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Des projections-débats pour mobiliser

Si les projections-débats permettent de toucher un public nouveau, elles peuvent parfois faire peur à certains d’entre vous. Mode d’emploi de ce format devenu ces dernières années un moyen de mobilisation de l’ACAT.
Gaza Petit Bain89 (c)Anna Demontis-web
Anne Paq, co-réalisatrice du webdocumentaire Obliterated families, lors d'un débat organisé par l'ACAT en juillet 2017. Crédit : Anna Demontis pour ACAT.
Le 07 / 11 / 2017

Pourquoi une action culturelle autour des films ?

Comme d’autres supports culturels, les films constituent un vecteur de mobilisation pour l’ACAT à double titre. D’une part, il s’agit d’un outil qui permet d’aborder de façon pédagogique les thématiques difficiles que nous traitons, que ce soit à travers un documentaire ou une fiction. D’autre part, nous faisons l’hypothèse que les personnes attirées par le cinéma dit « indépendant » auront une certaine sensibilité envers nos thématiques : ils sont ainsi plus susceptibles de s’engager à nos côtés. C’est pourquoi, depuis deux ans, nous mettons l’accent sur notre action culturelle, notamment sur l’accompagnement des films qui ont un lien avec nos domaines d’expertise.

Cet accompagnement se fait par ce qu’on appelle une « communication croisée ». La boîte de production du film s’engage à mettre notre logo sur les affiches, les pochettes du dvd, les crédits, etc. ainsi qu’à nous permettre de distribuer des flyers « ACAT » lors des projections dans des cinémas. L’ACAT gagne ainsi en visibilité et en notoriété auprès du grand public. De notre côté, nous nous engageons à faire la promotion du film auprès de nos membres et sympathisants à travers notre newsletter, les envois aux groupes, la revue Humains, etc. Ensuite, nous proposons à nos membres d’organiser des projections-débats du film pour qu’ils puissent sensibiliser leur entourage.

Comment s’y prendre ?

Organiser une projection-débat peut paraître, aux premiers abords, une activité complexe, qui demande trop de logistique et de préparation pour s’y lancer seul. C’est le cas si on la pense de façon classique : dans un cinéma, en faisant payer une entrée, en faisant venir des intervenants extérieurs, etc. C’est sous cette forme que les groupes locaux ACAT le font le plus souvent, ce qui est une bonne chose. Cependant, il est tout aussi possible d’organiser une projection « en petit comité ». Entre amis un dimanche après-midi, avec des membres de la famille quand ils vous rendent visite, avec des voisins à la suite d’une « réunion tupperware »… De plus en plus, les projections « privées » se multiplient et c’est un excellent moyen de sensibiliser et de mobiliser son entourage proche. De même, il n’y a pas besoin de faire appel à des grands experts pour animer un débat. Un peu de lecture en amont sert à (se) poser les bonnes questions lors et à la suite du visionnage. La discussion au sein d’un groupe peu nombreux est plus libre, plus fluide. Et, si à la fin, on sort avec autant de questions qu’avant, c’est l’occasion d’aller chercher les réponses ensemble.

Afin de faciliter l’organisation de ces projections-débats, nous mettons à la disposition de nos militants des « livrets d’accompagnement » qui expliquent pourquoi l’ACAT soutient chaque film, qui donnent des éléments de contexte par rapport à leur contenu et proposent une série de questions-réponses pour aider à animer un débat après la projection.

 

Dis-leur que j’existe. Une histoire sahraouie (2017) : ce documentaire retrace le combat du militant indépendantiste Naâma Asfari, prisonnier politique soutenu par l’ACAT depuis son arrestation en
marge du démantèlement du camp de Gdeim Izik, en 2010.

Entre les frontières (2017) : aux racines de la crise des réfugiés, ce documentaire explore, à travers le prisme du théâtre, les conditions de vie des demandeurs d’asile du camp israélien de Holot, dans le désert du Néguev. 

Qui a tué Ali Ziri ? (2015) : Ali Ziri, un homme de 69 ans, décède le 11 juin 2009 après son interpellation par la police. « Arrêt cardiaque d’un homme au cœur fragile », déclare le procureur de Pontoise. Deux mois plus tard, l’institut médico-légal constate 27 hématomes sur le corps d’Ali Ziri.

Palestine : la case prison (2015) : documentaire du réalisateur Franck Salomé, qui revient sur les conditions de détention des détenus politiques palestiniens, enfermés dans les prisons israéliennes dans le déni le plus grave des droits de l’homme.

L’Homme qui répare les femmes (2015) : le docteur Mukwege est internationalement reconnu comme l’homme qui répare ces femmes violées durant 20 ans de conflits, à l’Est de la République démocratique du Congo.

The look of silence (2014) : second opus du réalisateur de The Act of Killing, autour d’un pan enterré de l’histoire de l’Indonésie : le massacre de près d’un million de sympathisants communistes en 1965, et l’impunité qui entoure toujours ces crimes 50 ans plus tard.


Par Teresa Cal, directrice de la vie militante à l'ACAT

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