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Présumé voleur, tu seras torturé.

Deux policiers ont tellement torturé Samson Moungoto qu’il a perdu l’usage de ses mains. Il attend que justice lui soit rendue.
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Le 19 / 12 / 2014

Deux policiers ont tellement torturé Samson Moungoto qu’il a perdu l’usage de ses mains. Ils voulaient lui faire avouer une complicité de vol. Les poursuites judiciaires se font toujours attendre.

Soupçonné de complicité de vol, il est torturé.

Père de quatre enfants et âgé de 42 ans, Samson Moungoto est un Congolais ordinaire. Le 29 avril 2013, il se rend pour affaire au siège d’une entreprise de téléphonie à Brazzaville. N’ayant pu rencontrer la personne qu’il souhaitait, il revient le lendemain. Des agents de sécurité l’accusent alors de complicité de vol d’un ordinateur portable. Il est conduit au commissariat de Diata où il passe une nuit en garde à vue. Le lendemain, les ennuis commencent : les policiers demandent à Samson Moungoto de se déshabiller. Il est conduit à l’arrière du commissariat, à l’abri des regards. Ses mains sont menottées. Il est mis en position accroupie, ses talons collés aux fesses et ses bras ramenés au niveau de ses chevilles. Une barre de fer est alors placée sous ses genoux, puis suspendue en l’air entre deux supports. Dans cette position douloureuse, le corps dans le vide, Samson Moungoto va subir d’atroces tortures durant plus de trois heures, notamment des coups et brûlures très graves. Constatant qu'il était en train de mourir, les policiers mettent un terme à la séance de torture et le conduisent à l’hôpital de Makélékélé où des soins intensifs lui sont administrés. Malgré les soins prodigués, Samson Moungoto perd l'usage de ses mains gravement brûlées. Le voleur est plus tard identifié par la police, mais ne sera pas poursuivi par la justice congolaise.

Des séquelles indélébiles

Samson Moungoto est blanchi de tout soupçon, mais il reste profondément marqué dans sa chair par les tortures subies et ne veut pas en rester là. Il rencontre des associations de défense des droits de l’homme congolaises. Grâce à l'Observatoire congolais des droits de l'homme (OCDH), qui lui met à disposition un avocat, Samson Moungoto dépose deux plaintes : l’une contre le colonel en charge du commissariat et l’autre contre les deux policiers qui ont commis les actes de torture. Seule cette seconde plainte est actuellement instruite, mais les policiers accusés de torture refusent de témoigner devant la justice malgré les demandes de comparution. La plainte contre l’officier de police judiciaire, qui aurait intimé l'ordre de torturer M. Moungoto, est bloquée au niveau du bureau du procureur de la République. Les autorités militaires feraient pression sur le procureur pour qu’il enterre le dossier. Samson Moungoto vit aujourd’hui du soutien de ses proches et ne reçoit aucune aide de l’État. Profondément blessé dans sa chair et sa dignité, il attend que justice lui soit rendue.

Il aurait besoin d’être soigné à l’étranger pour espérer retrouver l’usage de ses mains.

 

 

Vous pouvez agir auprès des autorités de la République du Congo en envoyant cette lettre.

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