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Campagnes de sensibilisation
En juin 2011, l’ACAT-France a mené une mission d’enquête sur le phénomène tortionnaire en Guinée, au cours de laquelle elle a recueilli les témoignages de près de 40 victimes de torture, visité plusieurs centres de détention et rencontré des représentants des autorités guinéennes et internationales. Cette enquête a donné lieu à la publication en novembre 2011 du
L'objectif de l'ACAT-France pour cette campagne est de faire progresser l’état de droit en Guinée, d’infléchir l’impunité entourant la torture et les traitements inhumains et dégradants et d’obtenir que le président Alpha Condé mette en place les mesures nécessaires.
« J’ai refusé de reconnaître les accusations portées contre moi. Il existe là-bas une salle de torture avec des objets sur une table en bois. Chaque jour, j’y étais torturé... Je recevais des coups de matraques et de chaussures rangers. J’ai été frappé au visage à coups de crosse de fusil. Trois de mes dents ont été partiellement cassées. Un gendarme les a ensuite arrachées avec une pince. » Guinée : témoignage d’une victime de torture suspectée de vol en 2011
Un usage courant de la torture et des mauvais traitements
En Guinée, la plupart des enquêtes de police et de gendarmerie ne sont pas menées selon des méthodes légales. Faute de moyens matériels leur permettant une expertise technique et scientifique, les agents responsables de l’application de la loi se cantonnent à rechercher l’aveu de la personne ou des personnes soupçonnées de délit, en partant du principe que la personne est présumée coupable et non présumée innocente. Dès lors, pour obtenir l’auto-incrimination des suspects, les policiers et les gendarmes usent de moyens comme les arrestations et les détentions arbitraires, les menaces, et les traitements cruels, inhumains ou dégradants. Les personnes qui s’acharnent à proclamer leur innocence font l’objet de violences supplémentaires. La torture est une pratique courante, principalement à l’encontre des personnes arrêtées pour des crimes graves : grand banditisme, vol à main armé, coupeur de route, assassinat.
« J’ai fait l’objet de violences, notamment de coups de matraque sur le visage. On m’a demandé de reconnaître plusieurs vols...
Les mauvais traitements et la torture sont également utilisés pour punir les membres ou les sympathisants de l’opposition politique lors des répressions de manifestations ou de rassemblements publics. En 2010-2011, les membres de la communauté peule considérée comme favorable à l’Union des forces démocratiques de Guinée (UFDG), principal parti d’opposition, ont été les principales victimes de violences politiques.
« Il y avait beaucoup de monde détenu au CMIS de Coloma, des hommes de tous âges, tous Peuls. Ils étaient, un à un, questionnés : "Pourquoi vous provoquez les Malinkés ?" et faisaient l’objet d’insultes : "Vous, les Peuls, vous ne prendrez jamais le pouvoir !" Ils recevaient ensuite entre 15 et 20 coups de matraque sur les fesses. »
Enfin, la torture est infligée aux militaires qui ont tenté ou qui sont soupçonnés d’avoir voulu tenter de renverser les autorités par la force. Depuis 2009, l’armée guinéenne a fait l’objet de cinq grandes périodes de purge, dont au moins trois ont occasionné des arrestations violentes de militaires et des actes de torture sur ces derniers.
Une impunité séculaire
Au cours des décennies passées, les régimes militaires successifs ont sacrifié la justice et le droit au détriment du bien-être des forces de défense et de sécurité. Celles-ci sont devenues les garantes de la pérennisation du pouvoir militaire et de sa protection contre tout mouvement de démocratisation. Les gouvernements ont fermé les yeux sur les agissements violents de ces forces et leur ont assuré une impunité constante au détriment des obligations internationales de la Guinée en termes de protection des droits de l’homme. Aujourd’hui, avec l’avènement d’un pouvoir civil, la Guinée annonce vouloir tourner la page. Pour asseoir durablement un État de droit, les autorités guinéennes ont promis de s’engager en faveur de la protection des droits de l’homme et de la lutte contre la torture. Le gouvernement d’Alpha Condé – élu en novembre 2010 – a dressé un état des lieux de la justice. Et le constat est accablant : une justice dépendante du pouvoir exécutif, une corruption endémique, un personnel non formé, des lieux de travail vétustes… Malgré la volonté affichée par les nouvelles autorités civiles de réformer la justice et le secteur de la défense et de la sécurité, aucune des personnes mises en cause pour des faits de torture ou des mauvais traitements passés ou récents n’a jusqu’à présent été sanctionnée ni poursuivie devant la justice. Beaucoup d’entre elles sont pourtant notoirement connues...
Pire, l’immense majorité des agents des forces de défense et de sécurité impliqués dans les exactions passées sont encore en poste et nombre d’entre eux ont même reçu des avancements de carrière ou des distinctions du nouveau pouvoir civil. AgirPÉTITION Guinée. Halte à la tortureAvant fin décembre 2012.
>> Signer la pétition en ligne Imprimer et faire signer la pétition
À l’attention du président de la République de Guinée
En novembre 2011, l'ACAT-France publiait avec des organisations guinéennes de défense des droits de l'homme (AVIPA, MDT, OGDH), une étude sur le phénomène tortionnaire en Guinée, " Torture : la force fait loi ".
Je vous prie de bien vouloir agréer, Monsieur le Président, l'expression de ma haute considération.
PROPOSITIONS D'ACTIVITÉS> Présentation de la campagne et prière pour la Guinée
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