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Un journaliste injustement détenu depuis 16 mois !

M. Ahmed Abba, journaliste camerounais, risque la peine de mort devant la justice militaire. Son tort : avoir enquêté sur Boko Haram et sur la situation dans le Nord-Cameroun.
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Le 21 / 11 / 2016

Monsieur Ahmed Abba, correspondant de Radio France Internationale (RFI) en langue haoussa au Cameroun, est en prison depuis juillet 2015. Il est poursuivi en vertu de la loi anti-terroriste de décembre 2014, qui déroge au code pénal et ne respecte pas les principes d’un procès équitable. Ce journaliste risque la peine de mort devant la justice militaire. Son tort : avoir enquêté, en tant que journaliste, sur la situation dans le Nord-Cameroun et sur Boko Haram.

 

Monsieur Ahmed Abba a été arrêté arbitrairement à Maroua le 30 juillet 2015 par les forces de l’ordre. Dans un premier temps, il a été maintenu plus de trois mois en détention au secret : il ne pouvait recevoir aucune visite (avocat, médecin, proches). Au cours de cette période, il a subi des violences physiques et psychologiques. Il a ensuite dû attendre quatre mois en prison avant que son procès ne commence devant une instance judiciaire militaire et non devant une instance civile.

Depuis lors, la procédure pour « complicité d’actes de terrorisme » et « non-dénonciation d’actes de terrorisme » traîne en longueur devant le Tribunal militaire de Yaoundé et les audiences sont sans cesse renvoyées.

Le Cameroun a ratifié la Charte africaine des droits de l’homme et des peuples (CADHP) et le Pacte international relatif aux droits civils et politiques (PIDCP) qui garantissent la protection des journalistes et de leurs sources. Le Cameroun se doit de respecter ses engagements. Il est temps de mettre un terme à l’acharnement judiciaire contre Monsieur Ahmed Ababa. Il doit être libéré !

 

Contexte

 

Le Cameroun, en guerre contre Boko Haram

Depuis 2014, la région de l’Extrême-Nord au Cameroun est en proie à un conflit armé asymétrique de basse intensité depuis que la secte islamiste nigériane Boko Haram a entrepris des attaques répétées contre les populations et les organes de l’État. Face à ces attaques, les autorités camerounaises ont déployé de plus en plus de soldats sur le terrain. Ces derniers ont répondu à Boko Haram par la force, y compris contre les populations considérées comme proches des islamistes. Depuis lors, la situation sécuritaire et celle des droits de l’homme se sont fortement dégradées dans le nord du Cameroun.

 

Une société civile, intimidée, qui s’autocensure

Plusieurs journalistes et défenseurs des droits de l’homme camerounais et étrangers ont été intimidés pour avoir été présents dans le Nord-Cameroun ou pour avoir voulu enquêter dans cette partie du territoire. Une autocensure est aujourd’hui pratiquée au sein de ces professions, d’autant plus que la législation nationale relative à la lutte contre le terrorisme s’est durcie avec une loi promulguée en décembre 2014, qui enfreint de nombreux droits et libertés fondamentales. Dorénavant, toute parole ou écrit public, considéré comme « apologie des actes de terrorisme », est passible de 15 à 20 ans d’emprisonnement et d’une amende de 25 à 50 millions de FCFA. La définition du « terrorisme » est très vague et le terme « apologie » n’est pas défini. De ce fait, les défenseurs des droits de l’homme et les journalistes peuvent être condamnés à de lourdes peines simplement parce qu’ils font leur travail.

 

Vous pouvez agir en sa faveur en envoyant cette lettre.

 

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