Appel du mois

L’appel du mois est une lettre d’intervention qui concerne une situation générale, propre à un pays, une région, une communauté, une catégorie de personnes, un régime politique, etc. Sa vocation plus générale en fait un outil de sensibilisation très fort à tous les manquements aux droits de l’homme dans le monde entier. Les militants de l’ACAT-France le distribuent une fois par mois à la sortie des cultes mais aussi dans les aumôneries, ou tout autre lieu de passage. Cet appel du mois est tiré entre 50 000 et 100 000 exemplaires selon les mois.

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Congo (la Rép. dém. du)


Rendre justice aux enfants soldats
DATE LIMITE LE 7 déc. 2009

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Situation

RENDRE JUSTICE AUX ENFANTS SOLDATS
République démocratique du Congo (RDC)

Alors que l'on célèbre en 2009 les 20 ans de la Convention pour les droits de l'enfant, l'ACAT-France demande que Bosco Ntaganda, ex-chef de guerre congolais ayant recruté de nombreux enfants soldats, soit livré à la Cour pénale internationale (CPI) par les autorités congolaises.

De nombreux ex-chefs de guerre, qui ont recruté par le passé des enfants-soldats, ont été intégrés aux Forces armées de la RDC (FARDC) dans des fonctions de hauts gradés et bénéficient d'une impunité totale.

 

UTILISATION RÉGULIÈRE D’ENFANTS SOLDATS

Les enfants continuent d’être utilisés impunément comme soldats par différentes parties au conflit dans l’est de la République démocratique du Congo (RDC). Des enfants, au lieu d’être à l’école, combattent l’arme à la main et meurent dans l’indifférence générale sur des terrains de bataille pour adultes. D’autres continuent à survivre dans l’enfer des combats et commettent eux-mêmes des exactions à l’encontre des civils. 

IMPUNITÉ DES RESPONSABLES DE RECRUTEMENT D’ENFANTS SOLDATS

De nombreux ex-chefs de guerre, qui ont recruté par le passé des enfants-soldats, ont été intégrés aux Forces armées de la RDC (FARDC) dans des fonctions de hauts gradés et bénéficient d'une impunité totale ; c’est notamment le cas de Bosco Ntaganda, actuel général des FARDC. Cet ancien chef d'Etat major général adjoint des Forces patriotiques pour la libération du Congo (FPLC) - milice tribale basée dans l’Ituri (dans le nord-est du pays) - est recherché par la Cour Pénale Internationale (CPI) pour avoir enrôlé et utilisé des enfants soldats en 2002-2003. Il était à l'époque subordonné à Thomas Lubanga Dyilo, chef des FPLC, dont le procès devant la CPI est actuellement en cours. Il est accusé lui aussi d’avoir procédé à la conscription et à l’utilisation d’enfants soldats entre 2002 et 2003.
Au nom d’une soit disante paix et stabilité dans l’est de la RDC, les autorités congolaises ont, pour l’instant, mis de côté l'impératif de justice à l'égard de Bosco Ntaganda. Sa liberté est néanmoins fragile. La pression internationale sur le président congolais Joseph Kabila augmente en effet progressivement. La communauté internationale, qui a largement condamné le recrutement et l’utilisation d’enfants par les forces armées et les groupes armés en RDC, ne peut admettre que ces pratiques totalement prohibées par le droit international restent impunies. Après avoir collaboré avec la CPI pour exécuter ses mandats d’arrêts à l’égard des trois autres accusés congolais - Thomas Lubanga, Germain Katanga, Matthieu Ngudjolo Chui - la RDC devra donc respecter ses obligations internationales et livrer Bosco Ntaganda à la CPI.
L’impunité des responsables de recrutement d’enfants soldats reste un facteur majeur de la persistance de l’utilisation des enfants soldats en RDC.

> Zoom. BOSCO NTAGANDA

Au sein des Forces patriotiques pour la libération du Congo (FPLC), Bosco Ntaganda tenait un rôle central dans l’enrôlement des enfants et dans l’organisation des attaques de villages ennemis par des troupes constituées d’enfants soldats. C’est ce qui ressort de plusieurs témoignages d’anciens enfants soldats au cours du procès en cours devant la CPI de Thomas Lubanga, chef des FPLC. Plusieurs témoignages accusent également Bosco Ntaganda d’avoir exécuté de ses mains de jeunes recrues qui tentaient de s’échapper. Les enfants enlevés par les FPLC n’avaient pas d’autres choix que de se battre pour la milice. « Si quelqu’un refusait les ordres, il était tué » indique une ancienne fille soldat. Presque toutes les filles étaient violées par les commandants ou d’autres soldats. Aujourd’hui, ces ex-enfants soldats souffrent de traumatismes graves et durables.

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Après avoir signé cette lettre, il vous suffit de la renvoyer à l'adresse indiquée

 

À la fin de la lettre, retrouvez le fichier de la lettre d'action, ainsi que tous les documents de l'appel du mois (affiche, appel du mois complet, pétition). 

Monsieur le Président,

Alerté(e) par l’ACAT-France, je tiens à vous exprimer mes profondes préoccupations quant à la présence dans les Forces armées de la RDC (FARDC) de Bosco Ntaganda, recherché par la Cour Pénale Internationale (CPI) pour avoir enrôlé et utilisé des enfants soldats en Ituri, en 2002-2003, en tant que chef d’état major général adjoint des Forces patriotiques pour la libération du Congo (FPLC).

La situation des enfants associés aux forces et aux groupes armés en RDC reste fort préoccupante. Depuis le début de l’année 2009, la situation est particulièrement complexe dans les zones conflictuelles de l’est du pays, avec d’une part des libérations d’enfants et de l’autre la poursuite des recrutements, par les mêmes forces et groupes armés.

Je me permets de rappeler que l’utilisation des enfants soldats est un crime de guerre.

Alors que l’on célèbre cette année les 20 ans de la Convention pour les droits de l’enfant, la RDC, en arrêtant et en remettant Bosco Ntaganda à la CPI, apporterait une réponse interne significative à sa lutte contre l’enrôlement et l’utilisation d’enfants soldats et à sa politique de « tolérance zéro » à l’encontre des auteurs de violations des droits de l’Homme. La RDC réaffirmerait également sa coopération avec la CPI.

En conséquence, j’exhorte les autorités congolaises à arrêter Bosco Ntaganda et à le remettre à la CPI.

Dans cette attente, je vous prie d'agréer, Monsieur le Président, l'expression de ma très haute considération.

 

 

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