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Histoire de l'ACAT-France> Création > Développement > Les fondatrices Création
A l’origine, deux femmes, Hélène Engel et Edith du Tertre, sensibilisées à la question de la torture à la suite d’une conférence d’un pasteur italien revenant du Sud-Vietnam, Tullio Vinay. Il y témoigne des tortures répétées et en appelle aux chrétiens : « Pendant combien de temps, nous, chrétiens, laisserons-nous défigurer le visage du Christ sans réagir ? ». Bouleversées par cet appel et par celui de l'Esprit dont elles venaient de faire l'expérience lors d'un voyage aux Etats-Unis, elles décident de s’engager dans la lutte contre la torture. Elles y consacreront leur vie. Membres de l’Eglise réformée, elles choisissent de mobiliser particulièrement les chrétiens, parce qu’elles considèrent que le message de l’Evangile est incompatible avec la torture. Elles réunissent autour d’elles quelques amis protestants, catholiques et quakers. Des orthodoxes ne tarderont pas à les rejoindre. La vocation œcuménique, jamais démentie, de l’ACAT est née. Ce sera donc l’Action des chrétiens pour l’abolition de la torture. Son rôle premier est de répercuter dans les Eglises et les diverses communautés les horreurs perpétrées dans le monde entier. L’ACAT se donnera pour but de combattre la torture partout dans le monde, sans distinction idéologique, ethnique ou religieuse. Par la suite, l’abolition de la peine de mort sera ajoutée à son mandat, ainsi que la défense du droit d’asile. Le développementL’ACAT-France connaît un essor rapide et de nombreux chrétiens rejoignent le mouvement. En deux ans, l’ACAT compte déjà 1600 membres, 5500 en 1978, 16 000 en 1985. Des groupes jeunes, des commissions de réflexion voient le jour ainsi que 400 groupes locaux à travers toute la France. En octobre 1982, l’ACAT ajoute à son mandat originel la lutte contre la peine de mort, ainsi qu’en avril 2000, la protection des victimes. Le 18 octobre 1992, l’ACAT est reconnue d’utilité publique par décret publié au Journal Officiel. Le 27 mai 1992, l’ACAT reçoit l’agrément du Ministère de la Jeunesse et des sports au titre de la Jeunesse et de l’Education populaire, par arrêté préfectoral, ce qui l’autorise à œuvrer dans les collèges et lycées. Son combat, inlassable, prend de l’ampleur. 28 ACAT se créent dans le monde entier et en 1987, la Fédération internationale de l’ACAT (FIACAT) voit le jour. Celle-ci regroupe toutes les ACAT mondiales et contribue à faire vivre le réseau ACAT. Elle a également pour mission de les représenter dans des organismes internationaux et régionaux auprès desquels elle a un statut consultatif (ONU, Conseil de l’Europe, Commission africaine des droits de l’homme et des peuples) ou auprès de Coalitions dont elle est membre. Aujourd’hui, l’action de l’ACAT-France par ses 10 000 militants permet de mettre fin au calvaire de plus 200 personnes chaque année. Les fondatricesHélène Engel (1902 – 1984) A la fin de l’exposé du pasteur, une voix s’élève du fond de la salle…« c’est insoutenable ». Et s’adressant au pasteur « Comment se fait-il que les chrétiens ne réagissent pas plus ? ». C’est Hélène Engel. Et de cette soirée qui bouleversera sa vie, elle en sort en affirmant : « Il faut que les chrétiens réagissent à la torture en quelque lieu que ce soit, et qu’ils réagissent tous ensemble ». A 72 ans, elle décide donc de se mobiliser avec son amie Edith du Tertre. Ensemble, elles créeront un premier groupe œcuménique, qui deviendra très rapidement l’ACAT. « A notre émerveillement, nous avons constaté que dans toutes les démarches immédiatement entreprises, nous étions reçues, écoutées, aidées. » dira Hélène Engel. Edith Le Gall du Tertre (1912 – 2005)
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