Trois défenseurs des droits de l'Homme ont été arrêtés les 13, 16 et 17 janvier 2010 dans l'enclave angolaise du Cabinda, quelques jours après l'attaque meurtrière du Front de libération de l’enclave du Cabinda (FLEC) contre le bus de l'équipe de football du Togo, le 8 janvier 2010, en marge de la Coupe d'Afrique des nations (CAN-2010).
Il s’agit de :
• Belchior Lanso Tati, universitaire et membre de l’ex-organisation de défense des droits de l’Homme Mpalabanda (interdite d’activités en 2006), arrêté le 13 janvier, et soupçonné de crimes contre l’État ;
• Padre Raul Tati, ancien vicaire général du Cabinda, arrêté le 16 janvier en fin de journée, et accusé de crimes contre l’État à la suite de la publication en 2008 d’un livre sur le Cabinda ;
• Francisco Luemba, avocat et membre de l’ex-Mpalabanda, arrêté le 17 janvier à 5 heures du matin à son domicile.
Rien n’indique que ces personnes auraient un lien avec l’attaque de la sélection togolaise. Le gouvernement angolais semble vouloir utiliser cet événement pour justifier des mesures sévères à l'encontre des intellectuels et des défenseurs des droits de l'Homme les plus éminents au Cabinda, qui expriment des opinions critiques à l’encontre du gouvernement à propos de la gestion du Cabinda et de son conflit. Au Cabinda, dès que quelqu'un critique le gouvernement, il est étiqueté comme membre du FLEC.
Après avoir signé cette lettre, il vous suffit de la renvoyer à l'adresse indiquée
Vous souhaitez intervenir en faveur des trois défenseurs des droits de l’Homme arrêtés au Cabinda
• Écrivez au Président de la République d’Angola
[Par courrier : affranchir à 0,85 euros - Fax : 00.244.222.370.366 ou 00.244.222.693.274 ou 00.244.222.693.069]
• Adressez une copie de votre lettre à l’Ambassade d’Angola
[19 avenue Foch - 75116 Paris, Fax : 01.45.00.33.71]
S.E.M José Eduardo DOS SANTOS
Presidente da Republica
Cidade Alta
Largo do Palacio – Palacio Presidencial
Gabinete do Presidente da Republica
ANGOLA
Monsieur le Président,
Membre de l’ACAT-France, je tiens à vous exprimer ma très vive préoccupation quant aux arrestations arbitraires, les 13, 16 et 17 janvier 2010, de trois défenseurs des droits de l'Homme - Belchior Lanso Tati, Padre Raul Tati et Francisco Luemba - dans l'enclave angolaise de Cabinda, quelques jours après l'attaque meurtrière du Front de libération de l’enclave de Cabinda (FLEC) contre le bus de l'équipe de football du Togo, acte que je condamne également.
Ces défenseurs, qui expriment des opinions critiques à l’encontre du gouvernement angolais à propos de la gestion du conflit au Cabinda et qui ont défendu des personnes ayant été arbitrairement arrêtées, torturées et victimes de procès injustes, ne peuvent en aucun cas faire l’objet d’emprisonnement arbitraire.
Conformément aux traités internationaux et régionaux relatifs aux droits de l’Homme auxquels l’Angola est partie, notamment le Pacte international relatif aux droits civils et politiques, je vous demande de libérer immédiatement Messieurs Belchior Lanso Tati, Padre Raul Tati et Francisco Luemba, à moins qu’ils ne soient inculpés d’une infraction dûment reconnue par la loi.
Je vous demande en outre de garantir leur sécurité physique et psychologique et de veiller à ce qu’ils ne soient pas soumis à des actes de torture ni à d’autres mauvais traitements.
Je vous demande enfin de les autoriser à recevoir la visite de leurs proches, de leurs avocats, et à bénéficier de tous les soins médicaux dont ils pourraient avoir besoin.
Je vous prie d’agréer, Monsieur le Président, l’expression de ma haute considération.
Deux appels par semaine pour répondre à l'urgence de certaines situations.