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Portrait : Florence Couprie, nouvelle présidente de l'ACAT

Florence Couprie a été élue présidente de l’ACAT lors de l’Assemblée générale de l’association, le 2 avril dernier. Retour sur le parcours de cette femme qui n’a jamais supporté que l’homme puisse martyriser ses semblables.
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Le 04 / 04 / 2017

« J’ai le sentiment que la vie est importante dans la mesure où elle est une vie de relations. » Militante de l’Action des chrétiens pour l’abolition de la torture (ACAT) depuis plus de 15 ans, Florence Couprie est de ceux qui ont toujours voulu créer du lien entre les hommes. En 15 ans d’engagement, elle a tout fait, ou presque, à l’ACAT, et endosse le rôle de présidente au sein de l’association depuis avril 2017.

Tout commence en 1968. Florence Couprie milite au sein d’Amnesty International et rédige son premier courrier à un chef d’État. « Crainte et tremblements  » : c’est en ces termes qu’elle parlera, plus tard, de ce que provoque en elle cette action militante fondatrice. « C’était presque un battement de cœur. J’avais le sentiment de devenir une adulte qui décide d’agir par elle-même, explique-t-elle. Qui étais-je, moi, pour interpeller un chef d’État ? Mais qui serais-je, moi, si je me taisais ?  » Du haut de ses 17 ans, Florence Couprie a déjà conscience de la souffrance du monde. Une sensibilité qu’elle tire de son éducation religieuse au temple, qu’elle fréquente assidument. « Dans l’éducation protestante, les jeunes sont éduqués à être le plus vite possible responsables, à s’ouvrir et à essayer de réfléchir. »

Amours militantes

Florence Couprie obtient son BAC en 1969. Enseignante jusqu’en 2001, elle ne participe plus à Amnesty par manque de temps, mais elle ne perd rien de son indignation face aux injustices. « J’ai été déléguée du personnel et syndiquée. J’avais ce désir d’être là et de travailler à résoudre les problèmes, ensemble de préférence. » À la fin de sa carrière, elle suit des études de théologie et devient pasteur de l’Église réformée. L’occasion de renouer avec ses premières amours militantes. « Il y avait des groupes ACAT dans les paroisses, c’est donc naturellement que j’ai intégré l’association, raconte-t-elle. L’ACAT portait cette idée que nous sommes privilégiés dans notre pays alors qu’ailleurs, des gens se font tuer car ils veulent exercer leurs droits. »

Pendant plusieurs années, sa profession de pasteur et son militantisme à l’ACAT s’entremêlent. Elle y trouve ce qui la pousse à agir : la lutte contre l’injustice et les relations humaines. « Être pasteur, c’est animer des personnes qui vivent leur foi ensemble alors qu’elles ne viennent pas du même milieu. » Dans le Jura, elle participe au groupe local ACAT de Lons-le-Saunier, qui accompagne et correspond avec un condamné à mort américain. Par la suite, elle milite dans l’Allier, au sein des groupes de Vichy et de Montluçon, qui privilégient la sensibilisation des acteurs politiques locaux et au sein d’établissements scolaires. Après ces expériences locales, elle rejoint la région parisienne. La suite de son parcours est connue : elle intègre le Bureau, puis le Comité directeur de l’association, devient élue dédiée à la Vie militante et enfin, présidente.

Religion et humanisme

La foi, l’autre et les droits de l’homme : un triptyque qui résumerait parfaitement la pensée de Florence Couprie. La foi, c’est « [son] moteur, [son] carburant » qui ne peut prendre corps sans relations humaines. « Suivre le message du Christ et Dieu se fait dans nos relations avec les autres. Non pas en imposant quoique ce soit, mais en essayant d’entendre l’autre. » Les droits de l’homme, c’est ce qui protège la dignité et la part de mystère que Dieu a placé en chaque être humain. « Pour moi, l’homme est toujours le même, enfant de Dieu, frère de Christ, quelle qu’ait pu être sa vie. Sans jugement, aucun, je veux affirmer qu’il est humain, digne de l’amour de Dieu. Qui serais-je, moi, pour accepter qu’il soit cassé, torturé, tué, déchu de toute dignité ? »

Quand on l’interroge sur les enjeux à venir pour le monde et surtout, pour les défenseurs des droits de l’homme, Florence Couprie insiste sur le rôle de « veilleur » et sur la nécessité de « casser les peurs qui engendrent la haine et la fermeture des frontières  ». Et surtout, cette envie, toujours aussi profonde, de rester « ensemble ». « Je souhaiterais qu’on arrive tous à s’écouter, à s’entendre, à savoir discuter et se disputer, sans rejeter l’autre. » Nul doute que cette conviction irriguera la présidence de Florence Couprie à la tête de l’ACAT. Car depuis son entrée dans la vie adulte, c’est sa manière à elle « d’apporter un peu d’harmonie au monde  ».

Repères :

1951 : naissance de Florence Couprie.

1968 : elle rédige son premier courrier à un chef d’État.

1976 : elle devient enseignante en mathématiques.

2001 : elle devient pasteur de l’Église protestante unie (EPUF) de France. La même année, elle rejoint l’ACAT.

2013 : elle intègre le Bureau exécutif de l’ACAT.

2017 : elle est élue présidente de l’association.

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