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Égypte
Actualité

Stop au harcèlement judiciaire d’Amal Fathy !

Défenseure égyptienne des droits humains, elle subit un harcèlement judiciaire de la part des autorités égyptiennes qui la poursuivent dans deux affaires distinctes.
Amal Fathy
Le 07 / 03 / 2019

Arrêtée le 11 mai 2018 pour avoir publié sur Internet une vidéo dans laquelle elle reprochait aux autorités leur inaction dans la lutte contre le harcèlement sexuel, Amal Fathy est restée en détention provisoire pendant 8 mois en 2018. Libérée le 27 décembre 2018 pour être placée en résidence surveillée, elle est immédiatement condamnée le 30 décembre à deux ans de prison pour « publication de fausses nouvelles menaçant la sécurité nationale », « possession de contenus indécents » et « insulte publique envers l'Etat ». A l’heure actuelle, elle se trouve toujours en résidence surveillée.

 Une seconde affaire, pour laquelle elle est notamment accusée d’ « appartenance à un groupe terroriste », concerne sa participation au mouvement de la jeunesse du 6 avril. Cette large organisation de la société civile pro-démocratie et pour la justice sociale a joué un rôle actif durant la révolution et la période de transition postrévolutionnaire. A la suite du coup d’état et du massacre de Rabaa en 2013, la répression a commencé à se tourner vers les militants du mouvement. Amal devient plus discrète dans son engagement et épouse en 2014 Mohamed Lotfy, co-fondateur et directeur exécutif de la Commission égyptienne pour les droits et les libertés.

En détention, son état de santé s’est dégradé : montrant des signes de dépression, elle était en proie à un stress aigu et sa jambe droite était paralysée. Aujourd’hui, Amal Fathy risque à nouveau d’être emprisonnée dans le cadre de ces deux affaires. Le 2 janvier 2019, son mari a écrit au président égyptien pour qu’il accorde son pardon présidentiel à sa femme.

 

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Contexte

Depuis la reprise du pouvoir par le régime militaire en 2013, l’Egypte connaît une dégradation extrêmement préoccupante en matière de droits humains. Pourtant, avec la Révolution du 25 janvier 2011, un espoir était né pour les Egyptiens rêvant d’un pays plus respectueux des droits humains et de l’état de droit. Cependant, l’establishment militaire a toujours réussi à garder la main sur les affaires, empêchant ainsi tout pouvoir indépendant et démocratique de s’établir tout en utilisant habillement les failles et les erreurs des nouveaux dirigeants. La situation a définitivement basculé le 14 août 2013 lorsque les forces de sécurité, sous le commandement du Général Abdelfattah al-Sissi, massacrent les partisans du président Mohamed Morsi rassemblés sur les places de Rabaa et Ennahda au Caire, faisant entre 800 et 1000 morts selon différentes organisations des droits humains.

Très vite, al-Sissi s’impose comme l’homme fort de l’Egypte et réussi à se faire élire en 2014, puis à nouveau en 2018, remportant chaque fois 97% des voix. Une modification de la Constitution actuellement en cours permettrait à al-Sissi de rester au pouvoir jusqu’en 2034 tout en faisant de l’armée « la garante de la démocratie, de la constitution et du caractère civil de l’État ». Cette modification entérinerait la possibilité pour l’armée d’intervenir à tout moment dans la vie politique, en s’opposant par exemple à des résultats électoraux qu’elle considérerait comme menaçant la démocratie, inventant ainsi le coup d’état constitutionnalisé.

Entre temps, le régime s’est attaqué à toute opposition en commençant par les Frères musulmans, désignés comme groupe terroriste, puis les autres mouvements politiques démocratiques ou laïcs. Les militaires s’en prennent aussi aux médias indépendants ainsi qu’aux activistes et défenseur·e·s des droits humains. Parallèlement, les actes de terrorisme explosent et le régime y répond par toujours plus de répression : arrestations arbitraires, recours à la torture, procès inéquitables, condamnations à morts et exécutions, disparitions forcées et exécutions extra-judiciaires deviennent courants voire systématiques, entrainant encore plus de radicalisation.

C’est contre ces violations massives et sérieuses des droits humains que Mohamed Lotfy, le mari d’Amal Fathy, se bat depuis plusieurs années. Lauréat avec d’autres défenseurs du prix franco-allemand des droits de l’Homme et de l’Etat de droit en 2018, Mohamed est persuadé que les poursuites à l’égard de sa femme visent également à lui nuire. En effet, son ONG suit particulièrement les cas de disparitions forcées en Egypte. A ce titre, il subit de nombreuses pressions, dont la dernière en date est une plainte déposée contre lui en raison de sa rencontre avec Emmanuel Macron au cours de la visite de ce dernier en février 2019 au Caire.

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