balaka dans la même commune. Jusqu’à ce jour, ces personnes sont portées disparues et il est fort à craindre qu’elles n’aient été exécutées sommairement. À la suite de la publication du rapport de HRW, la division « droits de l’homme » de la MISCA a annoncé l’ouverture d’une enquête afin de faire la lumière sur ces allégations d’exactions commises par des « casques verts africains ». Le 4 juin, dans un communiqué de presse, le ministre congolais de la Défense nationale s’est déclaré « solidaire de toute démarche concourant à la manifestation de la vérité ».

Pour en savoir plus : le rapport de HRW intitulé « République centrafricaine: Des soldats chargés du maintien de la paix accusés d'exactions » : http://www.hrw.org/fr/print/news/2014/06/02/republique-centrafricaine-des-soldats-charges-du-maintien-de-la-paix-accuses-dexacti

Contexte

Le 22 décembre 2013, le capitaine Mokongo ‑ commandant des troupes de la MISCA à Bossangoa ‑ a ordonné un raid contre une base anti-balaka dans la ville. Trois dirigeants de cette milice ont été arrêtés et leurs armes confisquées, occasionnant une vive protestation au sein de la population. Un officier de la MISCA, le sergent Juif Ngali, s’est retrouvé encerclé par une foule hostile. Après avoir tiré un coup de fusil en l’air, puis un autre en direction d’un jeune qu’il a tué, la foule l’a lynché puis a mutilé son corps à coups de machette. Quand son cadavre a été rapatrié à la base de la MISCA, les soldats congolais ont décidé de se venger sur les trois dirigeants anti-balaka détenus. Durant la soirée, un groupe de soldats français a obtenu la libération d’un des dirigeants anti-balaka, ignorant la présence des deux autres. Les deux détenus restants ont été ligotés selon la technique « arbatasher » (bras et jambes attachés dans le dos) et torturés, notamment à l’aide de plastique fondu. Au bout de quelques heures, les deux détenus ont succombé à leurs blessures. Leurs cadavres ont été retrouvés le lendemain dans la ville, brûlés et mutilés.

Le 24 mars 2014, à la suite d’une embuscade mortelle ayant touché la MISCA à Boali, un groupe de 20 militaires congolais a encerclé le domicile du chef anti-balaka local, le général autoproclamé Maurice Mokono. Un garçon ayant essayé d’avertir le général a été abattu par balles. Au moins 11 personnes, dont quatre femmes, qui se trouvaient dans la maison du général ont été appréhendées, dont le général lui-même et ses deux frères Zaboro et Gbagéné. Plusieurs autres personnes portant des gris-gris traditionnels, signe distinctif des anti-balaka, ont été arrêtés aux alentours dans le quartier. Tous sont portés disparus depuis lors.  

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